Djiby Sow sera opéré mercredi

Djiby_Sow_0Après plusieurs tergiversations et quiproquo, et sauf retournement de dernière minute, Djiby Sow, le président de Kawtaal N’gam Yellitaaré, sera finalement opéré, ce mercredi 17 Juin, à l’hôpital national. Djiby aura quitté, mardi, la prison civile de Nouakchott et passé la nuit au CHN. Un accord en ce sens a été conclu avec l’administration pénitentiaire qui a donné, dit-on, de « fermes assurances » en vue de fournir, après l’intervention, une salle climatisée et un infirmier au célèbre détenu, pour sa meilleure convalescence possible. En ce qui concerne les soins post-opératoires, il sera conduit à l’hôpital, par le régisseur lui-même, à bord de son propre véhicule et non dans l’ambulance de la Garde nationale. L’administration pénitentiaire donne ainsi des gages de bonne volonté, suite à la vaste campagne de dénonciation du peu de volonté des autorités à laisser Sow se soigner. Pour rassurer le prisonnier, celles-ci ont également accepté la requête de ses proches qui exigeaient la présence du docteur Kane Mamadou.

Il était temps. Evacué à Nouakchott, le 28 Février dernier, pour des « problèmes de santé », Djiby Sow était en train de mourir à petit feu, dans l’indifférence générale, à la prison civile. Et Kawtaal de déplorer : « Tout corrobore la crainte de ce que les autorités mauritaniennes veulent récidiver les horreurs de Oualata, dans les années 88 et 89, en refusant, mordicus, de laisser Djiby se faire soigner d’une maladie rénale qui le terrasse depuis le mois de Janvier dernier. Depuis son transfert à Nouakchott, les autorités de la prison se rechignent en effet à présenter le détenu à des médecins […]. Les faux fuyants le disputent aux subterfuges pour que Djiby s’en aille de sa belle mort à laquelle semblent vouloir le destiner les autorités », poursuit le communiqué.

Le 23 Février 2015, Djiby Sow entamait une grève de la faim et son état s’aggravait d’autant plus rapidement que ses geôliers entravaient le déroulement d’un traitement médical un tant soit peu conforme aux recommandations du médecin traitant ; avant de retarder, sciemment, l’opération chirurgicale d’urgence devenue incontournable, en s’opposant à la prise en charge totale des traitements et soins liés à l’intervention.

Le président de Kawtal souffrirait d’insuffisance rénale. Une situation largement assez problématique pour ne pas en rajouter. Or, s’indignent ses partisans, « chaque fois que ses geôliers consentent à le conduire pour des soins, il est toujours menotté et encadré par trois gardes, comme un dangereux terroriste ! » Une telle « manifeste volonté d’humilier » aurait même indisposé ses médecins. La docteure Mariam Kébé aurait ainsi refusé de l’examiner, tant que l’obligation de présence des gardiens dans son cabinet, au moment de la consultation, ne seraient pas revue.

Le 3 Mars 2015, le professeur Cheikh Ahmed diagnostique des calculs rénaux à extraire, au plus tôt, par opération chirurgicale. Mais ce n’est que dix jours plus tard que Sow peut revoir son médecin. Celui-ci ordonne alors un scanner… qui ne sera réalisé qu’encore dix jours plus tard. D’après la note publiée par l’ONG Kawtal, « chaque fois que la santé de leur président empirait et qu’il réclamait des soins, ses geôliers refusaient de le conduire à l’hôpital, multipliant subterfuges et faux-fuyants ». C’est donc seulement le 23 Mars que Djiby passe finalement au scanner mais les résultats, pourtant prêts depuis le 30 Mars, ne lui seront communiqués que le 5 Mai dernier, soit deux mois après le diagnostic d’urgence émis par le professeur Cheikh Ahmed. Nous voici au 17 Juin : fin d’un calvaire programmé ?

Thiam

Source: Le calame

 

 

 

 

 

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