Des chiffres, rien que des chiffres

Nous avons longtemps cru en les réformes économiques structurelles de la Banque mondiale et du FMI et nous avons longtemps supporté leurs aléas pensant que le jour viendra où le bien-être promis sera réalité. Cela dure depuis 1985. Un quart de siècle ! Faudra-t-il attendre que tous ceux qui ont assisté à la mise en place des PAS (Programmes d’ajustement structurel) et autre FASR (Facilités d’ajustement structurel et de la Relance) disparaissent de la terre pour que les promesses des Institutions de Bretton Woods se réalisent?

On n’a que faire des chiffres ! Que le taux de croissance soit élevé, que celui de l’inflation soit maîtrisé, que la balance commerciale soit excédentaire, cela importe très peu pour les populations si elles sont condamnées à souffrir le martyr de prix qui montent, montent, montent, si elles ne peuvent avoir droit à de meilleurs services de santé et d’éducation, si elles continuent à voir des riches qui s’enrichissent de plus en plus et des pauvres qui sombrent dans leurs misères esseulées.

Hier comme aujourd’hui, les maux de la nation ont pour noms corruption, mauvaise gestion, favoritisme, incompétence et irresponsabilité. Comment concevoir sans cela qu’un pays de seulement 3.000.000 d’habitants possédant les côtes les plus poissonneuses du monde, exportant chaque année 11 millions de tonnes de minerai de fer, exploitant, même si c’est en petites quantités, le pétrole n’arrive pas à quitter le club infamant des PMA (Pays les moins avancés) ? Comment expliquer qu’avec toutes ces richesses, en plus de notre immense cheptel et de nos terres agricoles de la Vallée, l’on continue à pointer sur la liste des Pays Pauvres très Endettés ? Car si la dette a été épongée sous Ould Taya, les promesses de la table ronde de Bruxelles (plus de 3 milliards de dollars) ne sont pas de l’argent donné à titre gracieux. La dette appelle la dette, c’est connu. Un endettement, en fait, qui n’a servi à rien, puisque sans réalisations probantes et hypothéquant l’avenir des générations futures!

Certes, avec seulement trois années d’existence « démocratique », l’actuel pouvoir a des circonstances atténuantes. C’est ce qu’il ne cesse de répéter en disant que la situation qu’il traverse est l’accumulation de plusieurs années d’erreurs de gestion. Soit mais on lui reproche, justement, d’adopter le même comportement que ceux qui ont mené la Mauritanie au bord du gouffre. Disons nos « maux » avec les « mots » justes ! Ne nous voilons pas la face comme l’a toujours fait Ould Taya. Jusqu’au jour où il a été balayé par son propre entourage.

Sneiba

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