Crash de l’A320: «Ouvre cette foutue porte», aurait hurlé le pilote

Le cockpit d'une simulation d'un airbus A320.Le quotidien allemand Bild livre, dans son édition de dimanche, plus de détails sur la teneur des échanges entre Andreas Lubitz et son commandant de bord conservés dans la boîte noire de l’airbus A320 de Germanwings. Par ailleurs, les recherche se poursuivent sur le lieu du crash : si la deuxième boîte noire reste introuvable, le procureur de Marseille a annoncé que l’ADN de 78 passagers sur 150 a pu être « isolé ».

Le procureur de la République de Marseille avait déjà livré en substance la teneur des échanges entre le commandant de bord de l’airbus A320 de Germanwings et son copilote Andreas Lubitz, accusé d’avoir précipité l’appareil sur un massif des Alpes françaises le mardi 24 mars 2015. Mais c’est le tabloïd allemand Bild qui en révèle ce dimanche le détail.

Selon le quotidien allemand, les 20 premières minutes donnent lieu à une discussion tout à fait banale entre les deux hommes. Le pilote Patrick S. confie notamment qu’il n’a pas eu le temps de passer aux toilettes avant le départ à Barcelone. A 10h27, l’homme demande à son collègue de préparer l’atterrissage à Düsseldorf. Réponse du copilote : « j’espère », « on verra ».

Puis le commandant quitte le cockpit. Peu après, l’avion entame sa chute. Un « claquement fort » se fait entendre écrit le Bild, suivi de cette supplique : « pour l’amour de Dieu, ouvre la porte ». Pas un mot d’Andreas Lubitz. Patrick S. semble tenter de forcer la porte avec un hache et hurle : « Ouvre cette foutue porte ! » Sur la bande, on perçoit les cris des passagers. Il est environ 10h40, ce sont les ultimes sons de l’enregistrement, dévoile le tabloïd.

« Tout le monde connaîtra mon nom »

Le profil d’Andreas Lubitz se précise et avec lui la piste de troubles psychiatriques. Après les arrêts maladie découverts vendredi au domicile du jeune homme, le journal allemand Welt am Sonntag affirme que les enquêteurs ont mis la main sur « de très nombreux médicaments » destinés à soigner les cas de « maladie psychiques ». « Gravement dépressif », Lubitz aurait souffert d’un stress important et avait été pris en charge par « plusieurs neurologues et psychiatres ». Un traitement qu’il s’efforçait de dissimuler à son employeur pour ne pas remettre en cause sa carrière.

Samedi, c’est encore le Bild qui publiait les confidences d’une hôtesse de l’air présentée comme l’ex-petite amie du copilote. La jeune femme rapporte cette phrase qu’aurait prononcée Andreas Lubitz : « Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s’en souviendra ». Selon elle, l’homme est passé à l’acte car « il a compris qu’à cause de ses problèmes de santé, son grand rêve d’un emploi à la Lufthansa, comme commandant de bord et pilote de long courrier était pratiquement impossible ».

Parmi ces soucis de santé, il y aurait également, selon le New York Times et le Bild, de graves problèmes de vue. Un décollement de la rétine susceptible, s’il n’est pas traité suffisamment tôt, de l’empêcher de continuer à piloter. Pour le général de gendarmerie Jean-Pierre Michel qui participe à l’enquête, la personnalité d’Andreas Lubitz est « une piste sérieuse » et l’acte délibéré le scénario privilégié par les enquêteurs.

Sur le lieu du crash, l’enquête se poursuit

Les enquêteurs en sont à leur sixième jour de recherches. Ils ont « isolé 78 ADN distincts » sur 150 passagers qui devront être comparés à ceux des familles des victimes pour identification, a précisé ce dimanche le procureur de Marseille.

En revanche, la seconde boîte noire n’a toujours pas été retrouvée. Cette seconde boîte noire, la FDR (Flight Data Recorder), enregistre toutes les données du vol : vitesse, altitude ou encore trajectoire. Elle devrait éclaircir un peu plus les conditions du crash. Mais les recherches sont difficiles sur des pentes comprises entre 40 et 60 degrés, et sur une zone de près de deux hectares où sont disséminés les débris d’un avion qui a été pulvérisé.

Le procureur a donc également précisé qu’un chemin d’accès était en voie d’aménagement vers le lieu du crash. En tout, une cinquantaine de personnes travaillent quotidiennement sur le site.

Source: RFI

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