Discours du Sous-Directeur Général et Représentant régional au Bureau régional de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord

Bureau_regional_33eme session de la conférence régionale pour le Proche-Orient

Vos excellences,

Messieurs les délégués de l’Afrique du Nord et les pays du Proche-Orient, Messieurs les représentants des Etats observateurs, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales,

Mesdames et Messieurs,

J’ai l’honneur et le plaisir de vous souhaiter la bienvenue au nom du Directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, M.José Graziano da Silva, et en mon nom, à l’ouverture de la réunion des hauts responsables durant la trente troisième session de la Conférence régionale pour leProche-Orient et l’Afrique du Nord.

Permettez-moi tout d’abord d’exprimer ma profonde gratitude à la République Libanaise et le ministre de l’Agriculture M. Akram Chehayeb et le directeur général du ministère de l’Agriculture, l’ingénieur Louis Lahoud pour les énormes efforts qu’ils déploient pour assurer le succès de cette conférence.

Vos Excellences,

Mesdames et Messieurs,

La fin de l’année 2015 fut une période importante dans l’histoire de la coopération internationale pour le développement. Ce fut la fin du délai fixé par la communauté internationale pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement. L’évaluation initiale indique que la période a généré des effets variables en ce qui concerne le Proche-Orient et l’Afrique du Nord.

D’une part, 15 pays de la région ont réussi à atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement traitant la faim, notamment l’Algérie, Le Bahreïn, l’Égypte, laRépublique Islamique d’Iran, la Jordanie, le Liban, la Libye, la Mauritanie, leMaroc, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Tunisie, les Emirats arabes unis, le Koweït et le Sultanat d’Oman.

Certains de ces pays ont réussi à diminuer de moitié la prévalence de la malnutrition entre 1990 et 2015, tandis que d’autres pays ont réussi à maintenir le taux de sous-alimentation en dessous de 5%.

Cependant, les indicateurs de nutrition ont progressé, mais la malnutrition chronique est toujours élevée. La prévalence du retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans, ainsi que les taux d’anémie et carences en micronutriments ont diminué, mais les taux d’obésité ont augmenté dans tous les pays de la région.

Ces résultats ont été achevés grâce au travail acharné qui a eu lieu sur plusieurs fronts ; les pays de la région ont placé la sécurité alimentaire au premier plan dans leurs priorités, et par conséquence, ils ont augmenté leur production agricole et ont énormément amélioré les exportations de produits alimentaires et appliqué des programmes de protection sociale à grande échelle.

Ces politiques ont permis d’accroître la disponibilité de la nourriture et ont également contribué à l’amélioration de la capacité d’obtenir la nourriture et de réduire l’extrême pauvreté dans les zones rurales et urbaines.

Cependant, les résultats obtenus au niveau individuel des pays ne reflètent pas la vraie et complète image de la région car les crises et les guerres répétitives ont conduit à une augmentation sans précédent du nombre de personnes déplacées et des réfugiés, et par suite, à la détérioration des grandes économies de la région.

De ce fait, le nombre de personnes souffrant de famine a augmenté au niveau de la région de 16,5 millions à 33 millions de personnes entre 1990 et 2015. La proportion de personnes souffrant d’insécurité alimentaire s’est élevée à 8,2% en 2014.

Ces résultats sont considérés comme un revers majeur dans la lutte contre la faim dans la région, car ils représentent exactement le contraire des tendances au niveau mondial, où les taux de ceux soufrant de la faim et de ceux vivant en dessous du seuil de la pauvreté dans toutes les autres régions ont été réduit.

Le défi de la sécurité alimentaire dans la région est ajouté à d’autres défis graves et chroniques, notamment la pénurie d’eau, la dégradation des terres, la menace du changement climatique, le retard du monde rural, les niveaux élevés de chômage en particulier chez les jeunes et la disparité dans l’égalité des sexes à la lumière de l’accroissement continue de la population.

Vos Excellences,

Mesdames et Messieurs,

La trente-deuxième session de la Conférence régionale pour le Proche-Orient a adopté trois initiatives régionales pour relever les défis de la sécurité alimentaire et le développement agricole durable: l’initiative régionale pour la pénurie d’eau, l’initiative régionale pour la sécurité alimentaire et le renforcement de la résilience, et l’initiative pour soutenir les petites exploitations.

La trente-deuxième session a confié à l’organisation de mettre en place la formulation de ces initiatives, de mener les études et logiciels appropriés, d’accélérer la mobilisation du soutien nécessaire, et de promouvoir et exécuter ces initiatives en tenant des partenariats avec les parties internationales et régionales concernée.

En effet, ces initiatives ont déjà été lancées au cours des deux dernières années, en commençant par l’initiative pour la pénurie d’eau approuvé par le Conseil des ministres arabes des ressources en eau dans la Ligue arabe en tant qu’adhérent à la Stratégie pour la Sécurité de l’Eau dans la région Arabe.

Dans ce contexte, plusieurs projets ont été lancés, notamment les projets de gouvernance de l’eau et l’utilisation de l’énergie solaire pour la récolte d’eau, le contrôle de l’irrigation et l’introduction de nouvelles technologies visant à augmenter la productivité de l’utilisation de l’eau dans le secteur agricole dans plusieurs pays de la région.

De même, l’initiative de sécurité alimentaire et le renforcement de la résilience a été lancée tout en mettant l’accent sur les pays en crise ou ceux qui sont influencés par ces crises, en particulier la Syrie, l’Irak, la Jordanie, le Liban, le Yémen et laPalestine.

L’initiative de l’agriculture familiale et le soutien des petits agriculteurs et petites exploitations fut aussi lancée, après la réalisation des études de terrain portant sur six pays. Il y a eu de même, de larges discussions avec des experts et des partenaires régionaux et internationaux, et par conséquence, cette initiative sera renforcée au cours des deux prochaines années.

Durant la période précédente, des discussions extensives ont été menée avec les pays, ainsi qu’un échange d’expériences sur des sujets clés liés à la sécurité alimentaire et le développement durable de l’agriculture et des ressources naturelles. De même, les efforts furent intensifier pour faire face aux ravageurs qui menacent l’agriculture et les maladies animales, et en particulier, le criquet pèlerin et le virus de la grippe aviaire, le virus du Corona et le charançon rouge du palmier.

Parallèlement à ce travail de terrain, la décentralisation a été renforcée dans la région et les bureaux de pays furent soutenus au Liban, Soudan, Yémen, la Syrieet en Irak. Un nouveau bureau fut inauguré en Jordanie et l’amélioration du bureau régional a eu lieu à travers de nouvelles capacités techniques.

D’autre part, durant ces deux dernières années, nous avons dépensé 154 millions de Dollars pour soutenir des projets et programmes dans la région, représentant une hausse de 7.6% par rapport à 2012-2013. Ici, je ne peux m’empêcher de reconnaître et remercier le soutien du Royaume d’Arabie Saoudite pour les programmes d’aide humanitaire visant les agriculteurs en Irak et au Yémen, qui se sont élevés à 19,5 millions de dollars.

Mesdames et Messieurs,

L’agenda de la trente-troisième session de la conférence a été élaboré en collaboration étroite avec le groupe du Proche-Orient et l’Afrique du Nord. Ce groupe a contribué à l’identification des éléments clés de cette session. En outre, les documents de base ont été discutés et ratifiés durant de nombreuses réunions et ateliers de travail nationaux et régionaux, afin de veiller à ce que ces documents correspondent aux priorités et aspirations des pays de la région.

De ce fait, le document concernant le bétail a profité des réunions à Doha, Mascate et au Caire. De même, le document concernant les petits agriculteurs a été formulée après de nombreux ateliers nationaux au Liban, la Tunisie, l’Egypte, leSoudan, la Mauritanie, le Maroc et après une réunion régionale au Caire. Le document concernant la pêche a bénéficié des réunions du comité régional des exploitations piscicoles (Recofi) dans le Sultanat d’Oman, des ateliers sur l’aquaculture à Rome et un atelier sous régional sur la croissance bleue en Alger.

Le programme de la conférence comprend une discussion traitant les documents, ainsi que des manifestations en parallèles traitant le programme de travail du développement durable 2030, un accord sur le changement climatique et un agenda sur la nutrition et le Comité de la sécurité alimentaire mondiale.

Cette conférence a été précédée par une réunion consultative au Liban avec les organisations de la société civile afin de les informer sur le programme de cette conférence et profiter de leur point de vue.

Vos Excellences

Mesdames et Messieurs,

Le programme de travail de l’organisation dans la région fait partie intégrante du cadre stratégique de l’organisation et son programme de travail à moyen terme de 2014 à 2017. Il entre également sous le cadre des résultats de l’organisation et s’identifient avec les résultats prévus du travail de l’organisation au niveau de chaque pays et au niveau de la région. C’est un cadre favorisant le processus d’analyse et de suivi au sein de l’organisation, ainsi que la reddition de comptes.

Nous attendons avec impatience vos recommandations, conseils et remarques, qui seront notre première référence durant le processus d’élaboration des priorités de l’organisation et l’amélioration du programme de travail de l’organisation dans la région.

Je vous remercie énormément.

Source : FAO

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