Emel, ou la Solidarité populaire : « Touche pas à mon pain »

Touche pas à mon pain

Même si initialement l’opération « Emel » ne vient pas des Autorités actuelles, il faut reconnaître que celles-ci ont relativement bien fait, ne serait-ce qu’en continuant cette œuvre.

Face à la crise financière doublée d’une crise économique et d’une crise sociale, elles sont nombreuses aujourd’hui les familles qui s’approvisionnent dans ces boutiques où les prix des produits de consommation sont plus abordables que ceux affichés dans les grands centres commerciaux.

De l’avis de l’ensemble des familles interrogées à propos, ça vaut vraiment le  » coût «  même s’ils ont l’habitue de revenir à la maison, après une attente de près d’une heure d’horloge, avec seulement deux kilogrammes de riz, un kilo de sucre et un litre d’huile !

D’aucuns pensent que la vrai solution passe par un contrôle des prix à tous les niveaux. Certes, on ne peut pas vouloir remettre en cause les vertus d’un libéralisme choisi par l’Etat comme une option avec ses qualités et ses défauts, mais il ne faut pas aussi qu’elle se transforme en anarchie.

Avec la complicité, justement, de certains services de l’Etat. L’intervention de celui- ci à travers les « Boutiques de la Solidarité » n’a pas d’impact important sur les prix de denrées de première nécessité cibles qui continuent même de grimper pour atteindre des sommets jamais inégalés dans les marchés publics.

Une sorte de paradoxe que les économistes les plus perspicaces n’arrivent pas à expliquer en faisant jouer la loi de l’offre et de la demande. Un sac de riz qui ne  » s’enlève «  aujourd’hui dans la boutique du coin à quelque 12.000 UM, soit pratiquement le double du prix d’il y a trois ans ! Idem pour le sucre, le blé et les autres denrées de première nécessité.Il y a lieu sans doute, à ce que les citoyens pressent le gouvernement de se remuer pour qu’ils ne se battent pas uniquement pour leur survie.

 » Touche pas à mon pain « , voilà la préoccupation essentielle qui doit passer aujourd’hui avant toutes celles qui concernent une crise politique qui fait le jeu d’hommes et de femmes dont le  » métier «  est d’être avec le pouvoir ou de s’opposer à lui mais également des questions non essentielles d’amendements constitutionnels qui n’apportent rien à la gestion quotidienne des affaires publiques.

Une assemblée nationale à 95 ou 146 députés, cela ne résout aucunement les problèmes de subsistance de l’éleveur et de l’agriculteur, encore moins ceux du diplômé chômeur.

C’est dire que la protection du consommateur mauritanien ne doit plus être l’affaire d’une association, qui n’a de force de persuasion que des communiqués adressés à la presse, mais du citoyen capable de dire  » non  » à des mesures gouvernementales prises sans concertation aucune avec les partenaires sociaux et jamais en connaissance de cause.

A titre d’exemple, les transports viennent d’accepter de payer un tribut à l’Etat, à travers le fameux «  bon de sortie « , mais ce dernier leur accorde l’autorisation d’augmenter de 1500 UM le prix du billet Nouakchott-Nouadhibou et de 1000 UM, celui de Nouakchott-Atar ! Des  » transactions «  maffieuses qui sont aussi à l’origine du laisser-aller que connait le secteur du commerce.

Ahmed. B.

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