Dialogue politique : Petit à petit…

Bettah Laghdaf_0Après l’intermède des visites présidentielles à l’intérieur du pays, les préliminaires pour un dialogue politique, engagés depuis bientôt un mois, viennent de reprendre, entre le pouvoir et le FNDU. Mais, jusque-là, l’essentiel des deux rencontres a tourné autour de ce qu’on appelle les échanges de bons procédés. Remises de documents ou discours. Au cours de la dernière, le monsieur Dialogue du pouvoir, Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, ministre secrétaire général de la Présidence, a remis la réponse ou les observations de son camp au comité Dialogue du FNDU. Bonne ambiance, disent les uns et les autres, en attendant le plat de résistance, à savoir la convergence ou, plus exactement, l’accord sur les points à discuter.

Mais, d’ici là, l’atmosphère ou disons, le « lent empressement » du FNDU aura été quelque peu refroidi. Car, au cours de sa rencontre avec la presse, le 5 Mai, le président de la République affirmait, d’abord, que la balle était, non pas dans son camp, mais dans celui de l’opposition, engluée dans des « problèmes d’organisation interne » ; entendez : le renouvellement de son directoire. Il a ensuite ajouté qu’on ne pouvait pas poser des préalables avant de s’asseoir à la table des négociations, allusion à ce que le FNDU appelle, dans sa réponse, les « mesures de rétablissement de la confiance ».

Au cours d’un point de presse tenu au lendemain de la conférence de presse du Président, le Forum a démenti les « insinuations » du chef de l’Etat tendant à faire porter, au FNDU, le retard ou le blocage du dialogue. Pour le Forum, le pouvoir en est bien le premier  et seul responsable : pour preuve, la date de sa réponse ou commentaire : le 9 Mai. Quant au second point, le Président n’a enfoncé qu’une porte déjà ouverte, dans la mesure où il semble, une fois de plus, fermer ou condamner le dialogue à un échec, renforçant le scepticisme de ceux, nombreux, qui doutent de la sincérité du pouvoir à restaurer la confiance et accepter des concessions. « Même s’il affirme qu’aucun point n’est tabou, le Président a fermé la porte au dialogue », croit ainsi Moussa Fall, président du Mouvement pour un Changement Démocratique (MCD), membre du FNDU. Un avis partagé par nombre de cadres et militants du Forum.

Autre point venu accréditer et renforcer le doute de l’opposition, la rencontre avec la délégation  du pouvoir. Le FNDU s’attendait à réceptionner un document écrit. Il ne s’est vu servir qu’une réponse verbale, par le ministre secrétaire général du de la Présidence. Durant près de quatre heures d’horloge, les représentants du FNDU ont donc écouté, patiemment, les commentaires de Moulaye ould Mohamed Laghdhaf. « Mais », affirme maître Mahfoudh ould Bettah, « la délégation du pouvoir n’a pas accepté de signer, au terme de la réunion, le moindre procès-verbal de la rencontre ». Le président du pôle politique du forum indique que les commentaires du pouvoir seront soumis aux différents pôles du FNDU, avant de renvoyer tout courrier. C’est dire que les préliminaires risquent fort de se prolonger.

Même si le pouvoir s’est dit « disposé », selon Samory ould Bèye, membre de la délégation du Forum, à trouver des réponses satisfaisantes aux « préalables » du FNDU, on ne peut pas ne pas se demander pourquoi la délégation du  pouvoir s’est abstenue de remettre un document écrit à son vis-à-vis qui exigeait, pourtant, dans son document-réponse – histoire d’éviter de se faire rouler, pour la troisième fois, dans la farine – des engagements signés du Président lui-même. Une posture du pouvoir qui ne contribue guère à rétablir la confiance entre les acteurs. Que cache ce refus des messagers d’Ould Abdel Aziz ? Y aurait-il anguille sous roche ? Depuis 2008, les relations, entre le pouvoir et son opposition, sont estampillées au sceau de la méfiance. De telles suspectes rebuffades ne peuvent qu’appesantir sa marque. On n’est donc toujours pas sorti de cette sombre auberge…

DL

Source: Le Calame

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