Deux années de procédures judiciaires pour libérer son camion.

Modibo Soumarou a enfin récupéré son camion après plus de deux ans de tracasseries et de procédures judiciaires. Le véhicule, immobilisé depuis 2010 devant le Commissariat spécial Antidrogue à Nouakchott, a ainsi subi les offenses du temps, avec des pneus à plat et une carrosserie rouillée et poussiéreuse.

Qu’importe, pour Soumarou, ce camion qui est son seul gagne pain lui est enfin restitué après une longue bataille judiciaire. Il faut rappeler qu’il y a deux ans, Modibo Soumarou, un transporteur Malien, avait loué son camion à un certain Doumbiya qui la chargea de marchandises. Une fois prête, il avertit Soumarou qui confia la bagnole à son chauffeur, nommé Kono. Il embarqua son apprenti et l’ami de ce dernier, heureux de découvrir du monde.

A 20 kilomètres de Nouakchott, le chauffeur avait déclaré avoir reçu un appel de Doumbiya qui lui demandait de se débarrasser des trois bonbonnes de gaz embarqués avec les marchandises.

Le chauffeur, d’abord étonné aurait demandé à Doumbiya de les lui donner s’il n’en voulait pas. « Débarrasse-toi de ces bonbonnes vite où tu auras des problèmes !  » l’aurait averti Doumbiya. Le chauffeur perplexe demanda aux deux jeunes de jeter les bonbonnes. Ce qui fut fait. Arrivé à Nouakchott, le chauffeur livra sa cargaison au frère de Doumbiya qui représente ses intérêts en Mauritanie. Kono était dans un garage mécanique pour préparer son retour lorsqu’il reçut la visite des limiers de l’antidrogue.

Embarqué au Commissariat, lui et ses deux jeunes compagnons, il sut que les bonbonnes qu’il avait jetées contenaient du chanvre indien. Il eut beau déclarer tout ignorer de cette histoire, il sera déferré, lui, son apprenti et leur accompagnateur. Entendu par le Procureur de la République et le juge d’instruction du 3eme Cabinet, ils furent jetés en prison. Après neuf mois de préventive, ils furent jugés. Les deux jeunes furent acquittés et le chauffeur écopa de 5 ans de réclusion criminelle.

Il eut beau pleurer et jurer qu’il ignorait tout de la cargaison, que sa mission consiste seulement à conduire le camion sur ordre de son patron, rien n’y fait. D’ailleurs Soumarou qui était venu dès que l’affaire avait éclaté avait assisté amer au verdict. A Bamako, Doumbiya sera arrêté puis relâché, car l’affaire était jugée en Mauritanie et non au Mali.

Après un an de prison, l’affaire est rejugée devant la Cour d’Appel qui acquitta Kono le chauffeur. Les Maliens étaient soulagés et contents. Restait pour Soumarou, une autre bataille, pour récupérer son camion. Ce fut là aussi un véritable parcours du combattant. Le Parquet refusait de, libérer le camion.

Il a fallu qu’il aille jusqu’à la Cour Suprême pour que Soumarou reçoive enfin l’autorisation de récupérer sa bagnole. Une ordonnance qui ne sera exécutée par le Procureur de la République qu’au bout de plusieurs jours de va-et-vient et de rendez-vous. Le Procureur ordonna par la suite au Commissaire de l’Antidrogue de libérer le camion. Plusieurs jours là aussi de rendez-vous, avant qu’il ne récupère finalement son camion. Tout est bien qui finit bien cependant et les Maliens ne cessent de louer la diligence de la justice Mauritanienne et son impartialité.

Soumarou a récupérer son chauffeur et sa voiture. Ils pourront regagner le Mali et poursuivre leurs activités. Seulement, l’expérience leur empêchera certainement à l’avenir d’embarquer des marchandises sans en vérifier les contenus.

Abou Cissé

Source : L’ Authentique


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