Débarquement de Provence (1944): la France honore les indigènes qui l’ont libérée

 AZIZ HOLLANDE

Une quinzaine de chefs d’Etat et de gouvernement, dont le président mauritanien et d’ailleurs président de l’UA,Mohamed Ould Adel Aziz, ont participé hier à la commémoration du 70e anniversaire du débarquement de Provence dans la rade de Toulon, dans le sud de la France.

Soixante-dix ans (1944-2014) ont passé depuis le débarquement des Alliés (Anglais et Américains) dans le sud de la France pour la libérer du joug nazi. Cependant, cette libération n’était pas le seul fait des soldats alliés et français, mais aussi et surtout l’œuvre de combattants maghrébins, algériens surtout et subsahariens.

L’armée «B», ce sont près de 250 000 soldats, placés sous les ordres du général de Lattre de Tassigny, dont la moitié était des Africains, en majorité Maghrébins, qui ont fait face, avec des moyens de fortune et parfois pieds nus, au feu de l’occupant nazi. C’est grâce au courage de ces hommes, qui ont abandonné familles et enfants, que la Provence puis l’Alsace ont pu être libérées. Plus de 1000 d’entre eux y ont perdu la vie.

«Ils ont noué entre la France et l’Afrique un lien de sang»

C’est précisément à ces hommes que le président François Hollande a tenu à rendre hommage, hier, lors d’une cérémonie de commémoration au Mont Faron, sur les hauteurs de Toulon. Dans son discours, le président français a évoqué «l’héritage de ces soldats et de ces libérateurs» qui ont permis à la France de prendre son destin en main. «L’armée d’Afrique a été décisive. Beaucoup étaient Algériens, Marocains, Tunisiens. On les appelait encore les indigènes.

Il y avait aussi à leurs côtés les tirailleurs sénégalais, les goumiers, les tabors, les spahis, les zouaves», a déclaré M. Hollande devant une assistance composée d’anciens combattants de plusieurs nationalités. «Tout cela formait les contingents de ‘l’armée B’ du général de Lattre de Tassigny. La moitié de ces 200 000 hommes était d’origine africaine.

Par leur sacrifice, ces hommes ont noué entre la France et l’Afrique un lien de sang que rien ne saurait dénouer.» Reconnaissant que cet épisode de la guerre était mal connu en France, contrairement au débarquement de Normandie, M. Hollande a annoncé que le nouveau mémorial du Mont Faron, érigé par De Gaulle en 1964, changera de nom et deviendra le mémorial du débarquement et de la libération en Provence. Le but étant qu’il intègre «toutes les évolutions de la connaissance historique, tous les faits majeurs qui se sont passés ici, il y a 70 ans, ainsi que la formidable composition humaine qui a fait la force de l’armée de libération de la France».

Le nouvel édifice devrait également mettre à l’honneur «tous les combattants afin de célébrer dans un même hommage et lieu toutes les mémoires, qu’elles soient celles des Français libres, des soldats venus d’Afrique ou des résistants et des alliés». En fin d’après-midi, le président français a accueilli ses invités à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle où il a, une nouvelle fois rendu hommage aux soldats africains et assisté au défilé naval et aérien dans la rade de Toulon, en compagnie des chefs d’Etat et de gouvernement étrangers.

Avec El Watan d’Algérie

 

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