Elections législatives et municipales : L’UPR promet d’écarter les candidats « façons »

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Le parti au pouvoir en Mauritanie, l’Union Pour la République (UPR), multiplie les sorties, les tournées, les réunions et les déclarations intempestives, à l’orée d’élections législatives et municipales qu’il semble seul à préparer. A ce jour, aucun des cinquante et poussière partis de sa nébuleuse n’ont pipé mot, ni manifesté le moindre signe par rapport à ces échéances, tandis que côté opposition, les lignes ne semblent guère avoir bougé. C’est la même intransigeance de boycott si l’unilatéralisme continue de régir l’organisation des futures élections. Suprême luxe face à des adversaires imaginaires, il aurait été décidé au sein de l’UPR d’écarter les candidats « ripoux », tous ces barons qui ont eu, à un moment ou à un autre de leur carrière, à se reprocher quelques écarts de gestion ou de comportement.

Alors que le recensement administratif à vocation électorale (RAVEL) attire encore peu de potentiels électeurs une semaine après son lancement, l’UPR semble être le seule parti politique en Mauritanie à préparer les prochaines consultations électorales prévues en septembre-octobre 2013. Selon certaines rumeurs, il serait même probable que la convocation du collège électoral se fasse lors du présent conseil des ministres.

En attendant, dans les rangs du parti au pouvoir, c’est le branle-bas-de-combat, avec les missions du parti qui succèdent à celles des membres du gouvernement pour quadriller le pays et prendre les « réalisations » de Mohamed Ould Abdel Aziz comme viatiques pour remplir les deux chambres du Parlement et les conseils municipaux. Les cadres de l’UPR viennent ainsi d’exhorter leurs militants et cadres à bien préparer les prochaines échéances électorales, à travers notamment une bonne maîtrise de la cartographie électorale du pays, tout en mobilisation les sections de base du parti au niveau de l’ensemble des circonscriptions. Il s’agit pour les pontes du parti d’éviter surtout les parachutages de candidats dans des circonscriptions où ils ne reçoivent pas l’unanimité des soutiens. Une pratique récurrente de l’ancêtre « PRDS » où un candidat soutenu par le parti servait de légitimité pour l’imposer dans n’importe quelle circonscription électorale.

Les répétions d’ensemble initiées par l’UPR pour distiller ses consignes se sont beaucoup multiplié, notamment en ce mois de juillet situé en plein ramadan. Lors d’une de ces répétitions au Palais des congrès de Nouakchott, il aurait ainsi été question de la mise à l’écart de tout candidat ayant des antécédents de « Ripoux ». Une telle décision avait soulevé une salve de salutations, tout en suscitant quelques grognes. Certains considéraient que la proposition était tout simplement provocante.

Il faut dire que l’UPR, le parti-Etat crée après l’élection de Mohamed Ould Abdel Aziz à la présidence de la République en 2009, n’a encore participé à aucune élection et ne compte aucun élu sous sa bannière. Il a simplement bénéficié du renflouement de beaucoup de transfuges ayant abandonné leur parti pour le rejoindre. Les prochaines échéances constituent ainsi pour ce parti qui ambitionne de détenir la majorité future aussi bien dans les deux chambres du Parlement que dans les conseils municipaux, un véritable baptême de feu.

Pendant ce temps, la Coordination de l’opposition démocratique (COD) qui vient de démentir une information selon laquelle elle aurait exhorté ses militants à s’inscrire sur la liste électorale, a de nouveau renouvelé ses positions par rapport aux scrutins législatifs et municipaux en vue. Pour cette coalition de partis de l’opposition dite radicale, rien de nouveau dans leur position. La COD continue d’exiger l’organisation consensuelle des futurs consultations sur des bases saines, transparentes et crédibles. A défaut, elle a décidé de ne pas prendre part à ce qu’elle considère être une mascarade électorale.

Cheikh Aïdara

Source : Lauthentic

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