Crise égyptienne : Froidement, quelle horreur !

Cheikh Abdel Kader DiawaraA l’heure où elle devait faire son « mea culpa » et s’excuser auprès du peuple pour les milliers de victimes qu’elle a froidement assassinées, l’armée égyptienne, sous la direction de son Général Abdel Vettah El-Sissy, continue à tuer sans discernement ceux qu’elle aurait du protéger et ce, au vu et au su d’une communauté internationale complaisante.

Et pourtant la junte aurait pu saisir l’occasion de la célébration du 6 octobre 1973 qui lui permit de « redorer son honneur » après sa cuisante défaite lors de la « Guerre des Six jours » face à l’armée israélienne pour demander le pardon et se racheter, tant soit peu, auprès de son peuple.

Mais non, ses chefs avaient le cœur ailleurs, obnubilés qu’ils sont par un pouvoir honteusement arraché dans « l’horreur et dans le sang » avec la bénédiction de laudateurs peu préoccupés par la cohésion nationale et les principes démocratiques pourvu qu’ils soient logés à quelque enseigne.

Le cas égyptien doit amener la communauté internationale à redéfinir la notion de « terrorisme » pour y inclure le « terrorisme d’Etat » quand une armée et ses chefs retournent leurs armes contre de paisibles populations qui n’ont de tort que celui d’avoir cru en la « démocratie » que l’Occident loue et prescrit à toutes les soupes. Cette démocratie qui prône, entre autres, leur droit de manifester paisiblement leur approbation ou désapprobation de la manière dont ils sont gouvernés, droit qui leur a valu plus d’un milliers de victimes et des milliers de blessés et le décompte continue.

Abdel Vettah El-Sissy se voile la face, mais il ne tardera plus à constater de son propre chef qu’il mène son pays au désastre car la révolte ne faiblit pas et prend des formes et des proportions de plus en plus inquiétantes, hypothéquant ainsi la manne touristique dont vivent près du tiers (1/3) des égyptiens.

L’alerte semble être donnée à s’en tenir au nombre de voitures piégées qui se multiplient, aux embuscades et aux manifestations auxquelles s’ajoute une mobilisation sans précédent des établissements secondaires et universitaires, d’habitude assez rompus au jeu des revendications et de la confrontation.

Décidément, les « frères musulmans » sont en passe de gagner la bataille d’autant plus que certains pays qui se sont rangés du côté de la junte commencent à privilégier la réconciliation d’autant plus que la présumée popularité du Général se rétrécit comme « peau de chagrin » et que ses agissements entravent toute forme de stabilité aussi bien en Egypte que dans toute la sous-région.

Mais la vérité c’est qu’on ne saurait longtemps parler des douloureux évènements d’Egypte sans s’interroger sur le rôle qu’a pu jouer la « Ligue arabe » pour dénouer la crise. En apparence, aucun. Plutôt s’est-elle rangée du côté de la junte.

Cheikh Abdel Kader Diawara

Source : Alakhbar

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