Dans son premier discours, le roi saoudien Salman veut rassurer

Arabie saouditeSalman ben Abdelaziz al-Saoud, demi-frère d’Abdallah et fils du fondateur du royaume, est désormais roi d’Arabie saoudite et gardien des deux lieux saints de l’islam. Vendredi 23 janvier, après l’annonce de la mort d’Abdallah, il a immédiatement convoqué le Conseil d’allégeance et désigné un autre frère, Moqren, comme son héritier. Puis il s’est exprimé à la télévision nationale pour assurer le monde de la continuité de l’Etat saoudien et de sa politique.

Dans son premier discours de roi, Salman d’Arabie Saoudite, 79 ans, a assuré qu’il n’y aurait pas de changement dans la politique du pays. « Nous resterons, avec la force de Dieu, sur le droit chemin que cet Etat a suivi depuis sa création par le roi Abdel Aziz Ben Saoud et par ses fils après lui », a-t-il dit. « Dieu a voulu que je porte cette grande responsabilité », « je prie Dieu pour qu’il m’accorde ce soutien », a-t-il ajouté.

Cette annonce vise à rassurer le monde. L’Arabie saoudite est la première puissance pétrolière. Sa production d’or noir protège l’influence de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). L’Arabie saoudite est aussi un acteur-clé des relations proche et moyen-orientales, particulièrement tumultueuses ces dernières années. Riyad est un allié pragmatique des Etats-Unis et de l’Occident sur le plan diplomatique.

Ce pays, dont le régime est d’orientation islamique, est enfin le berceau de l’islam, dont il abrite les deux lieux saints. En ces temps complexes pour le monde arabo-musulman, où ni les chiites, ni les sunnites ne sont épargnés par les crises – et parfois même s’affrontent -, le nouveau roi a appelé à l’unité parmi les musulmans divisés par les guerres, alors que l’Iran, le grand rival chiite de Riyad, a annoncé que son chef de diplomatie participerait aux funérailles du souverain.

Nominations en série à la tête de l’Etat

Salman va donc jouer la continuité. Il n’a pas vraiment le choix, analyse d’ailleurs notre correspondante à Riyad Clarence Rodriguez en direct sur notre antenne. Il devra poursuivre la politique de réformes mise en place dans le pays ces dernières années par Abdallah, même s’il ne faut pas s’attendre à un assouplissement des règles chariatiques qui régissent la politique du royaume.

Quant aux enjeux internationaux, qu’il connait parfaitement en sa qualité de ministre de la Défense, ils sont trop importants. Il ne s’agira pas de tout détricoter, tout remettre en cause, car l’Arabie saoudite est attendue au tournant. Elle va devoir présenter des garanties de stabilité vis-à-vis de la communauté internationale, et alors que les combattants du groupe Etat islamique cherchent par tous les moyens à déstabiliser la monarchie sunnite.

Le nouveau roi sera entouré d’autres piliers du régime. Le prince Moqren, frère d’Abdallah et ancien patron des services de renseignement, devient prince héritier à 69 ans et attirera une bonne partie de l’attention sur lui. L’un des fils de Salman, Mohammed bin Salman, devient ministre de la Défense et chef du cabinet royal. Mohammed bin Naif, actuel ministre de l’Intérieur, est désigné futur prince héritier.

La famille royale au complet pour enterrer Abdallah à Ryiad

Ce vendredi, les funérailles du roi Abdallah ont eu lieu dans l’après-midi à Riyad, rapidement comme le recommande la tradition musulmane. Les images ont été retransmises en direct par la télévision d’Etat. La dépouille du roi, recouverte d’une étoffe jaune, a été transportée sur un brancard dans la mosquée Imam Turki, puis déposée à même le sol avant qu’un dignitaire religieux n’ouvre une brève prière par le traditionnel « Allah Akbar », en présence de la famille au complet. La dépouille devait ensuite être portée en terre dans le cimetière el-Od, attenant à la mosquée.

Source : RFI


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