ÉGYPTE: PATERNALISME MILITAIRE SOURCE DE RÉGRESSION

Takhyoullah-egypte

La démocratie «outragée», la démocratie «brisée», la démocratie «martyrisée» et l’Égypte n’a pas été «libérée»! Voici le constat d’aujourd’hui qu’on n’a de l’éphémère démocratie égyptienne, pour reprendre les propos historiques prononcés par le générale De Gaulle en 1944.

Encore des militaires indisciplinés. Encore des militaires intervenants à l’improvisation, sortis de nul part, avec des stratégies et des politiques improvisées qui n’ont rien de rassurant.

Certes, le Président Morsis n’a pas cultivé la sympathie; ni du point de vue de la bonne gouvernance, encore moins sur le plan des libertés civiles. Il n’en demeure pas moins qu’il a été élu il y a juste quelques mois par la majorité des votes exprimés aux urnes, au terme d’un processus électoral libre et transparent. À ce titre, et non le moindre, il mérite d’être respecté jusqu’au terme de son mandat. Oui, le Président Morsis a commis des erreurs de jugement, de leadership, de mise en œuvre de son programme politique, de cécité, voire d’aveuglement. Mais ce ne sont là que des éléments qui militent certainement contre sa réélection, mais jamais, au grand jamais, pour sa destitution de son poste de Président légitime, par une armée sensée le protéger aux termes de la Constitution.

Ce n’est pas parce qu’une partie de citoyens du pays s’est rassemblée avec des revendications tous azimuts, légitimes soient-elles, que la dynamique démocratique en Égypte doit être interrompue.

Il est temps que les armées de nos pays sous-développés, restent dans leurs casernes et s’éloignent du jeu politique et socio-économique, lesquels doivent rester exclusivement du domaine des acteurs politiques, et ce, peut importe les conséquences.

En prenant part pour une partie de la population contre une autre, au nom de la « sauvegarde de la révolution » (concept vague et qui n’a ni queue ni tête, qui n’a d’existence que dans la rue), l’armée égyptienne accentue la division, sort de sa neutralité retrouvée, et rompe avec son engagement d’armée républicaine.

Il faut laisser le peuple se débrouiller dans le jeu de la démocratie et ainsi lui permettre de tirer les enseignements de ses erreurs et de ses choix. Constater par lui même les limites de ses institutions et apprécier combien la paix sociale est précieuse. Ce n’est qu’après avoir fait l’apprentissage de ce processus douloureux, qu’une culture politique émergera inévitablement. C’est à ce niveau, et pas avant, qu’on peut espérer voir l’aurore de la démocratie. À cet égard, la révolution française en n’a été l’exemple à méditer.

Maître Takioullah Eidda, avocat

Québec, Canada

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