Contre EI, l’Irak réclame plus d’armes à la coalition internationale

Philip Hammond, Haider al-Abadi et John KerrL’Irak a réclamé jeudi davantage d’armes à la communauté internationale afin de combattre l’organisation Etat islamique, au cours d’une réunion à Londres de la coalition mise sur pied contre ce groupe islamiste armé.

« L’Irak a besoin d’armes et la communauté internationale a la capacité de fournir les armes dont elle a besoin », a déclaré le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi dans une conférence de presse aux côtés du secrétaire d’Etat américain John Kerry et de son homologue britannique Philip Hammond. Bagdad, dont le budget dépend à plus de 90% de l’or noir, a été durement touché par la brutale chute des cours du brut, qui ont chuté d’environ 60% depuis les débuts de l’attaque de l’EI mi-juin, explique le chef du gouvernement irakien.

« Daech est une organisation terroriste qui ne connait ni race, ni religion, ni région et qui n’épargne personne. Donc tout le monde doit combattre Daech. L’un des autres aspects que nous avons évoqués aujourd’hui c’est le problème budgétaire de l’Irak. Vous savez que le prix du pétrole a chuté d’environ 40% par rapport à l’année dernière. L’économie et le budget de l’Irak reposent à 85% sur le pétrole, c’est un désastre pour nous je ne peux pas le dire autrement. Nous l’avons expliqué à nos partenaires de la coalition. Et je pense qu’il y aura un programme pour aider l’Irak à traverser cette crise pétrolière. Nous ne voulons pas que nos victoires militaires soient compromises par nos problèmes budgétaires et fiscaux. Et nous avons reçu le soutien de tous les membres de cette coalition dans notre combat contre Daech ».

« Ce combat ne sera ni bref ni facile »

Les ministres américain et britannique ont assuré qu’ils répondraient aux besoins de Bagdad, mais sans annoncer de mesure concrète pour la lutte contre l’EI. « Nous avons très clairement entendu ce qu’il a dit », a déclaré Philip Hammond, assurant, comme John Kerry, que « cette campagne n’allait pas échouer par manque d’armes ou de munitions entre les mains des forces de sécurité irakiennes ».

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a lui fait le bilan de cinq mois de frappes : « Naturellement, un travail énorme est déjà en cours. Ces derniers mois nous avons vraiment vu la fin de la percée du groupe Etat islamique en Irak. Et à certains moments, il a même reculé. Il faut savoir que les troupes au sol, soutenues par presque 2000 frappes aériennes ont permis de reprendre 700 kilomètres carrés qui étaient tenus par l’organisation Etat islamique. Les efforts de la coalition pour entraîner et conseiller les forces irakiennes sont en cours et ils s’accélèrent. Avec pour objectif de préparer 12 nouvelles brigades irakiennes. Et au printemps nous allons commencer à entraîner les forces de l’opposition syrienne dans des camps en Arabie saoudite, au Qatar et en Turquie. Le fait est que ce combat ne sera ni bref ni facile, le président Obama et d’autres dirigeants l’ont dit, c’est ce que nous avons toujours affirmé ».

Pour son homologue français Laurent Fabius, « cette réunion marque une nouvelle étape dans la structuration de la coalition après cinq mois d’existence ». « Face à une telle menace, il importe d’avoir une stratégie globale, cohérente, et un pilotage politique », a-t-il fait valoir. Les membres de la coalition s’inquiètent notamment de la menace représentée par les étrangers partis rejoindre des groupes jihadistes, dont certains sont revenus en Europe, ainsi que des « cellules dormantes », à la lumière des récentes attaques à Paris.

Source : RFI

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