Election d’un Président de l’Université : mettre fin aux magouilles

universités mauritanieL’Université mauritanienne n’a pas fini de traverser des moments difficiles depuis la mis en place du Programme d’Ajustement Structurel qui a déstabilisé les structures d’accueil, paupérisé le corps enseignant et les étudiants.

Qui pis est, le nombre de plus en plus important d’étudiants a contribué à la vétusté des infrastructures et des campus. Les filières étaient aussi inadaptées aux offres d’emplois du marché du travail.

De nouvelles infrastructures universitaires ont été créées et des reformes engagées afin de mieux mettre en adéquation les filières enseignées et les besoins de l’économie mauritanienne. De nouveaux campus universitaires ont été érigés, cherchant à doter le pays d’infrastructures universitaires adéquates avec une priorité donnée aux disciplines scientifiques et professionnelles pour une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi.

L’université des Sciences et Techniques et l’Université de Nouakchott que compte le pays ont été fusionnées en une structure dénommée Université de NouakchottAl ASSRYA pour mieux mutualiser les ressources humaines et financières afin de relever les nouveaux défis auxquels notre enseignement supérieur est confronté depuis belle lurette. Dans la même foulée, un appel à candidature à été lancé pour élire un nouveau Président qui sera placé à la tête de cette Université fusionnée.

Cette élection est un tournant majeur dans la vie de la nouvelle Université née de la fusion des deux anciennes. En effet, le Président d’une Université est chargée de diriger, de coordonner la vie universitaire et ses structures. A ce titre, il est un élément incontournable pour traduire les politiques publiques en matière d’enseignement supérieur et de recherche scientifique.

Ainsi l’expérience professionnelle et académique, la pratique administrative et la qualité du projet doivent être les piliers essentiels qui dicteront la démarche sélective pour éviter les erreurs du passé. Il est clair que les élections antérieures ont été entachées de magouilles non sans incidence sur la vie universitaire et sur sa stabilité et ce, depuis la création de l’Université de Nouakchott. Les cycles de grèves à répétition, les mouvements d’humeurs ne sont que l’expression d’une mauvaise gestion administrative des précédents Présidents.

Pour briguer le mandat à la présidence de l’Université, le candidat doit donc préalablement établir toute une stratégie électorale, construire tout un programme crédible, rationnel et mûrement réfléchi. Le programme électoral doit comporter un constat empirique qui émane d’une grande expérience, une sorte de compilation synthétique des fonctions universitaires antérieures exercées et de propositions de perspectives porteuses d’espoir. La commission doit aussi travailler en autonomie, à l’abri de toute pression extérieure de nature à influencer la procédure sélective, comme de par le passé.

Placé à la tête du dispositif universitaire, le Président de l’Université est une clé de voûte ou une pierre angulaire qui offre à l’édifice toute sa cohérence, sa continuité et son efficacité. Au lieu de parachuter une personnalité quelconque recommandée par une haute autorité de l’Etat, l’Université de Nouakchott gagnerait en crédibilité et en efficacité lorsque toute la transparence s’entoure de la procédure de l’élection de bout en bout pour que l’universitaire le plus méritant se dégage du lot des candidatures.

Le prochain Président doit s’appuyer donc sur une expérience et une bonne connaissance du milieu universitaire pour faire face efficacement aux multiples arbitrages quotidiens pour ramener toutes les forces centrifuges au tour de l’essentiel qui est d’assurer un enseignement supérieur de qualité. Il est aussi le garant de la cohésion et de l’unité de l’ensemble organisationnel. Il est donc préférable de choisir une personnalité d’un large consensus qui a déjà fait ses preuves dans d’autres circonstances universitaires, en occupant des fonctions similaires, pour capitaliser cette expérience.

Le Président potentiel doit incessamment se poser cette question : est-ce que ma candidature est une suite logique par rapport à mes fonctions antérieurement exercées au sein de l’Université ? C’est dire, qu’il doit avoir exercé des responsabilités au sein de la structure mais aussi être réceptacle d’une caution morale indispensable à l’éthique.

Cette contribution est une mise en garde contre les pratiques antérieures qui ont toujours décrédibilisé l’élection du Président de l’Université de Nouakchott. Il est tout aussi souhaitable que la commission, constituée d’universitaires pour la première fois, puisse accompagner le ministre de l’Enseignement Supérieur à la soumission au Président de la République des six candidats pré-sélectionnés. Si toutes les élections antérieures ont été entachées d’irrégularités, de magouilles, ont été à la solde de certains lobbys tapis dans l’ombre, l’Université de Nouakchott a une nouvelle chance de se ressaisir pour marquer définitivement un tournant décisif, réputée qu’elle est pour ses magouilles dans les procédures d’élections de son Président depuis sa naissance.

La commission constituée d’universitaires est une première. Elle est plus qu’interpellée pour relever le défi de la transparence pour que le prochain Président ne soit pas imposé mais élu à la lumière de ses expériences universitaire, académique et administrative mises au service exclusif de l’institution universitaire.

Dr. Mohamed Alpha  Professeur des Universités 

Source : Dr. Mohamed Alpha

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