Education nationale : Une médiocrité bien cherchée

Boubou ThiamPar rapport à la fameuse année de l’enseignement qui s’est d’ailleurs avérée un slogan vide de sens comme celui d’ailleurs de « président des pauvres » , la  moindre de chose que l’on puisse dire est que c’est une honte pour notre pays d’avoir à sa tête des hommes qui ne manquent pas d’occasion pour le ridiculiser aux yeux du monde entier. Quelle honte d’avoir pensé à une année de l’enseignement ! Une et une seule ; quand des pays qui se respectent et dont les dirigeants ont l’amour de la patrie, du peuple et des enfants du pays (L’avenir du pays) ont fait de toutes les années passées, présentes et à venir des années de l’enseignement.

En effet, l’année scolaire 2014- 2015 a été décrétée, année de l’enseignement par Nouakchott. Voila qu’elle a tiré à sa fin avec les délibérations de trois grands examens nationaux à savoir l’entrée en sixième, le Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et le baccalauréat. Quel a ou quels ont été ces fruits ? A-t-elle été différente des autres années passées qui n’ont pas apparemment été pour notre pays des années de l’enseignement ?

Connaissant la médiocrité et la banalité de nos programmes scolaire et assister au passage d’élèves de la 6ème vers le collège à partir de 85 points seulement sur 200 faute d’avoir un pourcentage important ayant 100 points, à l’attribution du BEPC à la majorité d’élèves n’ayant qu’une moyenne générale de 8 points pour la même raison et avec seulement un taux de réussite inférieur à 10% au baccalauréat toutes les séries confondues, l’échec est imminent non ?

Par ailleurs, l’année de l’enseignement aura été également l’année de tous les scandales liés à ce secteur: Suppression injuste et non justifiée des bourses de plus de 3000 étudiants, fuites volontaires d’épreuves, « NET-tricherie » à grande pompe encouragé et toléré, mis en vente aux enchères d’écoles,  mauvaise gestion et mépris des enseignants… Mais rien de tout cela ne fera démissionner personne, pas même un simple conseiller de l’Education nationale. Apparemment personne n’est fautif.  Comme d’habitude.

Cependant, ce n’est pas la démission d’un individu, même de Monsieur le Ministre qui nous fera sortir d’affaire. Le problème c’est bien plus que cela. Ce que nous vivons aujourd’hui n’est rien d’autre que les résultats visés en secret par les nombreuses reformes négatives entreprises entre 1966 et 1999.  En ce sens, laissez-moi dire que la réécriture des programmes des Ecoles Normales d’ Instituteurs n’est que diversion. La solution aurait été de veiller à ce que les ENI accueillent des élèves venus d’une école performante. Mais nous l’avions dit dans un précédent écrit. La crise actuelle de l’éducation a belle bien été cherchée et calculée par le clan détenteur ou plutôt confiscateur du pouvoir politique depuis l’indépendance. Sinon combien des meilleurs remèdes lui ont été proposés ? Il faut comprendre qu’il n’est pas de son intérêt d’instruire  car cela correspondrait à la prise de conscience par le peuple de ses droits sociopolitiques et économiques et à une lutte acharnée exigeant le partage des richesses, la démocratie, l’alternance, voire le renversement du système : la révolution. Quelle âme éduquée, conscientisée, réveillée, formée peut rester silencieuse et inactive face à la situation d’injustice, d’insécurité, de précarité, de pauvreté, d’iniquité, de corruption et de mépris généralisé du gouverné par le gouvernant qu’il alimente ?                                                                                     Que le peuple ne soit à jamais éclairé, qu’il soit un eternel enfant; qu’il ne maitrise aucune langue qui puisse l’approcher de la science surtout pas des sciences humaines et sociales (philosophie, droit, sociologie, anthropologie, histoire, science politique) permet au clan de conserver le pouvoir politique et économique aussi longtemps que possible et de se servir sur le dos du peuple. Tel est le plan. Comprenons-le ! Si ce clan pouvait même supprimer une bonne fois pour toute l’école sans avoir à rendre des comptes à la communauté internationale et aux bailleurs trompés, il l’aurait fait certainement.

Cela dit, ce serait méconnaitre le fond réel du problème que de dire que ce sont les élèves et les enseignants qui sont fautifs. Ces derniers ne peuvent faire sortir de leurs crânes que ce qu’il y a dedans. A système éducatif médiocre, enseignement médiocre et à enseignement médiocre, élèves nuls, bornés, tricheurs et résultat médiocre. L’on ne peut également  jeter la grande faute sur Monsieur « le Ministre » (C’est l’Etat qui fait l’Education et non un homme.) ; il  n’est qu’un petit rouage dans une grosse machine, un figurant sans réel pouvoir de décision qui pourrait cependant être un potentiel bouc émissaire.

La solution serait que nous nous rassemblions, que nous parlions d’une seule et même voix honnête pour nos frères et nos sœurs, nos neveux et nièces pour nos enfants  et surtout que nous agissions à forcer, j’ai dit bien forcer, mais avec stratégie l’Etat à appliquer le bon système éducatif que nous aurions proposé pour l’intérêt de tous.

Mais combien d’entre nous connaissant la vérité ne diront mot ! Combien d’acteurs de l’Education et de l’enseignement (enseignants, inspecteurs, directeurs d’écoles, inspecteurs, doyens des facultés, présidents d’universités) continuerons à se boucher les oreilles, à se voiler la face et à jeter la responsabilité sur « les élèves d’aujourd’hui »!  Combien des parents d’élèves, des formations  politiques, des syndicats, des maires, des députés, des sénateurs n’émettrons le moindre avis ! Combien des jeunes de ma génération ayant un peu échappé au système avec la volonté d’Allah, sachant lire, écrire et analyser n’accompagneront même pas leurs propres petits frères dans leur éducation ! Et combien d’intellectuels et des personnes occupant des postes de haute responsabilité resterons passifs ou même s’érigeront en négationnistes au nom du poste politique octroyé à ce prix ! (Le prix du silence et du nihilisme)

Toujours est-il que le cynisme et le pessimisme n’aideront en rien face à une situation pareille.

 Boubou Thiam

  Etudiant en sociologie

 

                                                                                  

                                                                        

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