Egypte: la justice annule la condamnation de trois journalistes

cour de cassation du CaireRFI : En Egypte, la cour de cassation a annulé ce jeudi 1er janvier la condamnation de trois journalistes de la chaîne de télévision qatarie al-Jazira. Ils avaient été condamnés en juin 2014 à des peines de sept à dix ans de prison ferme pour assistance à une « organisation terroriste » – en l’occurrence les Frères musulmans – et « publication d’informations mensongères portant atteinte à la sécurité nationale de l’Egypte ». Toutefois, les journalistes restent pour le moment en détention préventive.

En acceptant le recours en appel des journalistes d’al-Jazira, la cour de cassation a automatiquement annulé le jugement de la cour d’assises qui avait condamné l’Australien Peter Greste, l’Egypto-canadien Mohamed Fahmy et l’Egyptien Baher Mohamed à des peines allant de 7 à dix ans de prison.

L’inquiétude des familles

L’audience n’a duré que quelques minutes mais le calvaire des familles et des trois journalistes, lui, pourrait durer encore plusieurs mois. Marwa Omara est la compagne de Mohamed Fahmy, ex-chef du bureau d’al-Jazira en Egypte. Elle essuie ses larmes à la sortie du tribunal 15. « Mes sentiments sont confus, explique-t-elle. J’espérais que la Cour demande un nouveau procès mais j’espérais aussi qu’il(s) soi(en)t libéré(s) par « un miracle » ou quelque chose comme ça, le nouveau procès va prendre beaucoup de temps, peut-être un an, je ne peux pas croire que Mohamed va rester derrière les barreaux pendant tout ce temps ».

Le frère de Mohamed Fahmy, lui, veut garder espoir alors que les relations entre l’Egypte et le Qatar se sont détendues ces dernières semaines. Pour les journalistes d’al-Jazira, c’est la crise diplomatique entre les deux pays qui a éclaté après la destitution de Mohamed Morsi qui est à l’origine de l’affaire. « Je crois qu’il y a certains signes positif, j’espère que le processus de réconciliation entre le Qatar et l’Egypte va se poursuivre, c’est ce qui me rend optimiste mais vous savez c’est affreux de voir son frère enfermé de cette façon depuis plus d’un an de manière totalement injuste ».

Dans l’attente d’une grâce présidentielle

Ces accusés sont aujourd’hui considérés comme innocents jusqu’à preuve du contraire. Toutefois, c’est à la nouvelle chambre de cour d’assises devant laquelle les journalistes comparaîtront de décider s’ils peuvent être libérés sous caution ou s’ils demeureront en détention préventive jusqu’à la fin du procès. Le juge n’a pas fixé de date au nouveau procès, ont fait savoir les avocats de la défense, qui pensent cependant qu’il pourrait s’ouvrir d’ici un mois.

Conformément à un amendement de la loi de procédure pénale, le président Abdel Fattah al-Sissi peut gracier les accusés. Il y a un mois, il a fait savoir qu’il en étudiait la possibilité. Une solution à laquelle se racrochent les familles des journalistes.

Un procès très critiqué

Les journalistes, arrêtés en décembre 2013, avaient été condamnés en juin 2014 à la prison pour « association avec une organisation terroriste » – les Frères musulmans – et pour « publication d’informations mensongères portant atteinte à la sécurité nationale ».

Leur procès avait été très critiqué à l’étranger en raison du manque de preuves et de la façon désordonnée avec laquelle il avait été mené.

Avec nos correspondants au Caire, Alexandre Buccianti et François Hume

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