Dar EL Barka: Kawtaal exige des Etats généraux du foncier

Dar El BarkaLe contentieux foncier reste entier à Dar El Barka. Face aux refus des paysans d’abandonner leurs terres, les autorités locales jouent à l’intimidation.

La mobilisation des paysans ne faiblit pas devant la poursuite de la politique d’accaparement des terres initiée par l’Etat mauritanien. Les communautés appellent à la mobilisation de tous, gouvernement, ambassades, organisations de défense des droits humains, Organisations  de la Société Civile (OSC), pour « soutenir un combat commandé par le refus de la confiscation de terres appartenant à des communautés pauvres  dont la survie en dépend , car ces terres  servent à l’agriculture sous différentes formes et au pâturage du bétail. »

Pour avoir refusé de signer la cession de leurs terres agricoles dans la cuvette de Karawlatt- Woullou N’Diaye octroyées par l’État au terme d’un bail à la société saoudienne Errajihi, quatre propriétaires terriens traditionnels ont été déposés jeudi matin dans la prison d’Aleg par les autorités judiciaires.

 Les quatre personnes, Oumar Dia, Abdoulaye Aliou, Aliou Dia et Thièrno Amadou avaient été interpellées mercredi par des gendarmes lourdement armés dirigés par le Hakem du département au moment où elles entreprenaient la mise en valeur de leurs terres récemment arrosées. Conduits dans les locaux du collège de Dar El Barka qui sert de QG pour les autorités, on leur intima l’ordre de signer la cession de leurs terres en contrepartie de leur libération.

Pour rappel, quatre paysans avaient été arrêtés dans les mêmes circonstances le 24 octobre 2015 dans la cuvette de Karawlatt- Woullou N’Diaye. Il s’agit de Cheîkh Tahar Dia (membre de la commission contre l’accaparement des terres de Darel Barka), Amadou Mamadou Guèye, chef du site des rapatriés de Bour, Mahmoud Alassane Dia et Djiby Hamat Sow qui dorment depuis le 24 octobre 2015 à la prison d’Aleg.

Lors de leur première comparution le jeudi 29 octobre devant le juge, ce dernier leur a demandé de s’engager à abandonner la terre contre leur remise en liberté. Condition qu’ils ont purement et simplement rejetée.

Réagissant à cette affaire, Kawtal N’gam Nyellitaaré, co-organisateur avec IRA Mauritanie, de la Caravane contre l’esclavage foncier et les expropriations des terres du Sud  qui vaut à Biram et Brahim leur condamnation à deux ans de prison ferme, « condamne avec la dernière énergie cette politique de colonisation qui ne dit pas son nom ».

Kawtal N’gam Nyellitaaré exige des « autorités l’arrêt de toutes ces actions d’intimidation des populations qui n’auront d’autres résultats que la haine entre les composantes de ce pays, la division et la frustration, et qui ne sèmeront que les germes de la violence cultivée et entretenue par la politique de colonisation systématique des administrateurs locaux en place ». L’ONG demande à l’Etat l’organisation des Etats généraux du foncier et de l’agriculture pour une politique plus sereine, plus concertée, et respectueuse des droits des paysans.

Source: Le calame

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