Elections législatives et municipales : Une scène en pleine ébullition

SCENE POLITIQUE - RIMWEB.NETLes préparatifs vont bon train pour le scrutin législatif et municipal du 23 novembre 2013, marqué par l’implosion de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) dont deux des plus puissants partis ont finalement décidé d’aller au charbon, brisant ainsi la consigne générale de boycott.

Il s’agit du parti Islamiste Tawassoul et de l’Union des forces du progrès (UFP) qui sont parvenus à déposer des listes dans quelques circonscriptions électorales.

Mais cette phase de préparation dominé par le choix des candidatures a été particulièrement fatale pour le parti-Etat, l’Union Pour la République (UPR), qui doit faire face, dans plusieurs localités du pays, à des votes sanction dirigées par des cadres mécontentes de ses choix.

Selon des statistiques attribués à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le nombre de listes déposées à ce jour au niveau de la Wilaya de Nouadhibou s’élèverait à 33 listes issus des principales forces politiques en présence, avec 17 listes en compétition pour la seule ville de Nouadhibou.

Ces listes sont celles de Sawab, APP, El Wiam, Tawassoul, UPR, Mouvement de la Jeunesse, El Karama, Etihad Wassat, Hamd, EL Vadila, PRDR, Parti démocratique social, Emel, AJD. Au niveau de la commune d’Aleg, l’un des points qui va devenir dans les prochaines semaines le plus chaud du pays, 30 listes auraient été reçues par la CENI pour les six principales communes de la Moughataa.

La commune d’Aleg à elle seule arbitrera la bataille entre 9 listes concurrentes, une compétition sans merci qui opposera l’UPR aux autres formations de son bord politique et de l’opposition, notamment El Wiam, Tawassoul, Sawab, El Wihda wa Tenmiya, EL Vadila et Mouvement de la Jeunesse. Quatre listes se disputeront la commune d’Aghchorguitt.

Il s’agit des listes déposées par les partis UPR, APP, Tawassoul et Wihda Wa Tenmiya. A Bouhdida, l’UPR croisera le fer avec trois partis de l’opposition, APP, El Wiam et Tawassoul. A Cheggar, le parti-état sera également confronté à Tawassoul et El Wiam.
Dans la commune de Djalawar, l’UPR sera encore une fois de plus confrontée à deux partis de l’opposition, APP et Tawassoul, avec un autre challenger, le parti de la Jeunesse. A Mâle, la commune vivra la chaleur des confrontations entre l’UPR, Tawassoul, APP et parti de la Jeunesse.
A Nouadhibou, 17 listes auraient été déposées, avec une forte présence du parti islamiste Tawassoul, en l’absence d’un grand calibre politique, en l’occurrence le parti UDP dont la base est jugée importante dans cette commune.
Les partis qui croiseront le fer à Nouadhibou sont : UPR, Sawab, Mouvement Jeunesse, Union pour la construction en Mauritanie, EL Wiam, Démocratie Directe, APP, Tawassoul, AJD, Union du centre démocratique, Karama, EL Vadila, Démocratie populaire, PRDR, Concertation démocratique, Ribatt démocratique social et le parti EMEL.

L’UPR et la bataille de Nouakchott

Le parti-état a rendu public ses candidats dans les principales communes du pays. La plupart d’anciens maires ont rempilé tandis que la non reconduction de certains autres a provoqué des vagues de défection.

Ainsi, plusieurs figures connues du parti feront leur baptême de feu pour des postes électifs, c’est le cas de l’ancienne ministre des Affaires sociales, Maty Mint Hamadi, promue pour briguer le fauteuil de la Communauté urbaine de Nouakchott à la place d’Ahmed Ould Hamza sanctionné par le boycott de son parti, le RFD, qui a annoncé son boycott des prochaines consultations.

Le ministre du Commerce, Bamba Ould Dramane a quant à lui été choisi pour briguer la mairie de Rosso à la place de Fassa Yérim, le maire sortant qui fait les frais de son bras-de-fer avec l’homme fort de la région, le sénateur Mohcen Ould El Hadj.

La Secrétaire générale du Ministère des Affaires étrangères, EL Aliya Mint Menkouss a été pour sa part propulsé à la candidature pour la mairie de Legrane en Assaba et Mohamed Ould Maatallah, ministre de l’Enseignement secondaire, Secrétaire général de l’UPR, pour la commune de Nouadhibou.

A Nouakchott, Vatimetou Mint Abdel Maleck, maire sortante de Tevragh-Zeina a arraché sa réinvestiture, tandis que Maty Mint Hamady tentera de prendre d’assaut la CUN à partir de la mairie du Ksar. A Sebkha, la maire sortante Raby Haïdara, maire sortante rempile malgré une vaste opposition des populations de la commune, alors qu’El Mina a été destiné à Abdallahi Ould Sidi Mahjoub.

A Riadh, il y aura Cheikh Ould Maata, Arafat Saleck Ould Jiddou, Teyarett Mohamed Vall Ould Lehbab, Toujounine, Sidi Mohamed Ould Khaïda, Dar Naïm, Ahmed Ould Sghaïr.

Au niveau national, l’UPR a choisi Mohamed Ibrahim Ould Mohamed Labeid pour la commune de Boutilimit, Abba Navah Ould Belkheïr pour la commune de Néma (Hodh Charghi), Amar Ould Mohamed Sidi à Aïoun, Mohamed Lemine Ould Sidi Brahim pour Kiffa, Sow Moussa Sembla pour Kaédi, Mohamed Ould Lessoueidat pour Aleg, Sid’Ahmed Ould Hmeimad pour Atar, Isselkou Ould Saleck pour Tijijka, Hadrami Ould Wedadi pour Sélibaby, Cheikh Ould Baya pour Zouerate, Ahmed Ould Yacoub (journaliste) pour Akjoujt/

La participation des partis de la COD

Alors que leurs autres camarades de la COD ont prôné le boycott, l’UFP (Union des forces du progrès) a décidé d’aller au charbon des élections, tout comme les Islamistes de Tawassouj, après avoir mis leur président Mohamed Ould Maouloud en minorité. C’est ainsi que le parti a déposé au niveau de la Wilaya du Brakna quelques listes, notamment dans les quatre communes relevant de Boghé.

L’UPR et la vague des défections

L’UPR est sans nul doute le parti qui a payé le plus lourd tribut suite à l’annonce de ses candidats aux municipales et législatives. Plusieurs défections ont été ainsi annoncé dans ses rangs dans plusieurs circonscriptions. Ainsi, le maire sortant de Ouad Naga, Ahmed Salem Ould Taghy, mécontent pour n’avoir pas été reconduit par le parti est parti, avec son groupe, se faire élire sous les couleurs du parti Islamiste Tawassoul.

Elu en 2006 sous la bannière du RFD, il avait tôt retourné sa veste pour migrer vers le parti-état qui ne lui a pas renouvelé sa confiance. Même scénario à Bir Moghreïn, au Tiris Zemmour, où l’UPR a préféré les groupes d’hommes d’affaires et de commerçants locaux au maire sortant, Lehbib Ould Babah.

Ce dernier et son clan ont également claqué la porte du parti pour se présenter sous les oripeaux du parti EL Wiam. A Bouhdida, au Brakna, l’Initiative El Wava a aussi manifesté son mécontentement en quittant les rangs de l’UPR pour se joindre au parti islamiste Tawassoul et à son candidat, Mohamed Salem Ould Abderrahmane. L’UPR a choisi son rival politique pour le représenter dans les prochaines consultations.

A Chinguitty, la déchirure est encore grande entre la base du parti UPR et les candidats qu’elle a coopté. Ainsi, la reconduction du maire sortant, Mohamed Ould Amara et la mise à l’écart du maire d’Aïn Savra, Mahboub Ould idoumou n’ont pas été au goût de la volonté populaire. Le retour sur scène du député vice-président sortant de l’Assemblée nationale, EL Arbi Ould Jideine et le choix porté sur Mohamed Saleck Ould Doma pour la mairie d’Ain Savra ont créé une chaîne de défection.

Ainsi, Ould Alem, soutenu par la population de Chinguitty a quitté l’UPR lui et son groupe pour se présenter sous les couleurs du Parti populaire démocratique; emportant avec lui des centaines de cadres et des militants de base. Dans ce combat fratricide entre frères ennemis de l’UPR, le parti EL Wiam tentera de jouer les arbitres.

A Tijikja, l’UPR aurait, selon des sources de presse, enregistré d’importantes saignées, notamment dans la commune de Soudoud où le maire sortant, Hena Ould Mohamed Lemine, cause de sa non reconduction a quitté le parti, entraînant dans ses sillages son groupe et tentera de briguer un deuxième mandat à travers le parti du Mouvement de la Jeunesse. L’UPR lui a en effet préféré Mohamed Lemine Ould Ramizine.

Deux autres grosses pointures auraient aussi claqué la porte de l’UPR. Il s’agirait du maire de Ticbhitt, Mamany Ould Bneïjara et le sénateur sortant. Tous les deux essayeront de retrouver leur fauteuil par le biais du parti EL Wiam. A Monguel, au Gorgol, une marche populaire vindicative aurait traversé la ville par réaction aux choix de l’UPR, rapportent quelques sources de presse.

Les partisans de Bahine Ould Mahmeit, qui coifferait une dizaine de sections du partis seraient mécontents du choix porté par le parti sur un candidat rejeté par la population locale. Grosses saignées également du parti UPR à Adel Bagrou au Hodh Charghi où les populations ont démontré leurs frustrations à cause, soutiendraient-ils, des mauvaises équilibres qui ont marqué le choix des candidats.

Ainsi, le groupe de Haida Mokhtar Ould Youba a publié un communiqué de presse dans lequel ils annoncent leur départ du part UPR.

Ces mêmes mouvements de colère auraient traversé d’autres régions du pays, Assaba, Trarza, A Tintane, il a été annoncé la défection de plusieurs militants qui auraient quitté le parti islamiste Tawassoul, en réaction selon certaines sources, à sa participation aux prochaines élections. Le mouvement serait important à Tintane mais aussi dans quelques communes avoisinantes comme Ain Varba, LehjreIjat et Twil.

JOB

Source : L’Authentique

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