Des réformes pour un enseignement supérieur meilleur : la lucidité du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Mohamed_Radhi_Sadvena_4448Dans le discours prononcé àNéma, le 3 mai 2016 devant les populations duHodh Echarghi, le Président de la République a souligné, en parlant de l’éducation, le caractère peu satisfaisant de l’état du secteur, qui reste inadapté aux exigences du marché du travail.

A ce sujet, il y a lieu de rappeler que la grandeur des nations et le progrès des sociétés ne se mesurent pas aux ressources dont elles disposent, mais bien à leur essor scientifique et intellectuel.

En outre, ces deux conditions ne peuvent être réunies sans asseoir les bases d’une formation de qualité des ressources humaines, en diversifiant les offres de formation adaptées aux impératifs de développement du pays, améliorant la performance scientifique et promouvant compétences diverses, en matière de gouvernance, d’encadrement administratif, de modernisation de la base des données et d’autres problématiques nécessaires pour la réforme.

Ce sont-là des questions qui occupent, toutes, une place importante dans la vision prospective contenue dans le discours prononcé par le Président.

Et en se référant aux différentes politiques dans le domaine de la mise à niveau et le développement de l’enseignement supérieur depuis l’indépendance du pays à nos jours, nous pouvons affirmer que toutes les réformes mises en œuvre – à commencer par la réforme de 1968, passant par les réformes de 1973 et 1979 et enfin la réforme en 1999, qui a vu le lancement du plus important programme national de développement du secteur de l’éducation (PNDSE ) – ; ces réformes, donc, n’ont pas donné les résultats escomptés, en dépit des moyens colossaux investis par l’Etat pour mener à bien ces programmes.

D’une façon globale, on peut résumer les griefs retenus contre ces réformes improvisées dans les points suivants:

- Le manque d’efficacité et d’efficience,
– L’absence de dispositifs de contrôle et d’évaluation de ces réformes,
– La non intégration des diplômés dans le monde du travail,
– La faiblaisse du niveau des étudiants et de la qualité de l’enseignement,
– La primauté de la quantité sur la qualité,

- L’inadéquation de la formation avec les besoins du marché du travail, etc. Pour remédier à tous ces déséquilibres au niveau de l’enseignement supérieur, qui ploie sous le poids de l’accumulation des expériences échouées, le gouvernement mauritanien a lancé, depuis 2015, un nouveau programme pour la réforme de l’enseignement supérieur qui vise à introduire l’approche de l’assurance qualité dans le système.

Ce programme de réformes vise à atteindre les objectifs suivants :

- la revue du cadre réglementaire et législatif de l’enseignement supérieur pour le mettre en conformité avec l’esprit des nouvelles réformes,

- L’adéquation parfaite entre les besoins de la formation et ceux du marché du travail,

- La diversification des programmes de formation dans l’enseignement supérieur et sa professionnalisation pour répondre aux exigences du développement,

- La création d’un climat favorable à l’intégration professionnelle à travers le suivi des diplômés et leur insertion dans le tissu économique et social du pays,

- L’amélioration de la performance de l’enseignement supérieur à travers la formation continue,

- La promotion de la recherche scientifique et de la formation professionnelle,

- Le développement et la modernisation des infrastructures universitaires, pour leur permettre d’accueillir un nombre d’étudiants plus grand,

- L’amélioration de la gouvernance et de la vie au niveau du campus universitaire,

- La mise en place d’un système d’information précis pour permettre l’accès à toutes les données relatives à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique.

Pour atteindre ces objectifs, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique se penche actuellement sur une revue du cadre législatif et réglementaire de l’enseignement supérieur afin de le conformer avec le nouvel esprit de la réforme ; il a mené également une série d’études sur le développement de la recherche scientifique et les perspectives d’emploi dans le pays, afin de les aligner sur les offres d’emploi qui seront adoptées dans les années à venir.

Il dispose aujourd’hui, plus que jamais, d’un système d’information précis qui lui permet de contrôler le suivi et l’évaluation de toutes les politiques de réforme concernant l’enseignement supérieur et la recherche scientifique.

Il sera rendu public, sous peu, la création d’une nouvelle entité pour la promotion et le développement de la recherche scientifique et d’une autre pour l’acccréditation des offres de formation.

Avec la fin des travaux de construction de la Faculté de droit et des sciences économiques au début de la prochaine année universitaire 2016 – 2017, le campus de l’Université Moderne de Nouakchott - qui est le premier monument scientifique complet dont dispose les Mauritaniens – sera achevé.

Cela contribuera à la solution de la grande problématique de la faible capacité d’absorption des établissements d’enseignement supérieur dans le pays et ouvrira de grandes perspectives devant le développement de notre système éducatif.

En outre, ce système sera renforcé par le recrutement de plus de 134 professeurs de diverses disciplines, approuvé par le gouvernement ces derniers jours. Cette décision permettra de surmonter le déficit en staffs d’encadrement constaté au niveau des établissements d’enseignement supérieur d’une part, et la réduction du chômage des diplômés de l’enseignement supérieur en offrant ce nombre d’emplois permanents, d’autre part.

Parmi les plus importantes caractéristiques qui différencient cette réforme des précédentes, il y a :

- L’existence d’une volonté politique déterminée à en assurer le succès,

- le fait qu’elle découle d’un diagnostic précis de la réalité de l’enseignement supérieur en Mauritanie,

- Le fait que ceux qui en assurent la mise en œuvre ont su tirer profit des lacunes et des échecs des expériences passées,

- Le fait que la mission de supervision de sa mise en œuvre soit confiée à une expertise nationale de haut niveau,

- Le recours à des ressources mauritaniennes propres,

Dans la foulée de ce projet de réforme, l’Université de Nouakchott s’est empressée d’adopter une politique d’ouverture sur l’environnement socio-économique du pays dans le cadre d’une nouvelle approche, pour développer et diversifier les possibilités de formation à l’université.

Cette politique a abouti à la signature de plusieurs accords avec des acteurs publics et privés, ainsi que des partenaires au développement.

Il ne fait aucun doute que le succès de ce programme de réforme du système d’enseignement supérieur exige, d’abord et avant tout, la mise en place d’un système d’évaluation et de suivi efficace, où se conjuguent les efforts de tous dans un cadre participatif qui réunit, en plus du rôle dévolu aux professeurs et aux chercheurs, la contribution demandée à d’autres acteurs, les étudiants et les administrateurs de l’éducation, les parents et les leaders d’opinion, les opérateurs économiques et les politiques.

Il s’agit d’aider les autorités supérieures du secteur à combler les lacunes et surmonter les déséquilibres structurels notoires au niveau de l’enseignement supérieur, et d’ériger un système d’enseignement supérieur digne de la place scientifique et historique de la Mauritanie ; un enseignement supérieur susceptible de réaliser les aspirations des générations futures à la liberté, à la prospérité et à une vie décente et d’assurer la cohésion entre les composantes sociales et la consolidation de l’unité nationale ; un objectif que nous recherchons tous.

Professeur Mohamed Radhi Ould Sadvena,
Conseiller du Président de l’Université de Nouakchott

Source : Mohamed Radhi Ould Sadvena

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