(Enquête du Lundi) – Tracasserie transfrontalière – Rosso, le cauchemar des voyageurs

Rosso_le_cauchemar_012SenXibaar: Enquête igfm (Rosso)/ Des centaines de voyageurs passent tous les jours la frontière de Rosso soit pour entrer au Sénégal ou pour rejoindre la Mauritanie avec qui nous partageons cette frontière. Mais ce point de passage est réputé être une marre de calvaire pour les voyageurs.

Les rackets, les formalités administratives et douanières, la cherté du visa, sont entres, autant de maux listés par les voyageurs qui ne savent plus à quel seigneur se vouer. Jeudi – 09H 45mn, le soleil fait sa star et tarde à montrer ses rayons dans cette rue assourdissante et envahie par un petit monde qui se forme à compte goutte.

Des Klaxons de moto Jakarta, le bruit des pas des passants sur l’asphalte s’étend vers infini, vers le port. Rosso est enveloppée sous une voile de canicule pénible. L’air est suffoquant. Nous sommes à la deuxième porte d’entrée et de sortie du Sénégal. Les premières vagues de voyageurs commencent à se déferler sur la ville située à la frontière avec la Mauritanie.

Comme tous les jours, c’est le grand rush devant le poste de la police frontalière sis sur la plus grande avenue de Rosso qui mène directement au port. Sur place, une altercation entre un policier et un groupe de jeunes devant ce poste de police attire notre attention.

A l’origine, le policier a fait capoter le « deal » de ces jeunes qui tentaient de mener en bateau une jeune femme désirant se rendre en Mauritanie et qui était à sa première expérience.

Accroché, le policier a balancé «ces vautours, ils ne sont là que pour duper les gens et prendre leur argent ou voler leurs bagages. C’est tout ce qu’il savent faire».

Selon un passant, c’est le décor et les mêmes faits qui campent tous les jours le décor dans cette rue qui jouxte le port. «Ici, c’est comme ça, tous les jours on voit des voyageurs qui se font duper ou voler par ces jeunes qui ont décidé de faire du «racket» leur profession.

Ils proposent aux voyageurs de les aider à traverser. Mais avant cela ils leur font croire que sans leur aide, ils ne pourront jamais remplir les formalités exigées par l’Etat Mauritanien pour pénétrer ce territoire. Ils encaissent l’argent du client devant servir de devises parfois c’est 50 euros parfois c’est plus que ça. Ils vont te chercher des papiers falsifiés et visés avec de faux cachets.

De ce fait, le naïf voyageur va embarquer sur le bac, direction la Mauritanie où il aura tous les problèmes du monde. Et pendant ce temps, son arnaqueur aura déjà disparu» a témoigné un jeune homme préférant garder l’anonymat. Il exerce son petit commerce depuis près de six ans dans cette rue.

Les formalités administratives, le cauchemar des voyageurs à Rosso

Des va-et-vient incessants entre le poste de la police frontalière, le bureau des douanes et leur camping-car. Des échanges par ci et par là avec d’autres voyageurs pour trouver les bons renseignements, ce vieux couple français qui tente de rallier la France est bloqué à Rosso. La dame, qui préfère taire son nom, narre les raisons de leur blocage au niveau du port.

« Nous sommes des voyageurs avec un camping-car. Nous venons de passer un mois au Sénégal. Donc là, nous sommes en phase de traverser bac pour retourner en France. Nous avons fait de très belles rencontres ici (Sénégal). En quittant ce pays, nous laissons même des amis derrière nous. C’est pour vous dire que le pays nous plait beaucoup.

Mais il y’ a un problème. Un gros problème même. C’est les formalités douanières et les nombreuses difficultés que nous rencontrons au niveau du port de Rosso. Les formalités douanières sont très compliquées.

A l’aller, nous sommes passés par Diama. Ce qui n’est pas normal avec un véhicule comme celui que nous avons. Pour faire 40 Km sur la piste de Diama, nous avons mis quand même 5 heures de temps.

Et tout cela, c’est pour éviter la frontière de Rosso, là où on nous avait dit que c’était trop compliqué. Le passage de Diama, s’est bien passé heureusement et nous ne regrettons pas son paysage merveilleux.

En quinze jours, nous nous sommes baladés dans le Sine Saloum, à Dakar aussi, puis nous sommes remontés vers le Lac rose. Nous avons également visité la langue de barbarie. Nous ne regrettons pas d’être passés par tous ces lieux où nous avons faits de très belles rencontres.

Aujourd’hui, c’est-à-dire un mois après notre arrivée au Sénégal nous sommes là (la frontière de Rosso), mais à notre grosse surprise, on nous dit qu’il faut payer 120 euros par personne pour traverser la Mauritanie sur deux (2) jours. Et pour deux personnes, cela va nous couter 240 euros pour les frais de visas sans compter les autres formalités. C’est inacceptable.

Actuellement nous ne savons pas quoi faire, puisque nous n’avions pas prévu cette somme d’argent. Le Sénégal est un pays que nous aimons bien puisque c’est la deuxième fois que nous venons ici. Mais c’est terminé. Et c’est vraiment désolant.

Nous faisons parti d’une association de camping-car et eux (leurs amis français) attendent de savoir comment notre voyage s’est passé. Mais actuellement, ils sont démoralisés. Ils disent qu’ils ne viendront plus au Sénégal.

« A chaque fois qu’on passe, on le regrette. Car c’est que des tracasseries.»

La trentaine à peine sonnée, Collin est un français résidant à Nouakchott. Devant nous, l’ingénieur en énergie vient de se faire duper par un « individu qui se réclamait agent au poste de douane du port ».

Visiblement abattu par les procédures et les formalités douanières au port de Rosso, Collin raconte le calvaire qu’il vient de vivre. « Moi j’ai essayé de faire mon visa Sénégalais à Nouakchott, une fois, deux fois on m’a dit que c’était pas possible parce qu’ils avaient un problème de réseau. On m’a demandé de venir le faire à Rosso. Et je suis là depuis plus de 3h à attendre que le qui doit s’en charger monte pour commencer le travail.

Mais avant cela je suis tombé sur des gars qui m’avaient mis en rapport avec un gars en me disant que c’est lui qui devait me faire le visa. Hop il m’a pris deux mille francs avant de disparaitre dans la nature. Je suis allé voir le commissaire et il m’a simplement répondu que c’est des choses qui arrivent.

50 euros c’est quand même un peu cher. J’ai payé la même somme il y’ a 3 mois seulement et là je suis obligé de payer 50 euros à nouveau. Je pense qu’ils devraient faire des efforts pour nous aider un peu. Parce que même pour entrer en Europe, on paye moins cher », se désole-t-il.

Source: SenXibaar

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