Elections du 23 Novembre 2013: l’heure de mettre le pierd à l’étrier

DR Sidi El Moctar Ahmed TalebLe verdict est finalement tombé pour ce qui est des listes de l’Union Pour la République (UPR , candidates pour les élections municipales et législatives du 23 novembre prochain. Celles des autres partis politiques présents dans la courses sont connues, à des détails près, des observateurs de la scène politique nationale bien qu’un éventuel amendement reste possible ou sûre même.

Dans plusieurs endroits du pays, les adhérents et sympathisants de l’Union Pour la République sont inquiets et leur inquiétude vient des critères sur la base desquels ont été choisis les hommes et les femmes devant défendre les couleurs de leur parti dans le prochain scrutin. En d’autres termes, d’anciennes pratiques semblent être encore présentes pour entacher la confection des listes et rendre incertain l’engagement des parties laissées dans la bataille électorale locale, en particulier. Partout en Mauritanie, les gens auraient souhaité de choisir les candidats ayant les plus grandes chances d’être élus qu’ils aient ou non les moyens de financer leurs campagnes ou qu’on déroge parfois à la règle de l’équilibre entre tribus, ethnies ou sensibilités politiques au niveau d’une quelconque localité. Pour eux, l’UPR aurait pu faire d’une pierre deux coups : multiplier ses chances d’obtenir la majorité au niveau des conseils municipaux et de l’Assemblée Nationale, amorcer un changement progressif dans la classe politique comme le veut le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz et préserver davantage la concorde et la cohésion de l’électorat pour des présidentielles qui frappent à la porte. Pour beaucoup d’observateurs, les insuffisances des listes de l’UPR augmentent la chance de réussite de certains adversaires et risquent de dissiper les acquis du dialogue de 2011, notamment en ce qui concerne l’interdiction de la candidature indépendante et du nomadisme politique sous sa précédente forme. Se présenter sous l’insigne d’un parti sans siéger auparavant dans l’une de ses instances et sans payer au moins une fois de cotisation ou détenir une carte d’adhésion, interpelle une refléxion à ce sujet de la part de ceux qui se soucient de la promotion d’une démocratie mauritanienne encore trébuchante ou balbutiante. Alors, les faits sont là et doivent rapidement être consommés. En conséquence, l’heure est plutôt, pour l’UPR, à la mise du pied à l’étrier. Il s’agit de procéder dès à présent – et avant même la validation des candidatures pour les législatives- à l’évaluation de la situation afin d’identifier aussi bien les erreurs et torts commis au niveau de chaque circonscription électorale que leurs victimes. Ces mesures devront également s’accompagner de campagnes d’explication et de sensibilisation destinées à réconcilier tous les groupes visés en vue de les emmener à surmonter le choc et à soutenir les candidats déjà en lisse. A la lumière des résultats de cette opération, on pourra essayer d’endiguer globalement la nouvelle situation à travers la présentation d’excuses aux représentants des populations ayant subi des préjudices et/ou la nomination à des postes conséquents d’individus objets de consensus au niveau de leurs groupes sociaux sans se soucier, à ce stade, des qualités des individus à choisir. D’autres efforts devront également être déployés pour améliorer les performances de la CENI afin qu’elle puisse gagner la confiance des acteurs présents dans la course et organiser des élections transparentes et justes. Selon une frange de la population, l’incertitude qui a accompagnée la fixation d’une date définitive pour l’organisation de ces élections, l’incapacité technique des stuffs de cette CENI et le retard dans la mise en places des moyens matériels et financiers requis, constituent des handicaps difficilement rattrapables dans les délais qui restent. Pour cette même frange, le vide laissé par le boycott du RFD et de l’UFP parmi les partis politiques formant la COD, est grand et ne manquera pas d’une part, de marquer la crédibilité de tout le processus d’organisation de ces élections et des résultats qui en sortiront et de l’autre, d’affecter la qualité des débats dans lac prochaine assemblée nationale. Concernant le RFD, des citoyens soutiennent, par contre, qu’il tire sa force de la valeur intrinsèque de son Président et de la crédibilité supposée de celui-ci auprès de pays influents dans la vie du pays. C’est pourquoi on constate l’afflux des électeurs vers ce parti lors de toute élection présidentielle et leur reflux massif dans le reste du temps ; pendant la période d’entre deux élections présidentielles, ce parti et tewassoul fonctionnent comme des vases communiquants et perdent, tous deux, beaucoup de sympathisants en faveur du parti gagnant (Parti de l’Etat). Par son boycott actuel, le RFD rend l’ascenseur à Tewassoul qui l’a toujours aidé implicitement et même explicitent dans plusieurs échéances électorales passées et risque de ne plus retrouver, à cause de cet acte, la même vigueur lors des présidentielles à venir. Quant à l’UPF, il a un noyau dur de vieux compagnons ayant vécu, ensemble, une partie de leur vie et partagé des moments inoubliables tout au long de leur parcours politique et administratif. Autour ce noyau, gravitent des générations qui ne doivent, normalement, avoir aucune forme d’échange ni entre elles ni avec le noyau, source indiscutable de toute force d’action pour le parti. Sa dernière crise a fait monter à la surface un conflit de générations et a donné raison à ceux qui s’étaient opposés à l’embarquement, dans les instances du partis, d’hommes et de femmes qui ne partagent pas les principes fondamentaux qui ont toujours soudé les rangs des dirigeants et de la majorité des militants. En somme, l’âge et la maturité peuvent parfois conduire à un pragmatisme qui se confond avec un compris noué, lui aussi, au nom d’une tactique dictée, à son tour, par une conjoncture défavorable. A propos, cette manière de coopter n’importe quel nouveau venu, est un véritable risque qui guette aussi Tewassoul dont l’action est fortement handicapée par l’absence, à sa tête et dans ses instances dirigeantes, d’un Alim qui serait connu pour ses distances par rapport à l’Islam politique. Par ailleurs, des avis convergent sur le fait que la nouvelle COD payera cher la facture de l’absence de certains partis aux Conseils municipaux et à la chambre haute, tribune que leurs élus avaient intelligemment exploitée ces dernières années en faveur de notre jeune démocratie. Chère aussi pour cette Coordination, sera la facture de l’entretien et du fonctionnement que ses partis auront à payer, sur fonds propres, pendant cinq ans. Selon les mêmes avis, les résultats des prochaines élections permettront plutôt de jauger la pertinence des choix faits par les instances des partis (notamment l’UPR) ainsi que l’ampleur des enjeux locaux par rapport aux rôles des partis politiques et à la pertinence de leurs programmes de campagne. Pour le parti au pouvoir, tout éventuel échec dans une circonscription électorale donnée, lui sera imputable et/ou au candidat lui-même et jamais au Président de la République. Celui-ci tire son crédit de la pertinence de certains axes de son programme électoral de 2009 et de ses nombreuses réalisations dans des domaines qui impactent particulièrement la vie des couches les plus démunies. Alors ce que pensent certains qu’on peut reprocher à son Excellence sur le plan purement politique, échappe à 99 % des 52 % de ceux lui ont voté en 2009 et qui seront encore prêts à lui donner leurs voix en 2014 ; de telles insuffisances, seront certainement corrigées au cours des deux premières années du deuxième mandat à travers l’organisation d’un dialogue plus inclusif suivi certainement d’élections municipales et législatives anticipées. Sera-ce peut-être l’occasion d’évaluer les résultats de l’approche de l’UPR consistant à rechercher, à travers le choix de ses candidats, un certain équilibre entre les mouvements idéologiques et les autres spécificités de notre société. Chers citoyens de la COD, gardez vos salives ! on est encore en 2013. Quant à vous, participants aux prochaines élections, vos sourires devront être les plus discrets possibles. N’est-ce pas dit-on que l’avenir est synonyme de l’inconnu ?

Docteur Sidi el Mokhtar Ahmed Taleb

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge