EN DIRECT de Rosso. Résumé de la 3e Journée du procès de Biram et coaccusés : Le Procureur demande le maximum, les avocats plaident un procès politique [PhotoReportage]

Biram menotte

CRIDEM : Au tribunal correctionnel de Rosso, lundi 29 décembre 2014, le procureur a requis, cinq ans d’emprisonnement (le maximum) contre Biram Ould Dah Ould Abeid et ses neuf coaccusés.

Cette troisième journée du procès a débuté avec la comparution de Djyby Sow, président de Kawtal Yellitaré, l’association initiatrice de la caravane contre « l’esclavage foncier » au cours de laquelle les arrestations ont eu lieu.

Djyby Sow, traduit du poular à l’arabe, est revenus sur les objectifs de la caravane. « Mes amis et moi, nous sommes pacifiques. Nous voulons que la Mauritanie progresse. Nous sommes contre l’accaparement des terres. C’est pourquoi nous avons participé à cette caravane », a déclaré Djiby.

« Monsieur le président, comment dans un pays musulman, quelqu’un peut s’approprier les cimetières ou sont enterrés des musulmans pour y faire un champ et une canalisation et obliger les habitants à traverser une frontière pour enterrer leurs morts ?», a interrogé Djiby. Il est ensuite revenu sur les conditions de son arrestation. Le procureur ne lui a posé aucune question. Il est passé directement au réquisitoire. Un réquisitoire entièrement écrit. A aucun moment, le procureur ne s’est détaché de son texte qu’il a lu d’un trait. Peine requise : Cinq ans d’emprisonnement pour tous les accusés.

La parole a été donnée ensuite à la défense pour les plaidoiries. Sur la liste des intervenants, une trentaine d’avocats. Huit d’entre eux ont plaidé avant la levée de la séance qui reprendra ce mardi à 10 heures. « Le dossier est vide », ont répété presque tous les avocats qui ont plaidé. Me Salem Ould Boucar 7eme sur la liste, a été applaudi par l’assistance malgré les injonctions de silence du président du tribunal. Pour lui, comme pour beaucoup de ses collègues, « c’est un procès politique. »

« On dit que tous les mauritaniens sont concernés par le problème de l’esclavage, ces détenus, Monsieur le président, sont plus concernés car c’est une condition qu’ils vivent. Il est temps d’arrêter de fermer les yeux et de chercher des solutions. » Il a ajouté qu’il ne peut y avoir « attroupement pour une caravane qui est par définition mobile. »

Me Lo Gourmo Abdoul est allé dans le même sens en déclarant : « il n’y a pas eu attroupement, il y a eu blocage d’un mouvement, il y a eu entrave à la liberté de circulation…. » Pour Me Lo, IRA existait au moment où Biram était challenger de Ould Abdel Aziz à la dernière élection présidentielle. Il interroge : « Pourquoi parler maintenant d’appartenance à une organisation non reconnue ? » Il ajoute: « On a voulu casser du Biram et on l’a cassé à Rosso. »

Me Lo a également fait remarquer que l’accusation n’a produit aucun témoignage, aucun élément matériel confortant les accusations de violence contre les accusés.

Khalilou Diagana
Un de nos Envoyés Spéciaux à Rosso (Trarza)

 

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