Crash dans le Sinaï: Obama évoque la possibilité d’une bombe

Crash dans le SinaïLe président américain Barack Obama «pense qu’il existe une possibilité qu’il y ait eu une bombe» à bord de l’avion russe qui s’est écrasé en Egypte. Il a reconnu cependant qu’il n’y avait à ce stade aucune certitude. Le Premier ministre britannique David Cameron a demandé au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi des mesures de sécurité supplémentaires et a décidé que les vols pourraient reprendre dès vendredi depuis Charm el-Cheikh, pour rapatrier les ressortissants britanniques restés sur place. David Cameron a appelé le président russe Vladimir Poutine pour lui exposer ses craintes, alors que les premières victimes du crash ont été enterrées.

Avant que David Cameron n’appelle Vladimir Poutine, avec lequel il est tombé d’accord sur le fait qu’ils faisaient face à une menace terroriste commune, et avant que le président américain n’évoque à son tour la possibilité d’une bombe dans l’avion qui s’est écrasé, le porte-parole du Kremlin avait qualifié de « spéculation » la thèse d’un attentat, commis avec une bombe placée à bord de l’Airbus 321 russe.

Pour Moscou, qui souligne qu’aucune annonce n’a été faite pour l’instant par les enquêteurs, il serait difficile de reconnaître la vraisemblance d’un tel scénario le jour même où les premières victimes du crash ont été enterrées.

Et même au-delà, accepter qu’il s’agisse bien d’un attentat serait, pour la Russie, reconnaître que l’organisation Etat islamique – qui a réclamé par deux fois être à l’origine du crash de l’avion – a suffisamment de moyens pour se venger de l’action militaire russe en Syrie. Une action militaire qui a visé, entre autres, l’organisation jihadiste.

Pour l’instant, même parmi les proches de victimes, on se refuse de faire le lien entre le crash de l’avion et l’intervention russe en Syrie, mais l’attitude de la population pourrait bien changer s’il s’avérait qu’un attentat a bien eu lieu.

L’Egypte craint une baisse des recettes du tourisme

Pour l’Egypte, qui insiste que les enquêteurs « n’avaient pas encore de preuve, ni de données confirmant l’hypothèse d’une bombe », l’enjeu est celui du tourisme, qui pourrait être pénalisé encore davantage. Depuis la révolte de 2011 qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir, le nombre de touristes qui ont visité l’Egypte a chuté, passant de près de 15 millions en 2010, à moins de 10 millions en 2014. Or, le tourisme pèse 12% du PIB de l’Egypte et 15% de ses recettes de devises.

Les preuves concernant l’existence d’une bombe dans la soute de l’Airbus A321 russe ne peuvent venir, éventuellement, que des deux boîtes noires, celle qui enregistre les paramètres de vol et celle qui enregistre les conversations dans le cockpit. La première a pu être analysée, mais on n’en sait pas davantage pour l’instant, alors que la deuxième est très abîmée et on ne sait pas encore si elle est exploitable. L’expertise, en tout cas, risque de prendre beaucoup de temps.

La sécurité à Charm el-Cheikh au centre de la visite d’al-Sissi à Londres

Les vols au départ de Charm el-Cheikh à destination du Royaume-Uni reprendront finalement ce vendredi 6 novembre après un accord avec l’Egypte sur un renforcement de la sécurité. Jusque-là, Londres avait décidé de susprendre ses vols après le crash, provoquant un certain malaise entre les deux pays.

En apparence, Londres et le Caire se comprennent parfaitement. Après leurs entretiens David Cameron et Abdel Fattah al-Sissi ont insisté sur la nécessité d’une entraide sécuritaire, rapporte notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

Le président égyptien s’est dit prêt à coopérer, mais sa frustration était tangible lorsqu’il a défendu le dispositif de sécurité en place à Charm el-Cheikh. « Il y a dix mois, nos amis britanniques nous ont demandé l’autorisation d’envoyer des équipes à Charm el-Cheikh pour s’assurer que toutes les mesures en place étaient suffisantes pour assurer la sécurité des passagers. Nous avons reçu ces experts et nous avons coopéré avec eux. Ils ont vérifié le dispositif et se sont dits satisfaits et nous sommes toujours prêts à coopérer », a-t-il fait savoir.

De son côté, David Cameron, visiblement dans l’embarras, n’a eu de cesse de justifier une décision humiliante pour son hôte. « Mon rôle est d’assurer la sécurité des citoyens britanniques. Evidemment, je ne suis pas encore certain que c’est une bombe qui a causé le crash de cet avion russe, mais si nos informations indiquent que c’est la thèse la plus probable, alors j’ai pris la bonne décision ».

Des protestations ont émaillé ce séjour controversé, mais pour Downing Street, si les Britanniques veulent continuer à voyager en Egypte, il est plus que jamais nécessaire de maintenir le dialogue avec le nouveau président égyptien.

Dans la soirée de jeudi, après « s’être entendu sur un lot de mesures de sécurité supplémentaires » avec les compagnies aériennes et le président égyptien, le gouvernement britannique a finalement décidé de reprendre dès vendredi 6 novembre les vols de Charm el-Cheikh vers le Royaume-Uni pour rapatrier les quelque 20 000 touristes nationaux présents dans la station balnéaire.

Source: RFI

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