Editorial de Biladi.

Editorial de Biladi.Une nouvelle affaire de profanation de la religion musulmane éclabousse notre pays, peuplé uniquement de croyants musulmans. Après l’autodafé des livres de jurisprudence islamique en 2012, après l’article diffamatoire contre le prophète, voici la destruction d’exemplaires du livre saint, le Coran, dans la nuit de dimanche à lundi, dans une mosquée de la capitale.

Très en colère, les populations de Nouakchott et celles de l’intérieur du pays sont descendues en grands nombres dans les rues exigeant du pouvoir des sanctions exemplaires contre les auteurs du forfait.

La réponse du pouvoir ou plutôt de son président n’est pas, cette fois-ci, au rendez-vous. Quelque chose a, apparemment, changé au sommet de l’Etat.

Au lieu, comme à son habitude, d’accueillir ou d’accompagner les manifestants, le président ordonne à ses forces de l’ordre de les réprimer sévèrement. Bilan : un mort plus d’une dizaine de blessés et quelques dégâts matériaux. Qu’est-ce qui a provoqué ce changement d’attitude du président ? Est-il arrivé subitement à la conclusion qu’il est dangereux de sacrifier au populisme et de l’adopter comme mode de gestion d’un pays ?

Est-il en train de faire un virage idéologique pour s’orienter entièrement vers des alliés extérieurs exigeants en la matière, lui qui avait rompu les relations avec Israël ? Est-il en passe de préparer l’opinion à une répression contre le courant islamiste devenu, depuis les dernières législatives, la principale force de l’opposition parlementaire ?

Il est peut être tôt de pouvoir répondre à ces interrogations. Toujours est-il que le pouvoir, qui semble bien remettre en cause les faits incriminés, a fait appel à la vieille garde des Oulémas, délaissée depuis la rectification au profit de jeunes faquihs qui n’ont, semble-t-il, pas pris. Depuis lundi, ils passent sans interruption sur le plateau de la télé et à la Radio nationales.

La presse est montrée du doigt par les commentateurs officiels et l’autre, sans préciser de qui il s’agit, est accusé surfer sur cette situation. Pourtant, une telle méthode a peu de chance de calmer la situation. Elle risque plutôt de la compliquer…

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