Convictions et controversions | Par Mohamed Hanefi

Mohamed HanefiOu s’arrêtent les « bédanes » et ou commencent les « harratines »? Voilà une question qui nécessite une réponse urgente et définitive.
Il parait que les événements se précipitent et bousculent toute réflexion et toute initiative. Mais passer au dessus de cette définition risque de réserver de biens pénibles surprises pour les uns et pour les autres.
Un homme est venu chez le prophète (psl), le front sillonné par la permanence de soucis, qui semblent lui avoir ôté totalement le sommeil. Il dit : « O envoyé d’Allah je souffre douloureusement du comportement de mon voisin, qui semble s’être assigné comme tache principale de me rendre la vie difficile.
L’envoyé lui répondit: « Va et essaye de supporter ses mauvais comportements. » L’homme s’en retourna chez lui et fit ce qu’il pu. Mais les exactions et les infractions du mauvais voisin n’en redoublèrent que d’avantage. Une autre fois l’homme se reporta au prophète et une autre fois ce dernier lui conseilla la patience et le pardon.
A la troisième plainte de l’homme, le messager lui dit: « Va! Prends tes bagages, ta femme et tes enfants et installe-toi dans la rue. Le malheureux s’exécuta. Cette famille insolite attira la curiosité et la sympathie des passants. Et à chaque fois que quelqu’un lui demandait la raison de son expulsion de chez lui, il répondait » Mon voisin me maltraite et me rend la vie difficile. » Et les files interminables de passants de prier les uns après les autres « Qu’Allah le maudisse. »
Le mauvais homme ne tarda pas à constater que les foudres du ciel commençaient à s’abattre sur sa tête, dans les moindres détails de sa famille et de ses affaires. Il comprit sa faute et alla s’excuser auprès de son voisin disant « retourne chez toi. Wallahi je ne te ferai plus aucun mal. » Le locataire de la rue à son tour pardonna pour l’amour de Dieu et ils vécurent voisins et frères.
Ni les maures n’ont été comme le premier, ni les harratins comme le deuxième. Du moins les harratins « virulents » et les maures « rutilants ».
Ces derniers accrochés comme des sangsues à une noblesse, qui frise le ridicule, et à des privilèges qui ne valent pas un cheveu de la patrie, jouent au chat et à la souris avec le destin d’un peuple qui regarde les événements venir en s’en remettant « A la décision de Dieu. »
Ils ne prennent ni la peine de savoir (et malgré qu’ils le répètent chaque moment de leur vie) qu’Allah ne change ce qu’il y-a dans une communauté, que si elle change ce qu’il y-a dans ses profondeurs. », ni le temps de s’arrêter un moment pour raisonner. Allah aime la raison.
Ils ont vaguement saisi les règles les paramètres et les lois d’un certain ordre établi, qui « vient » des ancêtres : Ils sont nobles. Ils ne prennent jamais la peine de se demander: Noble par rapport à qui depuis quand et en fonction de quoi?
S’il y-a sort pire que celui des harratins aujourd’hui, c’est bien celui du « maure ». Au début il fut manipulé par des forces « intellectuelles » et « militaires », qui le stratifièrent en classes en castes et en nobles et vassaux. Aujourd’hui, pris en otage par une élite politique et intellectuelle, qui occupe les devant de toutes scènes, à défaut de toute concurrence. Ainsi le maure affichera le visage virtuel patibulaire du raciste, de l’esclavagiste et de la bête à abattre.
Aicha la mère des croyants raconte: J’ai entendu l’envoyé d’Allah (psl), dire: « O mon Dieu que celui qui se charge de la responsabilité des affaires de cette communauté et qui les gère par les tourments et les peines, qu’Allah le torture et le supplicie.
Et que celui qui les traite avec longanimité et indulgence, qu’Allah le traite par la douceur de sa miséricorde. » Rapporté par Muslim.
Rien qu’a suivre certain groupes sur internet, on réalise aisément l’ampleur de ce cancer viscéral, qui consiste à se faire une noblesse, une priorité, une proximité des gouvernants une importance mesquine et honteuse sur le dos d’une population encore endormie et qui anesthésiée par les fautes et les dogmes du passé, ne peut sentir les dents acérées d’un présent qui la condamne et l’exécute sans essayer de la comprendre.
L’essentiel est que politiquement religieusement des élites prospèrent et font figure de représentants de quelque chose.
Les harratins ne sont pas plus chanceux. Ils se réveillent. Ce qui est une bonne chose. Ils ont aussi leurs élites.
L’Amérique, l’Europe, le monde libre et civilise. Les passants qui maudissent le mauvais voisin. Mais…jusqu’au? Derrière l’Irak? A coté de la Syrie?, aux environs de la Palestine? Au-delà de nulle part? Dieu Seul sait.
Qui s’affiche avec la réalité amère de frères qui cherchent avec une vigueur vicieuse à se faire le mal?
Le ramadan est proche. Tout le monde va s’affamer, s’assoiffer, se retrancher dans les limites de Dieu. Tout le monde vivra sa foi dans la plus profonde conviction, drapé dans cette foi colorée et artificielle. Mais tous ces fervents fidèles traverseront avec leurs controversions cette période sainte, pour continuer pour le reste de jours qu’Allah leur accordera à clamer à haute voix les dires du prophète « Aucun de vous ne sera pieux s’il ne souhaite pour son frère ce qu’il souhaite pour lui-même. », tout en affutant le couteau tranchant pour couper la gorge de son frère.
Allah a dit : « Et quand Nous voulons détruire une cité, Nous ordonnons à ses gens opulents (d’obéir à nos prescriptions.) Mais au contraire ils se livrent à la perversité. Alors la parole prononcée contre elle se réalise et Nous la détruisons entièrement. » 17-16.
Aucun maure n’est fautif de ce que le passé a institué avant qu’il n’en fasse sa cause personnelle et ou perpétue ce tort.
Pourquoi n’avons-nous pas des citoyennes mauresques qui défendent la cause de leurs frères harratins? Pourquoi une italienne, une française ou une belge doit-elle sentir nos peines plus que l’une de nos propres filles?
Pourquoi tous ces mouvements harratins ne descendent-ils jamais dans les Adwabas pour cultiver avec les oubliés de la Mauritanie? Ou simplement leur enseigner les règles d’hygiène?
N’est ce pas exploiter la cause et se démarquer de ces hommes-choses? Aucun harratin ou négro-mauritanien n’a le droit, ni l’intérêt à bruler la maison commune.
Mais aucun non plus n’a le droit de se taire, tant qu’il voit dans son pays une injustice susceptible de diviser les mauritaniens.
Si la circulation nécessite un code de la route pour éviter les accidents, nous avons aussi besoin de discuter ou initier un code de la nation pour éviter les conflits et les haines.
Si la trop grande vitesse sur la route est cause d’accidents. La trop lente lenteur de la vitesse n’est pas moins dangereuse. On ne peut entrer dans une autoroute à trente à l’heure sans générer des confusions et des chocs.
Ceux qui veulent tout changer doivent commencer par changer leur propre intérieur. Et ceux qui ne manquent jamais de nous rappeler les paroles de l’envoyé (psl), sur « facebook », doivent commencer par se les rappeler eux-mêmes. Nous sommes peuls, maures, harratins, wolofs et soninkés. Devant Allah nous sommes égaux et frères. Ceux qui veulent nous diviser pour nous jeter les uns contre les autres, doivent au préalables nous tracer les lignes indiquant ou commencent les uns et ou finissent les autres.
La vérité de la vérité est que nous ne voyons que des opportunistes qui une fois la bouche pleine deviennent aphones ou des arrogants instruits par leur maitre Iblis qui leur susurre « Tu l’as crée de boue et tu m’a crée de feu. ». Ils pensent comme pense l’âne « Si moi je m’abreuve que le puits s’effondre. »

Faites-en une règle: le bien et le mal ne sont pas comparables.

Le véridique n’est pas comparable au menteur. Ceux qui veulent contrôler par la peur et la suspicion ne peuvent être des bienfaisants. Ceux-là, qui en rependant la haine excitent les susceptibilités et les allergies, prétendent distribuer le secours la liberté et la miséricorde. Ils vous programment tout simplement pour faire de vous ce qu’ils veulent.
Quand on fait une faute, la plus belle des confessions est de demander pardon. Et quand on est sollicité pour pardonner, la plus noble des attitudes est de dire: « Tout est oublié ». L’univers change constamment. Ceux qui ne changent pas sont malhonnêtes et de mauvaise foi.
La vérité n’est pas toujours blessante, comme pensent certains. Le jour ou le mauritanien parlera au mauritanien, les yeux dans les yeux, les cœurs purifiés de toute haine et de toute rancune, il n’y aura plus de place pour les problèmes dans ce pays. Et rappelez-vous: « le bateau ne coule pas à cause des eaux qui le cernent, mais de l’eau qui s’infiltre dans son intérieur.

Mohamed Hanefi. Koweït.

Source : Mohamed Hanefi

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