Corruption au Sénégal: des efforts, mais peut mieux faire, selon l’Ofnac

corruptionAu Sénégal, l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) a présenté son premier rapport annuel. Cette toute jeune institution, créée en 2012 suite à l’élection de Macky Sall, a officiellement commencé à travailler en août 2014. L’objectif affiché est clair : dénicher les tricheurs sans forcément donner leurs noms et ensuite transmettre les dossiers à la justice.

Avec notre correspondant à Dakar,  Guillaume Thibault

« Le Sénégal a fait des efforts, mais des efforts restent encore à faire pour combattre ce fléau qui est présent partout », conclut la présidente de l’Ofnac, Nafi Ngom Keita.

176 pages, plus de 320 plaintes. C’est un pavé que vient de diffuser l’Ofnac. Une première au Sénégal. Santé, service des impôts, transports, marchés publics, tous les secteurs de la société sont malheureusement touchés par le fléau de la corruption.

Un exemple détaillé par la présidente de l’Ofnac : « Il y a une dame qui est préposée au niveau d’un service fiscal qui doit aider les personnes à créer leur entreprise. Il n’est pas acceptable qu’un agent de l’Etat puisse remettre en cause cette dynamique en demandant de l’argent. C’est une somme qui n’est pas importante, c’est 50 000 francs CFA [76 euros, ndlr], mais il n’y a jamais de petite corruption ».

Ce type de pratiques illégales, malgré tout l’arsenal juridique existant au Sénégal, impacte directement le développement : « L’argent public, les biens publics, c’est pour la nation. Et la corruption, ça tue l’économie ».

Petits billets du quotidien

Investigations discrètes, enquêtes de fond, l’Ofnac s’attaque aussi à la corruption de la rue, notamment les petits billets demandés aux chauffeurs par les agents des forces de l’ordre : « Nous recevons énormément de dénonciations sur ces questions et nous allons parcourir des axes pour surveiller, montrer qu’on est là ».

La lutte est loin, très loin d’être gagnée. L’Ofnac mise aussi sur la prévention notamment des jeunes pour éviter dans le futur la reproduction de comportements illégaux.

Site internet, mail, mais aussi un numéro gratuit, le 800 000 900, permettent aux Sénégalais de dénoncer la corruption qu’il voit au quotidien.

Source: Rfi

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