Crise sociale entre la SNIM et ses travailleurs : La CGTM dénonce des sanctions illégales

Crise socialeLauthentic : Le bras-de-fer se poursuit depuis plusieurs jours entre la Société industrielle et minière (SNIM) et les travailleurs. L’escalade a atteint un point de non retour, avec les sanctions jugées abusives que la direction de la société vient de prendre contre trois délégués. Une mesure vivement dénoncée par la CGTM auquel sont affiliés les trois agents.

Alors que les travailleurs de la SNIM préparaient hier, mercredi 28 janvier 2015, un débrayage de quatre heures de temps, entre 10 h et 14 heures, la société anticipant les évènements aurait procédé à la mise à pied de trois délégués. Il s’agit d’Ahmed Ould Abeïdly, Yahya Guèye et Mohamed Ould Mohamed Salem, tous les trois affiliés à la Confédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM).

La centrale syndicale, membre actif du Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU) bloc radicalement opposé au pouvoir, a vivement réagi à cette mesure, soulignant dans un communiqué publié à l’occasion, que « ces sanctions ont été infligées pour des motifs fallacieux, totalement contraires aux dispositions législatives et conventionnelles relatives au pouvoir disciplinaire dévolu par les textes au chef d’entreprise ». Elle servirait surtout à empêcher la communication entre les délégués et les travailleurs lors du déblayage envisagé, poursuit le communiqué.

La CGTM tout en condamnant une telle mesure, a réitéré sa solidarité et son soutien aux travailleurs de la SNIM. Il trouve parfaitement légal le débrayage programmé que la centrale trouve conforme à l’article 357 du Code du travail, et met en garde la SNIM contre les « violations répétitives des droits et libertés syndicaux ». La CGTM a enfin invité les partis à entamer des négociations sans délai, afin de parvenir à une solution consensuelle aboutissant à la satisfaction des revendications des travailleurs et le maintien de la paix sociale au sein de l’entreprise.

Il faut dire que les tensions entre la SNIM et ses travailleurs sont devenues monnaie courantes depuis quelques années, les grèves et les débrayages se succédant dans une folle frénésie. L’année 2014 avait pourtant vu les négociations aboutir après quatorze heures de débats non stop à un accord consensuel, signé par les deux parties en présence des autorités administratives. Cet accord stipulait l’augmentation des salaires. La SNIM s’était engagée à l’époque à fixer un plafonnement lors de la prochaine réunion de son conseil d’administration, laquelle devait avoir lieu en septembre de la même année, avec promesses de procéder à l’exécution de cet engagement le mois suivant. D’ailleurs, les négociations entre la société et les travailleurs avaient achoppé sur ce point, les délégués ayant exigé de savoir exactement la nature de ce plafonnement des augmentations, tout en exigeant le rappel des salaires à partir du mois de janvier.

Pour les agents de la SNIM, les grèves répétitives et les débrayages sont toujours dus à des promesses non tenues et à des engagements non respectés de la part de la société, ce qui explique cette tension pérenne au sein de l’entreprise, notamment depuis l’arrivée de Ould Oudaa à sa tête.

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