Elections du 23 : La crise politique s’aggrave, cas de l’Adrar

vote caissePour n’avoir pas réussi à entraîner la moitié de la Mauritanie (politiquement parlant) à participer aux élections législatives et municipales du 23 Novembre, à savoir la coordination de l’opposition démocratique( COD), les pouvoirs publics ont enfoncé davantage le couteau dans la plaie de la discorde nationale.

Aux mécontents habituels s’ajoutent désormais de nouveaux mécontents inhabituels. Les souteneurs hier du programme gouvernemental s’entre-déchirent déjà publiquement entre eux, faute d’adversaire extérieur.

En fait, une chamaille familiale (jeu d’enfants) voulue et manipulée par les parents, consistant à dénombrer les clans tribaux de base ( fer de lance et outil de leur propagande ), partis satellites et partis participationnistes , pour ensuite phagocyter le tout par absorption ( à la fin des élections) dans la mouvance du président Abdel Aziz.

N’est ce pas bonne préparation en prélude aux élections présidentielles futures ? En Adrar, comme-semble-t-il – partout dans les autres régions, Le parti –Etat UPR, s’est vu donc, dés sa décision de publier ses listes électorales, vidé ouvertement et /ou discrètement de certains de ses ténors et militants.

Lesquels très vexés apparemment par le choix de leur parti, se sont jurés de lui porter un dur coup quitte à « s’allier avec le diable ». Ils ont donc présenté à la va-vite des listes qui lui sont opposantes, sous parapluie de « petits » partis peu connus(sortis du néant) ou en montant des coalitions avec d’autres partis non « boycotistes » .

L’engouement semble plus exacerbé au niveau des législatives que les municipales. Peut être parce que les listes communales comportent plusieurs conseillers (21 pour la plupart) et chaque groupe social y trouve un représentant et/ou parce que la mission municipale est « ingrate » : corvée poubelles, recouvrement des taxes prés de personnes pauvres, budgets réduits, accueil et réceptions sans moyens, maintenance des infrastructures de santé, éducation, cas sociaux etc.

Aussi, la plupart des maires sortants qui se représentent sous l’égide de l’UPR, sont peu menacés de perdre leur fauteuil, mais verront dans leur futur collège – proportionnalité oblige- des nouvelles têtes issues des nombreuses listes « adverses » (2 à Choum ;2 Tawaz ; 2 Ain Ehel Taya, 8 Atar, 4 Aoujeft, 2 Maaden ; 2 Meddah ,2 Ouadane et 2 Chinguetti) .

Par contre au niveau de la députation, le duel est déjà et sera très rude. A Ouadane, Chinguetti, Aoujeft et Atar, les aguerris et inamovibles Louleid Weddad, Arbi Jiddeyn, Moctar Zamel et Sidi Mohamed Maham laisseront certainement des plumes post bataille, quelqu’en soit le gagnant…

Dans toutes ces Moughata en effet, les « y’en a marre des anciens » gagnent du terrain. 16 listes et pas des moindres dont 8 à Atar s’affronteront le 23.Frustrations, humiliations , invectives, mépris,parfois haine animeront trés probablement la campagne électorale du 8 au 21 Novembre.

Un divertissement en 15 jours ,comme on n’en a connu par le passé qui,au bout du compte, accentuera davantage la crise politique déjà profonde, car demain, au parlement et dans les communes, un silence de tombe couvera l’évocation des vrais problèmes du pays…Et en 2014 , un seul candidat « présidentiable », se succédera à lui-meme, assuré de remporter les élections, haut la main au 1er tour , avec cette fois 99,99 au lieu de 52% des voix. Que Dieu guide nos pas….

Ely Salem Khayar

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