Crise au Nord : LES DROITS DES PERSONNES VULNERABLES PREOCCUPENT

Une grande attention doit être accordée à la protection des droits des personnes vulnérables en temps de crise. Pour le cas de notre pays, le  besoin de réunir les acteurs autour d’objectifs communs afin de rationaliser les efforts entrepris par les pouvoirs publics, les organisations en

faveur des personnes et groupes vulnérables affectés par la crise sécuritaire et  humanitaire, se fait sentir. C’est dans cette optique que le ministère de la Justice a, en partenariat avec le Système des Nations unies et le Programme conjoint des Nations unies d’appui à la promotion des droits de l’homme (PDH), organisé jeudi et vendredi un atelier de concertations des acteurs intervenant dans le domaine humanitaire pour une meilleure protection des droits de l’homme.

La session visait à définir les moyens d’atténuer la souffrance humaine en procurant des moyens de subsistance aux populations durement affectées par la crise afin que celles-ci puissent vivre dans la dignité. Selon les estimations du Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA) datant du 16 janvier, le nombre de personnes déplacées par la crise au nord se chiffrait à 228 920 personnes.

Depuis la reprise des hostilités le 10 janvier dernier, certains pays voisins ont accueilli de nouveaux refugiés (1440 selon les décomptes). Au total, le nombre de nos refugiés est estimé à 144 446 personnes. La majorité de ces personnes qui sont des femmes et des enfants, a trouvé refuge au Niger, en Mauritanie et au Burkina Faso.

Le conflit du nord et le déplacement des populations ont aggravé la crise alimentaire dans le pays et dans certains Etats voisins. Cette crise affecte dans l’ensemble près de 18,7 millions de personnes à travers toute la région du Sahel.

Le secrétaire général du ministère de la Justice, Djibril Kane, a salué les efforts remarquables du Système des Nations unies et de nombreuses institutions internationales dans notre pays. Il a rappelé que dans la feuille de route de la Transition, le gouvernement s’est engagé à poursuivre la sensibilisation pour inciter les populations déplacées ou refugiées à retourner chez elles. Il organisera et mettra en place de la logistique nécessaire à ce retour dès que les conditions de sécurité le permettront. En outre, la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA) en phase de déploiement sous conduite africaine est, selon lui, appelée à prendre toute mesure utile dans le respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme pour aider les autorités maliennes, à leur demande, à créer de bonnes conditions de sécurité pour l’acheminement correct et le rapatriement librement consenti des déplacés et des refugiés.

Selon le coordinateur résident du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’homme au Mali, Omer K. Kalameu, l’institutionnalisation des instruments d’un cadre de concertation sur le droit humanitaire est sans doute un bon point de départ pour fédérer les synergies afin de mieux protéger les droits des personnes déplacées et réfugiées ou autres victimes de conflits armés. « Actuellement ceux-ci n’ont pas accès aux services sociaux de base et éprouvent un fort besoin de nourriture, d’eau et de santé. Ils sont confrontés à la difficile mise en œuvre des droits économiques sociaux et culturels qui leur sont reconnus par les instruments juridiques internationaux », a-t-il souligné.

Aminata Dindi SISSOKO

Source : L’Essor

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