Elections municipales et législatives: La débâcle de l’UPR

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Les résultats des élections municipales et législatives sont enfin rendue publics dans leur intégralité. Et après dix jours du scrutin.

En dehors des déboires de la CENI, qui a été incapable de respecter les délais réglementaires pour l’annonce des résultats définitifs, et le report du second tour au 21 décembre prochain, soit presque un mois du premier, le verdict des urnes n’était, en tout cas, pas flatteur pour l’Union Pour la République (UPR), le principal parti-Etat.

L’UPR qui s’évertuait, il y a quelque temps, et se gargarisait des son demi-million d’adhérents n’a pas pu amener tant de fidélités à voter pour sa liste nationale aux législatives. L’unique, sinon le paramètre le plus pertinent dans cette élection.

Sur les 848 911 votants, pour cette liste, quelque 23% seulement se sont mobilisés en faveur de l’UPR. On ose bien demander où se sont volatiliser le cinq cent et poussière de mille qui se sont entretuer et entredéchirer lors des dernières implantations de cette formation politique ?

Les résultats du parti dans les autres listes régionales et départementales étaient bien en deçà de la moyenne respectable, et digne d’un parti qui se réclame du président de la République. Et dont le président se réclame.

Avec ses 52 députés, élus en faveur du premier tour, l’UPR ne marque véritablement sa première saison de gloire. C’est, il faut il signaler la première élection à laquelle participe cette formation politique. 52 députés sur 147 est loin de la majorité simple, bien deçà de la notoriété. Il lui faudra encore 20 députés, qu’il devra nécessairement recueillir à l’issue des 30 ballotages, en jeux, au second tour du 21 décembre prochain, pour pouvoir se targuer d’une majorité simple.

Pour pouvoir gouverner, il lui faudra impérativement un peu plus de cela. Fera-t-il bloc majoritaire avec ses concurrents d’hier, le Sursaut, Al Karama, le PUD. Ou ira-t-il plus loin pour attirer le parti de Boidiel Ould Hommeid dans le giron de la majorité parlementaire ?

En tout cas, ses résultats le rendent bien précaire face à un Président de la République, qui ne l’a jamais porté vraiment, tout entièrement, dans son cœur. C’est peut-être le but recherché par Mohamed Ould Abdel Aziz. De ne pas devoir être redevable d’une grosse part envers les barons de ce parti qui voyaient déjà gros.

Une élection en cache une autre…

Mohamed Ould Abdel Aziz a réussi son coup, peut-être. Son énième. Et pas le dernier. Sans doute. L’écartèlement de sa majorité, en petits partis. Ce qui lui offre une marge de manœuvre réconfortante, dans sa très atypique manière de gouverner. L’éclatement de sa majorité, marquée d’une manière indélébile dans cette élection, serait, peut-être, conséquent à l’éparpillement intrinsèque à l’esprit de l’homme. Un président dispersé donne tout simplement une majorité dispersée.

C’est un avantage, pour anticiper dans des conditions bien meilleures et négocier au finish la future présidentielle. Tous unis derrières le géniteur. C’est une hypothèse.

Aujourd’hui, Aziz à un tableau de bord politique, au moins, au sein de sa propre majorité, assez clair. Il est désormais conscient du poids de tout un chacun. Tout comme il saura bien traîner tout ce beau monde dans un effort concurrentiel vers la présidentielle avec un prix bien moindre.

Si le principal parti-Etat n’a pas enregistré des performances extraordinaires, Mohamed Ould Abdel Aziz, quant à lui, sait d’ores et déjà les hommes sur lesquels il pourra compter demain. C’est déjà cela de gagner. Et on aura joué une élection, pour, en fait, mieux préparer une autre. Une élection en cache, peut-être, souvent une autre.

AVT

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