Election du 23 novembre : les maux du vote

femme electrice sous l'ombre RIMWEB © Ce 23 Novembre, les mauritaniens se sont rendus dans les bureaux de vote pour les élections législatives & municipales tant reportées. Même si l’on constatait de l’affluence dans beaucoup de bureaux de vote, beaucoup de votants ont déploré «  la lenteur de l’opération de vote » sous un soleil ardent où les mauritaniens ont voté pour la 1er fois un samedi. Un scrutin supervisé par 190 observateurs de l’observatoire national de surveillance des élections(ONSEL).

Un vote  dont  « la mauvaise organisation »  est pointé du doigt par un membre de l’Union Force Sociale Mauritanie rencontré au lycée de Sebkha qui qualifie l’élection de « zéro » estimant que « les gens sont toujours en campagne » allusion faite  des militants qui distribuaient des affiches de leurs candidats.

Election législative & municipales : constats & attentes des électeurs

Dans le même centre de vote cet autre électeur Diop Hamady Khalidou l’air épuisé par des heures d’attentes déclare que «  la lenteur du vote provient des bureaux » critiquant les causeries dans les lieux de vote autour de thé. Une chose qu’il trouve « anormal » ne sachant pas quand voter tant le rang est encore long. Une accusation dont se défends Abderrahmane Ahmed Jiddou président du bureau 13 dont l’isoloir a été « fabriquée » avec les moyens du bord.

Disposé à répondre à nos questions « sans tabou » Abdallah Ould Miské de la CENI justifie la lenteur de l’opération de vote en ces termes : «  en fait les gens ne connaissent pas comment voter, ils n’ont pas été suffisamment sensibilisés, là on n’a pas le temps pour ça» signalant au passage que : « la salle n’est pas prête » ajoute-il.

Au niveau de la mairie d’El mina, notre équipe s’est rendu au bureau 7 &8 dont le président de bureau est Hamada Ould  Ahmed Jiddou . Interrogé sur la lenteur du processus de vote par Rimweb, ce dernier répond que « tout ce passe bien dans son bureau » ouvert dès 7h. Dans ce local de 755 dont 150 votants (à 11h45), des représentants de bureaux comme Ba Fatimata Tiwal du Parti Dignité d’Action a signalé le fait que certaines personnes n’ont pas pu retrouver leurs cartes d’électeur. Par ailleurs des électeurs dans l’attente de voter nous ont signalé le fait que de « représentants de partis distribuent des carte d’électeurs ». Notre interlocuteur déplore le fait des membres de la CENI « ferme les yeux sur cette pratique qui peut être source de tension » explique Diop Samba pour qui c’est « une élection mal organisée ». Selon lui, « il ya une distribution de carte d’électeur en dehors de la CENI, les membres de la  CENI veulent que les gens rentrent sans  voter, il ya 60 personnes devant moi ».

Un scrutin à l’issu duquel des électeurs espèrent « le changement et l’égalité » comme nous a confié une jeune électrice.

A l’école 1 de Mékeu 1 à Tarhil, des mères de familles comme Aichetou Moustapha une admiratrice de l’UPR (Union pour la République) dans l’attente de vote depuis 2h  espère à l’issu de ce vote porter leur choix sur des femmes & hommes pouvant leur offrir de dispensaires adéquats, l’électricité et l’eau potable. Pour cette autre habitante Aichatou Mint Sidatt qui dit avoir résisté au « tentative d’influence » la priorité se résument à l’éducation & la santé. D’après elle, leur quartier est un dépotoir d’eau sale.

Coup de flash sur l’Observatoire des Elections

Il faut que dire que dans le cadre de la tenue de ce scrutin un observatoire national de surveillance des élections (ONSEL) a été mis en place mais tardivement : www.onsel-mr.org

 Cette structure dont le mandat est de 3mois estime avoir lors d’un point de presse le 21 novembre au palais des Congrès : « demandé à tous ses représentants de couvrir le maximum possible » cette élection organisée par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) : www.ceni.mr

Selon Le président de l’observatoire national de surveillance des élections (ONSEL) Taki Ould Sidi, l’ONSEL dispose de pouvoir pour saisir l’autorité compétente en cas de manquement pouvant remettre en cause la crédibilité du scrutin.

En attendant l’ONSEL lave sans doute son ligne sale en famille. Une de ses observatrice Toutou Ahmed Jiddou a jugé le 21 novembre que c’est « un observateur familial, j’ai constaté que ce sont des liens de famille qui comptent (…à je ne suis pas un membre acheté» fustigeant ainsi le manque de critère des observateurs de l’ONSEL.      

Awa SeydouTraoré

RIMWEB

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