Egypte: la « transition démocratique » promise au point mort

Des avocats ont manifesté, dimanche 1er mars au Caire,RFI: La Haute Cour Constitutionnelle du Caire a jugé inconstitutionnelles les lois électorales encadrant l’organisation des législatives, dont le premier tour doit commencer le 21 mars prochain en Egypte. Ces élections pourraient donc être reportées, une nouvelle fois, de plusieurs mois. Depuis des semaines déjà, c’est une immense confusion qui règne autour ces élections : boycott de plusieurs partis, climat politique et sécuritaire tendu, retour des leaders de l’ancien parti unique… La « transition démocratique » promise par les autorités égyptiennes est au point mort et certains doutent même de la réelle volonté politique de voir des élections parlementaires se tenir rapidement.

Plusieurs partis politiques avaient porté plainte contre les lois électorales encadrant l’organisation des législatives et depuis des mois nombreux sont ceux qui prévenaient le gouvernement de l’inconstitutionnalité. Mais si la décision ne tombe que 21 jours avant les élections, ce n’est pas un hasard pour le politologue Mustapha al-Seyad : « Ils ont maintenant toute la liberté à faire passer des décrets législatifs. Il n’y a pas de Parlement donc ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent sans qu’il y ait une institution qui pourrait, je ne sais pas, au moins poser des questions à ce gouvernement. »

Avant même la décision de justice qui peut avoir pour conséquence un report de six mois à un an des élections, la confusion régnait autour des législatives. Onze partis ont d’ores et déjà décidé de boycotter le scrutin en raison des atteintes aux libertés dont sont victimes les opposants politiques mais aussi face à la volonté d’affaiblir les partis politiques.

« Ils veulent produire le même Parlement qui existait sous Moubarak, comme si le rôle des députés était uniquement d’offrir aux habitants des petits services dans le but d’obtenir leur voix, en leur promettant de réparer une route ou de financer une école, dénonce Khaled Dawoud, le porte-parole du parti al-Dostour. Mais ce n’est pas ça l’esprit de la révolution du 25 janvier 2011, ce n’est pas ce que voulaient tous ces gens qui sont morts dans l’espoir de bâtir un pays totalement différent. On est en train d’assister à la reproduction du système Moubarak, et même pire sous certains aspects. »

Le président al-Sissi a néanmoins demandé que les lois électorales soient réécrites en moins d’un mois pour que les législatives puissent se tenir. Mission impossible répond le porte-parole de la commission électorale, Omar Marwan.

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