Cour pénale internationale : Les journalistes africains favorables à un jugement de Bush et Sarkozy

bush-sarko rimweb.netAprès avoir jugé et condamné l’ancien dictateur libérien Charles Taylor et en attendant le jugement de l’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo, le moment est venu pour la Cour pénale internationale (Cpi) de juger les anciens Présidents Nicolas Sarkozy de la France et George Bush junior des Etats Unies. C’est ce que l’Union internationale des journalistes africains (Uija) entend demander, dans un appel, qui sera lancé mercredi prochain en faveur du maintien des pays africains dans la juridiction internationale.

L’organisation souhaite ainsi marquer son soutien à la Cour pénale internationale, que de nombreux pays africains menacent de boycotter. Selon Lanciné Camara, président de cette organisation, il appartient aux journalistes et intellectuels africains de se mobiliser pour que Nicolas Sarkozy soit jugé pour la mort du guide libyen Mouammar Kadhafi et George Bush pour celle de Saddam Hussein, souligne M. Camara, joint au téléphone, à la veille de cette importante rencontre qui sera marquée par une conférence de presse à Dakar.
Au delà de la dimension juridique, le maintien de la Cpi est une question de développement, estime également M. Camara. «Si l’Afrique est aussi en retard sur le plan économique, c’est en partie à cause des dictateurs qui ont décimé les cerveaux du continent», analyse-t-il. Avant d’ajouter : «Les victimes ne doivent surtout pas être sacrifiées.»
Evoquant le cas du Président kenyan Uhuru Kenyatta, poursuivi par la Cpi pour des violences électorales dans son pays et le mandat d’arrêt international lancé contre le Président soudanais El Béchir, Lanciné Camara estime qu’il faut d’abord laisser la Cpi faire son travail : «S’ils sont innocents, ils seront libérés.» Toutefois, le fait que les Africains aient été jusque-là les principaux clients de la Cpi ne doit pas être perçu comme le signe que la Cpi est un instrument des Occidentaux.
Lanciné Camara en veut pour preuve que «les dictateurs de tous les pays du Monde sont susceptibles d’y être traduits». Y compris les extrémistes du Nord Mali ou encore ceux de l’Afghanistan, d’Israël ou de la Palestine. Les Africains ne sont donc pas les seuls à être sur les listes de la Cpi, assure le président de l’Uija, car «il y a aussi des Européens sur cette liste.» Tout sauf l’impunité semble dire M. Camara qui se réjouit que le Sénégal puisse faire juger le dictateur tchadien Hissein Habré par les Chambres africaines extraordinaires. «Si on ne peut pas juger nos dictateurs, que la Cpi s’en charge», plaide le journaliste pour qui, ces juridictions posent «une question de compétence, de sé­rieux et de moyens.»

LEQUOTIDIEN.SN

Mardi 19 Novembre 2013

Abdoul Aziz DIOP SENECAMPUS

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge