COULISSE : Feil Ould Lehah : Bienvenue à moi…

Feil Ould Lehah:

Feil Ould Lehah, le nouveau riche, devenu ex nihilo homme d’affaires qui brasse des milliards, vient d’acquérir, auprès de la SNIM, l’hôtel Marhaba. L’hôtel, parmi les plus anciens de Mauritanie, qui était cédé, en gérance à un groupe international, DECAPOLIS, a été repris par la SNIM, principal actionnaire. L’affaire de désengagement de DECAPOLIS demeure encore assombrie par quelques zones d’ombres. Mais, Ould Lehah, proche du président de la République saurait, peut-être, bien faire dissiper tous les nuages dans le ciel des affaires. Dans une vie antérieure relativement récente Feil était un transitaire ordinaire, un intermédiaire des douanes. Après la révolution azizienne, marquée par la lutte contre la gabegie et les passe-droits, fléaux qui ont mis à genoux l’économie mauritanienne, pendant les trois dernières décennies, Feil se dresse en déni de la crédibilité supposée du président de la République, dans le domaine d’assainissement du climat des affaires publiques et privées. Il est à la fois dans les banques, le transport, les assurances, le tourisme et dans bien d’autres secteurs de l’économie nationale.
Feil suit, pas à pas, ses prédécesseurs dans les affaires. Il les suit, un peu partout. Ici, en Mauritanie, en profitant de la proximité parentale avec le premier citoyen du pays. Il les suit même ailleurs. Dans leurs frasques et fantaisies dépensières. A Las-Palmas, en Espagne, où Feil Ould Lehah joue dans la cour des grands et des petits, aussi, au Casino, où il peut perdre en une soirée des centaines de milliers d’euros.
Marhaba est, ne l’oublions pas, le nom donné à cet hôtel, depuis sa naissance. Marhaba, en arabe, est également synonyme de ‘’bienvenue’’. Marhaba à Feil dans le domaine du tourisme et de l’hôtellerie ; on peut le dire, n’est-ce pas, aujourd’hui. Son Marhaba dans les affaires, on l’a déjà dit, depuis le coup d’Etat de 2008.

L’ENER : De l’entretien  des routes à l’entretien du doute…

L’Etablissement National pour l’Entretien Routier de Mauritanie ( E.N.E.R) semble avoir oublié sa mission principale, consistant à entretenir les routes mauritaniennes. Avec l’arrivée, au ministère tutelle, d’un ancien d’ATTM, l’ENER a inauguré un nouveau créneau. Il s’est vu attribuer, au titre de conventions signées avec le ministère de l’équipement et des transports, la petite somme d’aux alentours de 10 milliards d’ouguiyas. Pas, accroître l’opération d’entretenir des routes nationales de plus en plus désolantes, de plus en plus, chaotique et mortelles, mais pour la construction d’autres infrastructures. Ou pour, plutôt, lancer des appels d’offres, dans le cadre d’une commission spéciale des marchés, née à l’issue de la générosité de la tutelle, au moment où on s’évertue à vanter le nouveau code des marchés publics et l’émergence de nouvelles  commissions sectorielles spécialisées.
Pour un établissement qui n’a pas vocation de construction d’infrastructures routières, on bien imaginer le débordement et les dégâts collatéraux. Et, les débordements conduisent, semble-t-il, la commission très spéciale d’octroyer des marchés dans des conditions bien douteuses. Et, les débordements se traduisent également par des routes dont la construction traîne toujours. Le tronçon Kiffa-Tintane, la bretelle d’Awayfia, sur la route de Rosso, entre autres travaux inachevés, attestent le niveau du débordement signalé. Quant à l’adjudication des marchés elle pourrait bien se faire comme le souhaitent les membres de la commission, qui ne craignent aucune autorité ou contre expertise.
Mais, cela n’empêche pas Yahya Ould Hademine de faire une sortie médiatique, en louant les réalisations gigantesques de son département, en, pourquoi pas, en annonçant l’amorce d’autres chantiers qui allaient même être objet d’une inauguration officielle, en grande pompe et en tintamarre. Et, qui vont commencer même en pratique. Mais, commencer ne veut pas dire parachever. Avec lui, les projets connaissent souvent un démarrage solennel pour finir à quelques pas du commencement. L’accomplissement n’est pas une vertu chez le ministère de l’équipement et des transports.  Un commencement, uniquement, un commencement. Dans quelques mois, le ministre de l’équipement et des transports oubliera ses interminables commencements et en annoncera davantage. C’est toujours comme ça, chez ce ministre, révèle un responsable de la délégation européenne à Nouakchott, à Biladi.

L’affaire Ould Dadde : Des organisations de la société civile se mobilisent…

L’affaire de l’ex commissaire aux droits de l’homme et de l’action humanitaire, Mohamed Lemine Ould Dadde, revient sur scène médiatique. Plusieurs organisations des droits humains ont organisé, hier, onze heures, devant le ministère de la justice, un sit-in de protestation contre l’incarcération de cet ancien activiste des droits humains. Arrêté, il y a presque deux ans, suite à un rapport de l’inspection générale de l’Etat, Mohamed Lemine croupit toujours en prison. Le verdict qui a été annoncé, à son encontre, il y a deux mois, était, tout simplement, inique et fallacieux criaient le collectif d’avocats de défense. Un appel  devrait-être déposé par la défense, mais celle-ci reste tout de même prisonnière de la rédaction du verdict qui tardait encore. D’atermoiements à report sin die, l’affaire commence à dégager de forts relents d’acharnement doublé d’un règlement de comptes injustifiable et injustifié.
Le sit-in d’hier a vu la mobilisation, en plus des militants des droits de l’homme, comme l’ONG de Minetou Mint Moktar, Touche pas à ma nationalité et tant d’autres, des parlementaires. Les nouvelles autorités françaises de la gauche suivent avec intérêt l’évolution de cette affaire.
Aujourd’hui, le verdict étant, au moins prononcé, la grâce présidentielle devient loisible. Loisible et probable, peut-être, dans une occasion proche. On se souvient qu’à l’occasion de la fête d’Elfitr, pour une fois, il n’y a pas eu de grâce présidentielle en faveur des détenus. On a parlé d’une liste qui a été élaborée, mais qui manquait d’intérêt politique. On a même évoqué le nom de Mohamed Lemine figurant sur un projet de liste de graciés. Elle serait, dit-on, remise sur table et présenté au premier magistrat du pays, à l’occasion de la fête de Tabaski, dans quelques semaines. On verra bien, si la fête de sacrifice des moutons devait également l’être les personnes ? Et, si  Ould Dadde allait continuer à être sacrifié, aujourd’hui, pour le compte de ce qui se résume, tout simplement,  en une véritable fanfaronnade du pouvoir en place et qu’on se plait à appeler, en haut lieu,  la lutte contre la gabegie?

Les agriculteurs en colère…

Les représentants des agriculteurs mauritaniens ont été reçus, au cours de la semaine, par le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz. L’audience s’est déroulée en présence du ministre en charge du département de l’agriculture et du développement rural.

Les agriculteurs qui sont venus auprès du président étaient déjà en colère. Ils sont repartis, très en colère, selon une source présente à l’audience.

L’ordre du jour portait, entre autres, sur les difficultés éprouvées par les agriculteurs, en l’absence de ce qu’ils appellent non assistance de l’Etat à un secteur qui ne saurait, c’est connu mondialement, dit-on, décoller, sans les subventions publiques.
Parmi, les problèmes évoqués, figure, en tête, celui relatif aux engrais. Qui rappelle une autre source ont été l’objet d’un marché octroyé à un proche du président de la République et qui s’est permis de se livrer à des atermoiements et dérobades pour ne pas livrer à temps le produit. Un litige latent l’oppose, jusqu’à ce jour, au ministère, en dépit de concessions inacceptables et contre toute forme de rigueur faite par ce département.

On y a également évoqué le fameux crédit agricole. Certains, les plus petits, parmi les agriculteurs, souhaitent la création d’une mutuelle regroupant, au moins les petits agriculteurs, à défaut de les rassembler, tous.

En tout cas, le président n’a pas rassuré les agriculteurs, surtout les plus faibles de la corporation.
‘’ Sous Maaouya Ould Taya, le crédit agricole et le département du développement rural et de l’agriculteur fonctionnaient aux bonheurs de tous les clients du système. Aujourd’hui, c’est un outil entre les mains de trois hommes d’affaires, pas plus. Et, les trois sont des cousins germains de Mohamed Ould Abdel Aziz, rapporte un agriculteur à Biladi.’’

Source : Biladi


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