Déféminisation de l’espacement des naissances : une stratégie d’atteinte des nouvelles utilisatrices de Planning familial en Mauritanie

planningRimweb: La déféminisation du planning familial(PF) est un moyen  de bien être familial selon de nombreux mauritaniens rencontrés à travers ce reportage réalisé dans le cadre  de la production médiatique sur la planification familiale organisé par le Population Council et le Partenariat de Ouagadougou. Une initiative mise en place en 2011 dont la Mauritanie est membre.

La déféminisation qui est une approche genre de la PF si elle est promue en République Islamique de Mauritanie (RIM) permettra sans doute à la Mauritanie de contribuer à atteindre son objectif de 39000 nouvelles utilisatrices d’ici 2020 dans le cadre du partenariat de Ouagadougou dont le challenge est d’arriver à plus de deux millions d’utilisatrices de PF (d’ici 2020) dans la sous région.

Pour rappel, « la Mauritanie se caractérise par une croissance très rapide de sa population, avec un taux d’accroissement démographique de 2,4% par an, un indice synthétique de fécondité de 4,6 enfants par femme et une prévalence contraceptive de 10% en 2011 en ce qui concerne les méthodes modernes » selon le Plan national de développement sanitaire. S’exprimant sur cette donnée, Aliou Diop Président de la Coalition « Ensemble Espaçons nos naissances »  pense que « ce chiffre est moyennement élevé » d’où son plaidoyer pour action multisectorielle. A noter que ce pays des « millions de poète » était classé 154ème sur 182 pays dans l’index de développement humain de 2009. Autant de raisons pour favoriser l’espacement des naissances à travers une approche genre ou déféminisée.

L’espacement des naissances : « « une affaire de tous ».

A Nouakchott, Aicha Diop, 32ans, est vendeuse dans son quartier à El mina. Mère de cinq enfants, depuis 7 ans, elle a convaincu son mari d’espacer leurs naissances afin dit-t-elle, d’avoir le temps de « se reposer  et de travailler » pour gagner aussi sa vie. Fatou explique avoir convaincu son mari de la nécessité de la planification qui permet à l’un et l’autre de vaquer à leurs occupations  le temps d’une pause, après le rapprochement de ses deux premières naissances. Depuis lors, elle a opté pour une pilule contraceptive gratuite qu’elle prend désormais au dispensaire Kissal. A 25 ans, Metou une habitante de Tarhil est accompagnée de son 3e enfant. Depuis 3ans, elle a fait le choix du planning dans ce dispensaire de proximité de Kissal à Elmina. Elle estime, l’air souriante que la PF appelée ici espacement de naissance est « une affaire de tous ».

Fatis Ba est une des six sages femmes du dispensaire Kissal. Cette assistance sociale de formation, depuis 2006, travaille dans ce dispensaire communautaire où les femmes « affluent » chaque début de semaine à la recherche de contraceptives telle que les pilules (données chaque trois mois), injectables, condom, implants (payant). Oumou, qui instaure un climat de dialogue avec les patientes pour « briser le tabou » note qu’il y a « une forte demande » pour les contraceptives par rapport au début. Un constat qui, selon elle, s’explique peut être par la gratuité des contraceptions , témoigne la sage femme pour qui « il est temps qu’on sensibilise les hommes sur la PF ».Cette source déplore le manque de relais communautaire pouvant relayer cette préoccupation de façon permanente.

« Les hommes doivent savoir que la PF les concerne » selon Imam Abdoulaye Sarr

Une position partagée par Imam Abdoulaye Sarr pour qui « les hommes doivent savoir que la PF les concerne ». Pour cet interlocuteur, membre de la Coalition « Ensemble Espaçons nos naissances » il y a un manque de communication par rapport à la promotion de cette problématique suggère qu’ « il faut démystifier ce concept » afin que chacun contribue à sa vulgarisation.

Pour rappel, le PNDS (Plan national de développement sanitaire ) 2012-2020 « s’est fixé un objectif de prévalence contraceptive de 60% à l’horizon 2020 » d’après ses données. Une ambition qui pourrait se réaliser à travers « une forte plaidoyer au profit de la stabilisation de la famille », un vœu ardent de la sage femme Fatis Ba.

Sira Kamissoko sage femme depuis 1980,  à la retraite désormais, dans son cabinet à Teyarett  reçoit ses patientes. Elle nous fait savoir que « rarement des hommes accompagnent leurs femmes ; souvent il nous envoie leurs pièces d’identité pour prouver leur consentement » fait comprendre cette technicienne en gynécologie  qui précise que « dans les services publics, les contraceptions sont données gratuitement».  Un facteur qui doit inciter à une large planification. Les jeunes Ambassadeurs pour la santé de la reproduction/PF en Mauritanie et la société civile doivent aussi contribuer à ce processus de déféminisation à travers un focus sur l’approche genre.

Awa Seydou  Traoré

 

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