EN DIRECT de Rosso. Résumé (réactualisé) de la première journée du Procès de Biram Dah Abeid et de ses co-détenus renvoyé ce jeudi [PhotoReportage]

Tribunal de rosso_proces_BiramaCRIDEM : La Ville de Rosso était ce mercredi 24 décembre sur son 31 avec le procès de Biram Dah Abeid, président de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA).

Onze tacticiens et techniciens du pouvoir judiciaire se livrés à des séances d’explications aux allures d’un réquisitoire digne des grands tribuns pour trouver la formule assez juste au sujet de cette complexe histoire politico_judiciaire.

La défense passablement agacée par des révélations encombrantes et non-fondées sur le mis en en cause a mis le parquet dans le rôle de bras séculier du pouvoir exécutif.

Pour les différents avocats qui ont défendu Biram Dah Abeid, ce procès était politique. Les dénégations du Procureur de la République couvert du subtil voile d’arguments technico-juridiques cachaient à peine les insuffisances notoires de son argument.

Il était seul face à 11 robes noires. Quant à Biram Dah Abeid, il a été à la hauteur de la défense de ses arguments avec ses 9 autres compagnons.

Le président de la cour correctionnelle a fait son entrée vers 14 heures 40. Il a été suivi des avocats constitués pour la défense de Biram et ses codétenus. Ensuite arrivent les accusés. Biram Dah Abeid, président de Ira-Mauritanie et son vice-président Brahim Bilal sont en boubou. Les autres accusés sont en pantalons bouffants, turbans noirs et t-shirt blanc…..

Dans la salle, une quinzaine de policiers. A l’extérieur, des dizaines de jeunes qui scandent « Libérez-les. » Premier à comparaître Biram Ould Dah Ould Abeid. Sur demande du président, il décline nom, prénom date de naissance….. « Quelle est votre profession ? », demande le Président. Réponse de Biram ; « j’étais greffier mais Ould Abdel Aziz a fait égarer mon dossier. »

Le président procède ensuite à la lecture des chefs d’accusation et des dispositions légales les réprimant. Au total, les accusés encourent 06 a 5 ans de prison pour, entre autres, « trouble a l’ordre public. »

« Brahim Bilall ici présent a été maltraité, brutalisé par la police », déclare Biram. Un de ses avocats intervient et demande l’ouverture d’une enquête sur ces cas de « tortures ». Biram dénonce ensuite « le caractère sélectif » des arrestations qui n’ont visé que les éléments hartani qui participaient a la caravane organisée par plusieurs associations. « Les policiers prenaient les autres, les battaient et leur disaient pourquoi vous manifestez avec les hartani et les libéraient ensuite», martèle Biram.

« C’est quoi l’esclavage foncier ? », demande le Président. Biram fait état du non accès des descendants d’esclaves à la propriété foncière et leur utilisation pour cultiver les terres de leurs maîtres.

Le Procureur s’est contenté de deux courtes questions. Djiby Sow, président de Kawtal Yelitaré, interpellé sur un témoignage qu’il aurait fait contre Biram, dément catégoriquement.

La parole a été donné ensuite aux avocats. « On vous accuse d’atteinte à l’unité nationale, à l’Islam….Que répondez vous », demande un des avocats à Biram. « Quel rapport avec le procès », intervient le président. Le jeune avocat rétorque : « Monsieur le président vous venez de demander a Biram de définir l’esclavage foncier, quelle rapport avec le procès ? » Quelques éclats de voix entre le président et les avocats.

Finalement, Biram répond: « J’ai étudié ici en Mauritanie, j’y ai travaillé…il n’y a que Mohamed Ould Abdel Aziz et ses applaudisseurs qui m’accusent d’atteinte à l’Islam. » Biram dénonce ensuite « l’hégémonie beydane en Mauritanie en prenant l’exemple de Rosso où tout le commandement est de la même communauté. »

Le procès, qui a tardivement commencé, a drainé du monde. La rue était noire de monde, de sympathisants et autres curieux venus soutenir le leader d’IRA-Mauritanie.

Le procureur Mohamed Mahmoud Ould Téyib a aussi rassuré par sa capacité d’écoute face aux avocats prêts à en découdre.

Le Procès a tiré en longueur. Débuté à 15h 25, il s’est achevé vers 18h. Sur les 10 prévenus, seul Biram Dah Abeid a parlé, avant que le procureur ne renvoie le procès à demain jeudi. Si, une partie des avocats de la défense ont pris le chemin de la capitale, les militants d’IRA-Mauritanie, eux, vont passer la nuit à Rosso, dans la capitale du Trarza.

De nos Envoyés Spéciaux
ADN
et KD

 

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