« Emel », pour les pauvres, le carburburant cher pour les riches

nouveau_minis_parl_UMPG_05La der des ders en Mauritanie est ce propos tenu, jeudi dernier, par le ministre des relations avec le « parle-et-ment ». Un propos d’une étrangeté telle qu’il a éclipsé toutes les autres actualités nationales : participation du président au sommet de l’UA, nouvelle affaire de drogue, avec l’arrestation d’une trentaine de personnes, dont le fils d’un ancien chef d’Etat, la polémique récurrente sur la place de l’arabe (et du français) dans l’administration.
La dernière bêtise du ministre porte-parole du gouvernement ? Je vous la livre, un peu refroidie certes, mais dans toute sa splendeur de propos vexatoire, d’inculture et de peu de considération pour la personne : « les pauvres ne sont pas affectés par le prix élevé des hydrocarbures…parce qu’ils n’ont pas de voitures et parce qu’ils ont « Emel » !
Emel, une vieille rengaine du pouvoir. Un disque rayé qui ne permet plus d’entendre la voix du lead vocal. « Emel » (espoir, en français) est un programme social lancé par le gouvernement en 2012 pour lutter contre la hausse des prix des denrées de première nécessité.
Des centaines de boutiques ouvertes « sur toute l’étendue du territoire national », affirment les responsables gouvernementaux, pour permettre aux pauvres d’avoir le riz, l’huile, le sucre et le lait en poudre à des prix réduits. L’opposition a toujours douté de l’efficacité d’un tel programme qui a pourtant englouti des dizaines de milliards d’ouguiyas.
Emel n’est aujourd’hui qu’un programme maintenu en vie pour des raisons de propagande. Les pauvres commencent à le déserter parce que les produits proposés ne sont pas de qualité. Le riz mauritanien ne tient pas la concurrence avec le riz importé dont le prix est passé, en ce début d’année 2016 du simple au double.
Donc, parce qu’ils ont « Emel », les pauvres de Mauritanie n’ont plus besoin d’autre chose. Ils continueront de se déplacer à dos d’âne ou de chameau. Ils n’ont pas de voitures, avait dit le ministre des relations avec le « parle-et-ment » qui aurait dû ajouter aussi : et les riches n’ont pas de droits, rien que des devoirs.
C’est pourquoi ils doivent supporter le manque à gagner engendré par la chute du prix du minerai de fer. Ce que la Société nationale industrielle et minière (SNIM) ne peut plus donner au gouvernement (avec une tonne de fer passée de 150 dollars US à moins de 50 dollars), il faut le « mettre sur le dos » des citoyens qui continuent à acheter le carburant à 484 UM le litre, alors que le baril est aujourd’hui à moins de 40 dollars US.
Avec cette arnaque, cet impôt indirect, l’Etat gagne près de 120 milliards d’ouguiyas, estiment des experts ! Et le ministre porte-parole du gouvernement ne pouvait aborder une telle question, à enjeu économique évident, sans proférer la bêtise du siècle. Il dit au pauvre mauritanien : « mange et tais-toi » ! San Antonio (Frédéric Dard) doit se retourner dans sa tombe.

Source : Elhourriya

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