Des réponses, SVP

Cherchons ensemble, si vous le voulez bien, les bonnes réponses à trois questions que nous pose l’actualité de ces derniers jours de mars 2013.

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1) Barack Obama a personnellement choisi Israël (avec escales à Ramallah et à Amman) pour le premier voyage de son second mandat.
Son nouveau secrétaire d’État, John Kerry, l’accompagne, l’y a précédé et a annoncé qu’il reviendra en Israël pour « relancer la paix ». Ces déplacements sont-ils du « tourisme diplomatique » ? Ou bien préfigurent-ils des lendemains politiques significatifs ?
2) Le 6 février dernier, dans le pays africain d’où est parti le Printemps arabe, la Tunisie, est survenu l’assassinat d’un dirigeant politique, Chokri Belaïd, qui a secoué le pays et suscité une émotion mondiale.
On sait où chercher les inspirateurs et les auteurs de ce crime ; le pays dispose de services de sécurité de bon niveau. Pourquoi n’ont-ils pas, à ce jour, révélé l’identité de ces criminels ? Pourquoi ne les ont-ils pas arrêtés ?
3) Deux mois et demi après son déclenchement, « la guerre du Mali » nous donne l’impression d’être l’affaire de la France (et du Tchad). S’achèvera-t-elle en avril prochain sans être devenue, à aucun moment, ni malienne ni même africaine ?
Ce serait malsain, et c’est déjà source de malaise.

1) Barack Obama en Israël
Ceux qui ne connaissent pas Barack Obama et Benyamin Netanyahou ont du mal à comprendre l’allergie qu’ils ont l’un pour l’autre. Elle est pourtant bien réelle : qui les a regardés se saluer à la descente d’avion d’Obama n’a pas pu ne pas s’en rendre compte.
Le journaliste israélo-américain Jeffrey Goldberg a l’explication de ce phénomène rare. Il dit que Barack Obama, dont il est l’ami, est certes de religion chrétienne, mais est très proche des juifs « libéraux », qui l’ont influencé au point d’en faire l’un des leurs, ou presque.
Benyamin Netanyahou ? Obama, qui l’a déjà reçu dix fois à Washington, ne parvient pas à voir en lui un juif !
À ses yeux, c’est… un conservateur américain, membre du parti républicain.
Obama en est arrivé à conclure que, à moins de le lui imposer, ce qu’il ne veut pas faire, il n’y a aucune chance, tant que Netanyahou sera Premier ministre, d’amener Israël à une négociation sérieuse avec les Palestiniens pour aboutir à un accord instaurant un État palestinien viable à côté d’Israël.
L’actuel président des États-Unis a dit au cours de ce voyage que « la paix entre Israéliens et Palestiniens est nécessaire, juste et possible ». Mais il a fait sien le constat de l’historien israélien Tom Seguev : « La plupart des Israéliens sentent désormais que leur sécurité est assurée, sans contrepartie. C’est le problème. L’oppression au quotidien des Palestiniens est choquante, mais la situation étant calme, les Israéliens ne s’en rendent pas compte. Personne ne croit plus à la paix. »
Le nouveau secrétaire d’État américain, John Kerry, lui, n’a pas baissé les bras ; il a demandé à Obama de le laisser tenter de faire bouger le nouveau gouvernement israélien et son chef. Sceptique, sans illusions, Obama lui a donné son feu vert. John Kerry est donc revenu en Israël dès le 23 mars pour, après tant d’autres, « faire un tour de piste » !

2) L’homme politique tunisien Chokri Belaïd a été assassiné le 6 février au matin, devant son domicile.
Le ministre de l’Intérieur était alors Ali Larayedh. Depuis, il est devenu le Premier ministre de la Tunisie.?Son prédécesseur, Hamadi Jebali, avait déclaré que cet assassinat était un crime contre la Tunisie, qu’il était impératif de dévoiler l’identité des criminels pour éclairer l’opinion publique.
Il a laissé entendre que cette identité était connue et a ajouté que « ceux qui ont commis cet acte de terrorisme ne sont pas des amateurs, leur cible étant la Tunisie tout entière ».
À la fin de février, alors qu’il était encore ministre de l’Intérieur, Ali Larayedh a confirmé que l’auteur du crime avait été identifié et qu’il était recherché.
Depuis, à notre connaissance, plus rien !
L’opinion publique – nationale et internationale – attend d’être informée. Et veut des résultats !
Tant que ce crime n’aura pas été élucidé, que ses auteurs et instigateurs n’auront pas été démasqués, arrêtés et jugés, ceux qui ont la responsabilité de la sécurité – dont Ali Larayedh – ne seront pas tenus pour quittes.
On peut accepter qu’ils n’aient pas pu prévenir le crime. Pas qu’ils ne trouvent pas des terroristes qu’ils savent où chercher.
Ils en ont le devoir et, par conséquent, ont une obligation de résultat.
3) La guerre du Mali Pour se différencier de Nicolas Sarkozy, et alors qu’il était encore au début de sa campagne électorale, François Hollande a promis aux Français que, s’ils l’élisaient, il serait, lui, un « président normal ».
Cette promesse a sans doute contribué à sa victoire. Mais d’être un « président normal » l’aide-t-il à se faire accepter de ses compatriotes ? Veulent-ils que leur président soit normal ? J’en doute.
Quoi qu’il en soit, et pour en venir à la guerre du Mali, l’Africain que je suis juge anormales et même humiliantes la manière dont cette guerre est conduite et la façon dont nous sommes informés de son évolution.
Depuis le jour où elle a débuté, elle est l’affaire de la France. Accessoirement de l’armée tchadienne.
La France conçoit et exécute, s’engage en hommes, en matériel et en argent. Il s’ensuit, et c’est bien normal, que c’est la France qui tient informés les Français et, après eux, les Maliens, les autres Africains et le monde, de l’évolution de cette guerre asymétrique.
François Hollande, son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ou un porte-parole de l’armée française savent où en est la guerre ; eux seuls l’annoncent urbi et orbi.
Ainsi, le 21 mars, François Hollande et Jean-Marc Ayrault – le premier au dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), le second devant l’Assemblée nationale – ont expliqué que les armées françaises allaient se retirer du Mali à partir de la fin avril, mission accomplie.
« Nous sommes dans la dernière phase avec la quasi-totalité du territoire malien revenu à la souveraineté du Mali », a précisé François Hollande.

Où est donc le gouvernement malien ? Sait-il ce qui se passe dans le nord de son pays ? Ses armées participent-elles, fût-ce symboliquement, à la libération de cette partie de la République malienne ?
Les armées de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sont-elles déployées et prêtes à prendre la relève ? L’Union africaine est-elle présente ou informée ?
On a comme l’impression d’un vide et d’une absence.
Il est grand temps pour la classe politique malienne, pour la Cedeao, pour l’Union africaine de sortir de leur silence, de leur apparente réserve pour endosser l’habit d’acteurs.

Source : JA

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