Dialogue Pouvoir-Opposition : Les grandes lignes de la Plateforme présentée par le FNDU

la Plateforme présentée par le FNDULa plateforme présentée par le FNDU (Forum national pour le développement et l’unité), coalition de l’opposition dite radicale, vient d’être divulguée. Elle recense les points sur lesquels le pouvoir en place devra s’engager pour déterminer sa bonne foi avant l’entame de tout dialogue national. Si, côté opposition, cette plateforme est considérée comme le prix à payer pour dépasser la crise politique étouffante qui étrangle le pays depuis 2008, pour la plupart des analystes, la plateforme constitue un Plan d’action qui n’est réalisable que dans le long terme, alors que d’autres la considère comme une prémisse à une longue et fastidieuse Conférence nationale, plutôt que l’entrée en matière d’un simple dialogue politique à ficeler en deux ou trois semaines.

Le samedi 18 avril 2015, le FNDU a finalement remis aux délégués du pouvoir, au cours d’une brève rencontre non médiatisée au Palais des Congrès de Nouakchott, une plateforme contenant l’ensemble des préalables qui devraient, selon ses membres, être satisfaites avant toute entrée en dialogue avec le pouvoir en place. Ce dernier a requis un délai de réponse, le temps d’étudier le document. Dans un communiqué rendu public, le FNDU a réitéré sa conviction selon laquelle, le dialogue politique est la seule voie possible pour régler la crise politique qui sévit dans le pays. Il s’agira, pour tous les acteurs de la scène mauritanienne, de parvenir à un compromis national pour bâtir un véritable Etat de droit qui garantisse la justice, la liberté et la démocratie.

Pour ce faire, le FNDU envisage un dialogue en deux phases, dont l’une consiste à une série de propositions que le gouvernement devra entreprendre pour rétablir la confiance et la deuxième, un dialogue national inclusif où l’ensemble des acteurs nationaux prendront part.

Les conditions pré-dialogue
Dans cette première phase, qui comporte les préalables au dialogue national, le FNDU énumère un certain nombre d’actions que le pouvoir en place devra prendre. Sont cités, la libération des prisonniers d’opinion, l’interdiction de réprimer dorénavant les manifestations pacifiques, le respect du mandat constitutionnel du Président de la République, le statu du BASEP, l’ouverture des médias publics, l’Etat-civil, la baisse du prix du carburant, la déclaration du patrimoine du président de la République et du gouvernement, le règlement du problème des travailleurs de la SNIM et des étudiants de la Fac de Médecine, le respect des lois reconnaissant et incriminant l’esclavage.
Un accord-cadre signé avec le gouvernement devra également comporter l’engagement du président de la République à se démarquer des acteurs politiques, à assurer la neutralité de l’administration dans le jeu politique, à œuvrer pour une justice indépendante, crédible et efficace, à éloigner l’armée de la politique, à organiser des élections anticipées consensuelles et à mener les réformes électorales nécessaires, à mettre en place un gouvernement consensuel, à nommer des personnalités consensuelles à la tête des médias publics. Le FNDU s’engage à soutenir le gouvernement de consensus, et demande la fixation d’un calendrier raisonnable pour le dialogue.

Si toutes ces conditions sont satisfaites, le FNDU demande l’accord-cadre devra être signé par son président et le Chef de l’Etat. Alors, seulement, le dialogue proprement parler pourra débuter avec la participation de tous les acteurs.

Le dialogue national
Le FNDU propose à ce titre, l’introduction dans l’ordre du jour du dialogue national inclusif envisagé, la question de l’esclavage, de l’unité nationale, la question culturelle et du vivre-ensemble, le passif humanitaire, les réfugiés, la question foncière, la décentralisation, respect de la Constitution, lois et règlements, l’institution d’une armée républicaine, une justice et un législatif indépendants, la question du genre, le rôle de la société civile, la redéfinition du rôle de l’administration et du citoyen, élections et gouvernement consensuels.

En plus le document demande le dépoussiérage de certains dossiers obscurs, comme le marché de l’aéroport de Nouakchott, le montage des avions à Nouakchott, l’attribution du domaine public (stade olympique, école de police), le sort des 50 Millions de dollars, les détournements au trésor public, les 200 Millions de dollars pour l’extradition de Senoussi, etc. Le FNDU demande également l’audit de certaines institutions, comme la Délégation Maritime, la SNIM, la BCM, la SPEG, l’instauration d’une bonne gouvernance économique et financière, une communication autonome, la sécurité publique, l’institutionnalisation du dialogue.

JOB

Source: Lauthentic

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