Elections : Le boycott, une option hautement probable

La frénésie qui gagne les partis politiques, de la majorité et de l’opposition, fait penser que les élections approchent. D’aucuns considèrent que cette election boycottfin d’année 2013 et le début de 2014 seront décisifs pour la sortie de crise par l’organisation d’élections générales (municipales, législatives et présidentielles) auxquelles la Commission électorale nationale indépendante (CENI) s’attèle depuis plusieurs mois.

L’Union pour la République (UPR), parti au pouvoir en Mauritanie, qui n’a jamais participé encore, en son nom, à un scrutin, fait partie des formations qui ont hâte de descendre dans l’arène politique. C’est donc en toute logique que cette formation qui dispose d’une majorité parlementaire confortable, cherche également à prouver qu’elle a le suffrage des populations. D’autres formations comme Al Wiam, nées après les élections de 2006-2007 ont également besoin de s’affirmer dans cette nouvelle configuration politique qui déterminera, pour cinq ans, les rapports de force entre le pouvoir et l’opposition. Mais, d’un autre côté, c’est le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) qui attire aujourd’hui tous les regards. La tenue d’un congrès extraordinaire de ce partie, qui compte parmi les poids lourds de la Coordination de l’opposition démocratique (COD), n’ira probablement pas à ces élections ! Parce que la formation du chef de file de l’opposition démocratique, Ahmed Ould Daddah, ne croit pas à la possibilité d’organiser un scrutin libre et transparent, dans les conditions actuelles.

D’aucuns pensent, à ce sujet, que le président du RFD et les membres du Bureau exécutif, qui ont la compétence de prendre une telle décision, sont pour le boycott des prochaines élections. Mais d’après des informations rapportées par des médias locaux, la crainte qu’une telle option privilégiant le boycott ne mette out le RFD pour cinq longues années, pèse aussi lourdement dans la balance et pousse certains à vouloir contrecarrer ce choix qui, en fin de compte, pourrait n’être qu’une autre manière de mettre la pression sur le pouvoir.

Une manœuvre bien pensée certes mais à condition qu’elle soit partagée par les autres partis qui comptent au sein de la COD (Tawassoul, Ufp, entre autres) pour que la menace du boycott produise l’effet escompté, au moment où l’initiative du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, bat de l’aile et commence même à faire douter certains milieux politiques de son opportunité.

Toutefois, la source qui a évoqué l’éventualité du boycott par le RFD des prochaines élections a reconnu que le bureau exécutif a choisi de prolonger sa session jusqu’au 27 juin courant et de retarder l’annonce du boycott, pour permettre à ses membres de prendre leur décision finale. Une sorte de suspens qui permet à toutes les parties (majorité, COD, CAP) de mesurer à sa juste valeur l’ampleur de la menace et d’accélérer, autant que faire se peut, le processus enclenché, depuis plusieurs mois, pour trouver une issue à la crise.

Car, quoi qu’on dise, le boycott des élections n’arrange personne. Ni le pouvoir qui sera accusé d’avoir tout fait, poussant l’opposition dans ses derniers retranchements, pour avoir des élections faciles, ni la COD (ou les partis qui auront choisi de ne pas s’aligner) parce que cela équivaut pour eux à une mort politique où, dans le meilleur des cas, à une perte considérable sur l’échiquier des rapports de forces au sein du Parlement et des conseils municipaux.

Qu’en pense le reste de la COD  ?

Mais c’est sans doute du côté de la COD qu’il faut regarder pour voir les réactions. Le principe de la Coordination ne serait-il pas de se concerter sur toute décision d’importance à prendre ? Ou bien les formations qui composent la COD ne s’entendent que sur le  » rahil  » (départ) du président Aziz, l’organisation de manifestations de rue et le discours que l’on entend tous les jours ? Même si l’on croit savoir que le parti  » Tawassoul « , d’obédience islamiste, est le plus  » chaud  » pour aller aux élections, voulant s’essayer à ce qui a permis aux formations qui partagent avec lui la même idéologie d’arriver au pouvoir en Egypte, en Tunisie, au Maroc et en Libye, il était nécessaire, pour pousser le pouvoir à faire des concessions, à afficher un semblant d’unité tant que la date de l’organisation des élections n’a pas été définitivement fixée. Car n’oublions pas que le communiqué de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a donné qu’une fourchette et que les opérations qui se mènent en amont du scrutin (enrôlement, ravel, fichier électoral, etc) piétinent encore.

C’est pour dire que l’opposition, qui est actuellement dans la meilleure de ses formes, si l’on tient compte des mouvements de revendications et du pouls de la rue, ainsi que de ralliements sans précédents (partis), n’a pas intérêt à être divisée par cette question de participation ou de boycott. Elle doit continuer à  » presser  » le pouvoir pour qu’il accepte de revoir certaines décisions concernant la composition de la CENI, l’enrôlement, la neutralité de l’administration et l’utilisation des moyens de l’Etat pour s’assurer un minimum de transparence des élections.

La COD doit aussi savoir que la lune de miel entre le pouvoir et la CAP peut prendre fin à tout moment. Car dans ce jeu au chat et à la souris, il y a de fortes chances que les résultats du dialogue déçoivent. Et qu’on soit obligé, contrairement à la volonté du camp du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, à revenir à un dialogue bis avec la COD ! Autrement, à revenir à la case de départ, sans vraiment être assuré que cette fois soit la bonne. Le pouvoir joue, sans aucun doute, sur le temps, mais l’opposition peut aussi tirer profit de ce qui ressemble, de plus en plus, à des actes politiques posés sans réflexion aucune. Autrement, une navigation à vue perceptible à tous les niveaux et qui, dans le domaine de l’économique et du social, peut être fatale à un pouvoir qui donne l’impression d’être débordé de tous côtés.

MOMS.

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