Crise entre les travailleurs et la Société de forage et de travaux publics (SFTP) de la mine de Kéniéba

imagesRien ne va plus entre les travailleurs de la Société de forage et de travaux publics (SFTP) qui s’occupe du transport de minerais dans la mine d’or de Kéniéba. Cela à cause de la mise en place le 17 décembre 2014 d’un comité syndical pour défendre les droits des travailleurs. La Direction générale de la SFTP s’oppose à toutes activités syndicales et a assigné les leaders de ce mouvement devant les tribunaux de Keniéba, Kita et Kayes avant de suspendre leurs contrats.

La Société de forage et de travaux publics (SFTP) emploie une centaine de personnes dans la mine de Kounkoto à Kéniéba et dans d’autres mines à travers le Mali. Depuis le mois de décembre, cette société est en froid avec les membres du Comité syndical de Kounkoto. Tout est parti de la mise en place le 17 décembre d’un bureau syndical.

En effet, selon le trésorier général dudit bureau, Sidi Bourama Traoré et le secrétaire général adjoint, Moussa Niang, suite aux différents cas de licenciement abusif, les travailleurs ont adressé courant décembre 2014 une correspondance au manager de la société pour exprimer leur intention de mettre en place  un comité syndical  le 5 janvier.

Si la direction n’a pas manifesté son opposition à la décision, depuis lors, rapportent nos interlocuteurs, elle a engagé une chasse aux sorcières. Ainsi, affirment-ils, le même jour où elle a reçu la correspondance, la direction a transmis nuitamment des décisions de mutation à Tabakoto et Yatela aux trois agents qui ont apporté la lettre. Face à cette attitude qui vise à casser leur démarche, les travailleurs ont alors avancé la date de mise en place du bureau qui sera finalement constitué le 17 décembre (et non le 5 janvier comme initialement prévu) sous la supervision du délégué de SECNAMI.

La crise s’est aggravée depuis que le comité syndical a porté ses doléances à la connaissance de la direction. Aux dires de Moussa Niang, le coordinateur des sites de la société Abdoul Razak Ibrahim Maïga, a alors juré d’en finir avec le syndicat par tous les moyens. En plus des mutations arbitraires,  plainte sera portée contre le syndicat au tribunal de Kéniéba pour non respect de la loi. Celui-ci se déclarera incompétent pour trancher.

La direction assignera ensuite les syndicalistes  au tribunal de Kita qui a rendu son verdict le 2 mars en affirmant que les travailleurs ont violé la loi en mettant en place leur bureau avant la date indiquée et à l’heure de travail. Le tribunal leur a ordonné  d’arrêter toute activité syndicale sous astreinte d’une amende de 200 000 FCFA par jour. Ainsi, depuis le 9 mars, la direction a suspendu les contrats de dix des douze membres du bureau syndical, les deux autres étant en congé. Les agents syndicalistes mutés qui ont refusé de rejoindre leur poste d’affectation ont été assignés devant l’inspection de travail de Kayes.

Selon le secrétaire général adjoint, le fait de mettre en place le bureau plutôt que prévu ne constitue nullement une violation de la loi. C’est la direction qui les a poussés à cette situation. Aussi, concernant le moment de mise en place du bureau, il dira que même si c’était pendant l’heure de travail, elle n’a nullement affecté le travail, car ce sont les deux équipes de relèvent ont mis en place le bureau  avant l’heure de monter en fonction.

Les travailleurs qui sont extrêmement déçus par le verdict du tribunal de Kita interpellent les plus hautes autorités  pour faire respecter la loi à ces sociétés minières qui, fortes des moyens financiers qu’elles détiennent, se comportent en terrain conquis en foulant au pied les lois du pays.

Youssouf CAMARA

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