Dialogue politique Majorité-Opposition : Une équation à mille inconnus

Dialogue politiqueLauthentic: Le dialogue Majorité-Opposition tant galvaudé aura-t-il lieu ? Le FNDU serait-il partant dans sa totalité ou certains de ses membres vont désister ? Que cherche le pouvoir à travers ce dialogue pour lequel il est prêt à tout abdiquer ? Desserrer l’étau d’un isolement feutré sur le plan international ou préparer un coup tordu que les acteurs n’ont pas encore décelé ? L’opposition sera-t-elle encore le dindon de la farce d’un dialogue qui ne fera que la diviser de plus ? Autant d’interrogatoires et d’équations à mille inconnus qui se profilent à l’horizon d’une table de négociation d’on les observateurs ne savent si elle sera ronde ou à angle obtus.

De sources généralement bien informées, le Forum national pour l’unité et la démocratie (FNDU) principale force de l’opposition, aurait décidé de surseoir son accord pour un dialogue inclusif avec le pouvoir jusqu’au retour de son président Ahmed Ould Daddah. Ce dernier serait parti à Abidjan pour participer à un effort africain tendant à rapprocher les pans de la scène politique ivoirienne.
En attendant, les contacts et les rencontres secrètes se poursuivraient, notamment entre les leaders de l’opposition d’une part, et d’autre part, les différents segments de la majorité. De temps en temps, des sources de presse évoquent des échanges transversaux entre les deux camps ennemis.

C’est dans ce cadre qu’auraient été évoquées des discussions téléphoniques entre l’ancien Premier ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, actuel ministre Secrétaire général de la Présidence de la République et des leaders du FNDU, mais aussi de la CAP (Coalition pour une Alternance Pacifique) qui regroupe l’aile dite modérée de l’opposition, que leurs détracteurs accusent de faire le jeu du pouvoir.

Il faudra ainsi attendre le retour du président du FNDU, Ahmed Ould Daddah, prévu aujourd’hui pour trouver réponses à la question de la participation ou non de l’opposition au dialogue envisagé.

D’ores et déjà, le RFD (Rassemblement des forces démocratiques) qu’il préside aurait refusé toute idée de dialogue avec le pouvoir. Cette position, si elle reste inchangée, risque selon plusieurs observateurs, de semer la discorde au sein d’un rassemblement jusque-là soudé dans sa cohésion.
Contrairement à Ould Daddah, plusieurs leaders du FNDU seraient en effet partants pour un dialogue doté de toutes les garanties nécessaires quant à l’exécution des résultats qui en découleront.

D’ores et déjà, le pouvoir aurait accepté les principales doléances avancées par ses adversaires politiques, y compris un gouvernement de consensus, des élections générales anticipées et la révision des organes et textes en rapport avec les scrutins.
Seulement, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour réclamer u n dialogue qui s’étendra par delà ses aspects politiques, à un débat national où tous les problèmes seront posés et solutionnés, notamment, la cohabitation et l’unité nationale, l’esclavage, le partage des richesses et du pouvoir, le problème du Passif humanitaire et des réfugiés, entre autres.

Beaucoup craignent cependant que le pouvoir ne réduise les débats aux seuls aspects politiques, ceux liés au partage du gâteau entre leaders politiques.
D’autres trouvent que le dialogue ne sera jamais assez inclusif pour englober tous les acteurs tant les préoccupations et les priorités des uns et des autres divergent sur le fonds et la forme.

Bref, par delà les tactiques manœuvrières d’un pouvoir habitué à ce genre d’exercice, certains analystes craignent que le dialogue qui s’annonce n’aboutisse à une nouvelle partition de l’opposition et probablement à la rebelote de la Constitution.
Les tenants d’une telle thèse soutiennent que le président Mohamed Ould Abdel Aziz ne lâchera pas si facilement un pouvoir qu’il a obtenu par les armes, comme il se plaisait à le rappeler. Pour ces derniers, la limitation du mandat présidentiel si elle ne saute pas durant ce dialogue en échanges de concessions conséquentes pour l’opposition, elle le sera par les autres manières (parlement), telles celles utilisées dans d’autres pays d’Afrique où les présidents cherchent à se cramponner au pouvoir.

Cheikh Aïdara

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