Crise malienne : La Mauritanie sur le qui-vive


Finalement, la guerre au Mali a bien eu lieu ; la « deuxième guerre », il va s’en dire puisque la première est celle là même qui a conduit à la situation actuelle :

Un Mali divisé entre le sud où un gouvernement de transition tente de « survivre » et un nord contrôlé par plusieurs groupes islamistes armés (AQMI, MUJAO, Ançar Edine) et un mouvement séparatiste (MNLA), premier à avoir déclenché les hostilités contre l’autorité centrale, finalement mis hors-jeu par ses alliés salafistes.

Une première guerre qui n’a duré que quelques semaines pour livrer son verdict : un Mali dont les 2/3 sont contrôlés par des

groupes islamistes armés, unis par leur haine de l’Occident mais rivaux dans leurs ambitions de vouloir établir un pouvoir hégémonique et une armée malienne en débandade. Une armée malienne qui a ruminé sa défaite en s’en prenant à un pouvoir civil dont le chef, ATT, devait d’ailleurs quitter, au terme de son second mandat, dans moins de deux mois !

Cette situation d’un Mali divisé entre le nord et le sud pouvait durer longtemps, devenir une réalité comme ce qui est arrivé au Soudan, si la communauté internationale n’avait pas décidé qu’il n’en sera pas ainsi. Et tout le monde pense qu’elle a raison. C’est une évidence que l’intégrité territoriale du Mali est à préserver et que l’émergence d’un Etat « islamiste » – certains disent « terroriste » – constitue une menace pour la sécurité et la stabilité de la sous-région et pour les pays occidentaux qui ont toujours été la cible d’attentats terroriste depuis l’émergence de cette entité nommée Al Qaeda.

Dans le premier carré, la position de la Mauritanie est des plus délicates. Nouakchott a un antécédent dans la guerre contre ces groupes armés. Elle n’a pas attendu une résolution de l’Onu ou de l’UA pour mener ce qu’elle a considéré, en 2010-2011, comme une « guerre préventive » contre des salafistes qui l’ont attaqué à Lemghaity, Ghallawiya et Tourine. Son expérience contre ces bandes armées, mélange de terrorisme, de trafics de tous genres et de salafisme déconnecté des réalités du monde, pouvait bien servir pour ne pas en arriver à la guerre totale que la France vient de déclencher. Mener des actions ponctuelles et ciblées est probablement plus efficace que d’enclencher une guerre classique contre des groupes islamistes auto-formés pour des actions de guérilla urbaine et de combats dans les dures conditions du Sahara. C’est pourquoi la position de Nouakchott face à ce nouveau conflit se comprend : pas d’intervention directe (on a déjà accompli notre boulot, semble dire le président Aziz) mais on veille au grain. On surveille nos frontières pour que les dommages de cette guerre n’arrivent pas jusqu’’à nous. Déjà, la présence sur le territoire mauritanien de dizaines de milliers de réfugiés maliens est un lourd fardeau, qui le sera encore plus is la guerre s’installe dans la durée et si les populations maliennes du nord se voient obligées de prendre le chemin de l’exode.

 

Elhourriya

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge