Des élections…et des hésitations !

L’organisation des prochaines élections municipales et législatives constitue, à n’en pas douter, l’ordre du jour en Mauritanie. En fait, le sujet de electiondiscussion de tout le temps ( ?) qui sépare encore de l’organisation d’un scrutin dont les modalités restent encore à définir.

Cette question des élections est également liée à celle de l’initiative du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, qui continue, elle aussi, à accaparer les discussions entre partis et coalitions politiques. Elle tient aussi à l’inhérence, entre aux probabilités, à cette fameuse proposition de gouvernement d’union nationale, que le président Mohamed Ould Abdel Aziz refuserait jusqu’au moment où la Coordination de l’opposition démocratique (COD) se prépare à donner une réponse définitive à l’initiative de Messaoud. Un autre sujet de débat même si l’acceptation du principe de « retrouvailles » politiques entre d’anciens compagnons d’armes ne constitue pas la garantie que des divergences ne puissent apparaître d’un moment à l’autre. Cette crainte vient d’abord, soulignent certains observateurs, du fait qu’au sein de la CAP (APP, Al Wiam , Sawab), Boydiel Ould Houmeid, qui a dirigé le dialogue avec la majorité, au nom de cette coalition, ne semble pas sur la même longueur d’ondes que Messaoud, en ce qui concerne les négociations avec la COD. Certains médias lui attribuent même des propos du genre : « « les élections auront lieu, avec ou sans la Coordination », ce qui peut être vu comme une volonté de refuser, à tout prix, tout dialogue bis qui remettrait en cause celui qui a été donné par la Majorité et par la CAP, comme la meilleure démarche politique jamais entreprise par la Mauritanie, depuis l’avènement de la démocratie ou de ce qui en tient lieu.

Certains peuvent penser que le président du parti « Al Wiam », qui avait claqué la porte de la formation « Adil » pour incompatibilité d’humeur politique avec l’ex Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf, veut voir multiplier ses chances d’avoir un bon score au Parlement et aux conseils municipaux, avec le boycott des formations de la COD. D’autres y voient plutôt un désir de ne pas se renier : le dialogue était bien, à tous égards, pourquoi alors le remettre encore sur la table ?

Quoiqu’il en soit, il est difficile de penser une sortie de crise sans un compromis qui s’approche, dans son forme finale, de ce que propose le président de l’Assemblée nationale. Le refus d’Aziz, mais aussi celui de Boydiel, peuvent n’être qu’une partie de ce jeu (de poker menteur) auquel les politiques nous ont habitué : refuser pour pousser l’adversaire à renoncer, le premier, à des revendications  considérées comme utopiques. Par exemple, le « rahil » (départ) d’Aziz réclamé par la COD et le désir de la Majorité de plier cette dernière à sa  volonté de prendre le train en marche, pour participer aux élections, sont en train de céder le pas à un « repositionnement », de part et d’autres, pour aller à des élections qui, en fin de compte, constituent l’unique solution à la crise. A condition qu’elles soient vraiment libres et transparentes.

Sneiba

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