Enquête sur l’entourage présidentiel Aziz et les exploitations du sous-sol (Le clan des Oulad Bousbah à fond dans les mines )

 Depuis l’accession au pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz en 2009, plusieurs membres de sa tribu, les Oulad Bousbah, ont obtenu des postes importants dans l’administration.
MinesAinsi, Ahmed Salem Ould Tekrour, ancien de la Société mauritanienne des hydrocarbures (SMH) et ex-conseiller technique pour la promotion et le développement du ministère du pétrole, de l’énergie et des mines (MPEM), a été promu directeur des hydrocarbures au sein du MPEM.
Même scénario dans le privé pour Melainine Ould Towmy, un Oulad Bousbah, qui est depuis 2010 directeur des relations extérieures de Kinross, l’opérateur de la mine d’or géante de Tasiast, à proximité de la frontière sud du Sahara occidental. Enfin, Kemal Ould Mouhamedou, cousin direct du président Abdel Aziz, est devenu le représentant de l’Etat chez Tullow Oil, la société qui développe le gaz de Banda.
Dans le même temps, de nombreux contrats de sous-traitance sont passés des mains d’entrepreneurs de la tribu de l’ancien président Maaouiya Ould Taya, les Smassides, comme les groupes MAOA ou AON par exemple, aux mains d’Oulad Bousbah, comme la famille Azizi. Résultat: dans les services miniers, des hommes d’affaires écartés des contrats dénoncent l’irrésistible ascension de personnalités proches du président.
Dans ce contexte, le ministère du pétrole, de l’énergie et des mines, piloté par Taleb Ould Abdivall, un membre de l’influente tribu Idawati, apolitique, apparaît comme un îlot de neutralité. Professionnel, Ould Abdivall s’est construit son propre réseau de conseillers, souvent issus, comme lui, de l’université de Nancy.
Ancien chef du Bataillon de la sécurité présidentielle (Basep), le putschiste Mohamed Ould Abdel Aziz s’est entouré des plus fidèles de ses conseillers et membres de son clan depuis sa prise du pouvoir. Certains de ses cousins, comme Boullaha Ould Boumaouzouna, profitent de leur proximité avec le chef de l’Etat pour faire du business dans les mines et/ou dans la logistique minière.
Boullaha OuId Boumaouzouna
L’influent cousin minier
Boullaha Ould Boumaouzouna (se prononce “Boumazouna”) fait partie des cousins influents du président Abdel Aziz. Il est marié à la fille de Moulaye O. Boukhreis, ancien chef d’état-major du président Ould Taya. Homme d’affaires, actif dans le secteur des industries extractives de longue date (pour le compte de Woodside Petroleum, etc.), Boumaouzouna dispose d’un contrat de transport avec Bumi Resources Group. Cette société est notamment présente sur le projet de minerai de fer d’Otoy dans la zone de Tamagot. Mais, depuis 2012, un différend oppose Boumaouzouna et Bumi, le groupe étant lui-nième également en litige avec son partenaire Rubis International Ltd. Les associés de Boumaouzouna sont les businessmen Hane El Marrakchi et Ould Bowbatt. Ces deux derniers sont également membres de la tribu des Oulad Bousbah.
Chaperon du fils d’Abdel Aziz – Mi-2012, Mohamed Vali Ould Boumaouzouna a acquis divers permis d’exploration par le biais des sociétés Global Mauritania Mining et Pacific Andes Resources Development Ltd. Au cadastre, Global Mauritania, dont le représentant est un certain Ahmed Levrack, n’a donné aucune adresse postale d’enregistrement. Pacific Arides, représentée par Bellahi Brahim Vall, est pour sa part sise à Hongkong (186 Connaught Road West, Room 3201). Cette dernière compagnie s’est emparée en 2012 des blocs 1564, 1565, 1594, 1595-1604 (fer et des substances connexes) dans les wilayas de Tiris Zemmour, Nouadhibou, Adrar, Inchiri et Trarza.
Avec Bechir Ould BelaI, autre cousin du président Abdel Aziz, Ballaha Ould Boumaouzouna fait également office de chaperon du fils du chef de l’Etat, Badr Ould Abdel Aziz. Il se charge de l’introduire dans le monde des affaires, en particulier dans le business de la logistique minière. Badr a notamment participé à des voyages présidentiels afin de développer ses réseaux et son carnet d’adresses. Toutefois, ses frasques, relayées par la presse – il a tiré au pistolet sur une jeune femme lors d’une soirée trop arrosée -, semblent avoir ponctuellement compromis son avenir dans les affaires, en plus d’avoir mis son père très en colère.
Mohamed Vall Ould Boumaouzouna, le frère de Ballaha Ould Boumaouzouna, gère une ONG dénommée Agir en faveur de l’environnement (AFE).
Lemar OuId Wedadi, Feil OuId Lehah & Co.
Les proches qui montent
D’autres cousins du chef de l’Etat émergent progressivement dans le business lié aux mines, à l’instar des Weddadi, riche famille de commerçants dont l’influence est antérieure à l’accession d’Abdel Aziz à la présidence. Lemar Ould Weddadl s’est ainsi d’abord fait connaître dans la vente de ferraille et contrôle aujourd’hui plusieurs permis via sa société Welladi. Son fils, Lemar Junior Ould Weddadi, s’occupe de tout ce qui a trait aux mines. Il est également actif dans l’import/export, l’automobile et les eaux minérales (El Chavi). Une grande partie du business du groupe Welladi provient notamment de son activité au port de Nouakchott, par où transite quasiment tout ce qui est importé pour la logistique des miniers.
Connections présidentielles.
Le jeune Feil OuId Lehah compte aussi parmi les cousins qui gagnent en importance dans l’entourage du président. Financier actif au Maroc et au Sahara occidental, il est également impliqué dans la logistique pour le compte de la mine de Tasiast de Kinross. Membre de la tribu Kunta, Feil Ould Lehah bénéficie sans conteste du fait que sa mère est la tante du président Abdel Aziz. Ould Lehah est d’ailleurs né à Louga comme le chef de l’Etat. Agent déclarant au port de Nouakchott (une activité fart utile dans les mines), OuId Lehah a pris èà partir de 2006 la direction de Wafa Assurances et de la compagnie d’hydrocarbures National Petroleum (NP). Depuis avril 2012, il déploie aussi un projet de nouvel établissement bancaire, “La Banque de la jeunesse”, dont il est actionnaire à hauteur de 30% et pour laquelle il a déjà obtenu une licence. Ses partenaires sont Ahmed Saleck Mohamed Lemme dit le “Sahraoui” (via son groupe ASML, 30%) et Lemrabott Ould Tangi (20%), deux businessmen également actifs dans le secteur minier, ainsi qu’Ahmed OuId Mouknass, homme d’affaires qui entretenait des liens avec la Libye du colonel Kadhafl. La banque devrait voir le jour courant 2013. Pour ce projet, Ould Lehah a bénéficié entre autres du soutien de la Banque pour le commerce et l’industrie (BCI) dirigée par Ould Tajeddine.
Ahmed Ould Bah alias “Hmeida”
L’oeil de Moscou de la présidence
Informaticien, ancien responsable des écoutes téléphoniques du Bataillon de la sécurité présidentielle (Basep) quand Mohamed Ould Abdol Aziz en était le chef, Ahmed OuId Bah dit Hmeida” est aujourd’hui l’un des plus proches conseillers du chef de l’Etat et l’un de ses rares hommes de confiance. Hmeida a un oeil sur tout ce qui relève des flux de trésorerie et de la comptabilité d’Etat, y compris sur les revenus tirés des industries extractives et les royalties versées par les compagnies minières dans les caisses centrales.
Un proche du président.
Ancien technicien réseau pour la filiale Top Technology du groupe Ciment de Mauritanie, Hmeida a ensuite travaillé en tant que consultant indépendant pour le compte des Nations unies avant de croiser le chemin d’Abdel Aziz au début des années 2000.
Divers liens unissent Hmedia et le président. Le marabout d’Abdel Aziz, Cheikh Khida, est un cousin direct de Hmeida. Badr OuId Abdel Aziz, le fils du chef de l’Etat, est marié avec une Smasside de Rkiz (zone de Mederdra) dont la famille est très proche de celles de Cheikh Khkia et de Hmeida, issu de la tribu des Oulad Deyman, de la ville de Rosso. La mère de Hmeida est la soeur du PDG de Ciment de Mauritanie, Ahmed Saleck Mohamed Lemme.
Melainine Ould Towmy
• L’homme dAbdel Aziz chez Kinross
Conseiller des présidents Maaouiya OuId Taya, Ely Ould Mohamed VaIl, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et Mohamed Ould Abdel Aziz, Melainine Ould Towmy est depuis 2010 vice- président de Kinross et représentant de l’Etat au sein de la compagnie canadienne opératrice de la mine d’or de Tasiast. Ce poste lui octroie une influence considérable même s’il ne donne pas l’impression d’en abuser. Membre de la tribu présidentielle des Oulad Bousbah, Ould Towmy est réputé intègre. Lorsqu’il était au service de la présidence, qu’il a quittée après avoir atteint l’âge de la retraite, il gardait un profil discret.
Une des têtes pensantes des Oulad Bousbah – Ancien directeur du protocole puis directeur de cabinet du président Ould Taya pendant une dizaine d’années, Ould Towmy a une connaissance approfondie des rouages de la politique mauritanienne. Il a été chargé de mission à la présidence jusqu’à sa nomination au sein de la direction de Kinross.
Ould Towmy a suivi la procédure d’embauche classique chez Kinross; ils étaient cinq à Toronto pour la sélection finale. Son profil de haut fonctionnaire expérimenté au sein de la présidence a séduit, tout comme ses compétences professionnelles (il parle aussi quatre langues). Ould Towmy passe pour être un des penseurs des Oulad Bousbah. Il a effectué sa formation au Sénégal, puis en France et en Espagne.
La Nancy connexion du ministère des mines
Dirigé par Taleb Ould AbdivaIl, un Iciawali (la tribu de l’ancien président mauritanien EIy Ould Mohamed Vall, le ministère des mines fait office d’îlot de neutralité dans le grand jeu des alliances tribales et de cousinage dans le secteur minier mauritanien. Réputé apolitique, Abdivall a bâti son réseau au sein de son cabinet sur des professionnels des industries extractives, dont certains sont, comme lui, des anciens l’université de Nancy.
Taleb OuId Abdivall
Un ministre low-profile mais influent
Géologue de formation, trilingue (anglais, français, arabe), ancien administrateur directeur général de la Société nationale industrielle et minière (SNIM), le ministre du pétrole, de l’énergie et des mines Taleb Ould Abdivall règne en maître sur le secteur minier qu’il connaît comme sa poche. Sa thèse d’Etat, soutenue à l’université de Lorraine, à Nancy en 1994, portait sur la dorsale de Regueibat, grande formation géologique de la Mauritanie, et en particulier sur sa “caractérisation pétrographique et géochimique du plutonisme birimien”.
Abdivall n’en est pas moins familier des préoccupations des opérateurs miniers privés, qu’il s’agisse de juniors ou de majors. De 1997 à 2003, il a été directeur exploration d’Ashton Mining en Afrique de l’Ouest après avoir travaillé pour Diamet. Puis, de 2003 à 2009, iI a été senior géologue en charge de la coordination des projets d’exploration Afrique de l’Ouest et Afrique du Nord de Rio Tinto. Ould Abdivall a également été consultant dans le privé et partenaire de la société mauritanienne de sondages Drill Corp. de l’homme d’affaires Abderrahmane Ould Mohamed dit “Tetama”, avant de rejoindre la Société mauritanienne d’électricité (Somelec, public).
Apolitique – Réputé neutre politiquement, voire apolitique, Taleb Ould Abdivall, membre de la tribu Idawali de la ville de Tidjikja, à l’instar de l’ancien chef de l’Etat Maaouiya Ould Taya, a été nommé directement par le président, qui a sa confiance et qui l’apprécie pour sa discrétion. Il a pris ses fonctions de ministre en mars 2011 en remplacement de Mohamed Abdellahi Ould Oudaa, qui l’a repris son poste d’administrateur directeur général de la SNIM.
Ould Abdivall s’est entouré d’un réseau de directeurs et de conseillers souvent issus, comme lui, de l’université de Nancy. Au sein du ministère, son directeur de la police minière, Yahya Hamoudi, est diplômé de I’Ecole des mines de Nancy. Le ministre a en outre été présenté au président Mohamed Ould Abdel Aziz par l’homme d’affaires Boubacar OuId Ghaddour, qui a aussi été étudiant à Nancy. Egalement issu de cette faculté, Amadou Mamadou Kane, proche cl’Abdivall et ancien directeur de l’électricité et de la maîtrise de l’énergie au sein du ministère, a été nommé à la tête de la Société de production de gaz et d’électricité (chargée de la commercialisation du gaz de Banda) en janvier 2013. lI a été remplacé par Dah OuId Sidi Bouna, jusqu’alors directeur des études et du développement à la direction des mines et ex-conseiller au Commissariat à la promotion des investissements.
Dans son travail au quotidien, Ould Abdivall s’appuie sur Ahmed Ould Taleb Mohamed, son conseiller technique chargé des mines, son directeur des mines Oumar Diagana, sans oublier son conseiller juridique Zakaria Thiam.
Ahmed OuId Taleb Mohamed
Le conseiller qui monte
Ahmed Ould Taleb Mohamed a connu une ascencion fulgurante. En quelques années, ce jeune géologue est devenu le conseiller technique chargé des mines indispensable du ministre des mines Taleb Ouid Abdivall. Ahmed Ould Taleb Mohamed a démarré sa carrière en tant que géologue junior pour la Société nationale Industrielle et minière (SNIM), avant de devenir consultant senior auprès du projet de renforcement institutionnel du secteur minier (PRISM), financé par l’Union européenne conjointement avec la Banque Mondiale, la Banque Islamique de développement, Agence française de développement et le gouvernement mauritanien. Dans ses fonctions de conseiller technique, il entretient d’ailleurs toujours des liens étroits avec Abderrahmane Ould Daddah, directeur adjoint du PRISM au sein du ministère des mines depuis 1999 et ancien de l’Algéro-mauritanienne des pêches, et Samory Ould Soueidatt, directeur du PRISM. Artisan des rencontres minières Mauritanides 2010 et 2012, ingénieur géologue formé en URSS, membre de la tribu Abid Ehel Athman (Adrar), proche des Oulad Hamony, OuId Soueidatt e été directeur des mines à l’époque où cette spécialité n’était pas encore regroupée avec le pétrole et l’énergie au sein d’un même ministère.
Expert de terrain – Ahmed Ould Taleb Mohamed a en outre une fine connaissance du relief mauritanien pour avoir travaillé sur des projets régionaux de cartographie géologique et de métallogénie. Il collabore étroitement avec le directeur des mines Oumar Diagana.
Au sein de l’administration, Ahmed Ould Taleb Mohamed, membre de la tribu Idawali, comme le ministre Abdivall, est réputé compétent et intègre; il est même jugé comme l’un des plus brillants conseillers du ministère du pétrole, de l’énergie et des mines. Son père a créé I’ATTM SA, filiale de la SNIM spécialisée dans la construction routière et le génie civil, sollicitée clans le cadre de la politique de développement des infrastructures du président Mohamed Ould Abdel Aziz.
Oumar Diagana
L’incontournable directeur des mines
Rare négro-maiiritanien, d’ethnie Soninké, à avoir intégré l’administration mauritanienne, Oumar Diagana, conseiller de longue date au sein du ministère du pétrole, de l’énergie et des mines, pilote la direction des mines. A ce titre, il travaille en étroite relation avec le ministre Taleb Ould Abdivall et a la haute main sur la très stratégique activité d’octroi des titres miniers. Il suit aussi tous les paiements effectifs des droits miniers à l’Etat et supervise ce qui e trait à l’acquisition, au traitement et à la diffusion de données géologiques. Ses interlocuteurs sont Ahmed Ould Taleb Mohamed, conseiller technique, et Zakaria Thiam, conseiller juridique. Jusqu’à janvier 2013, il était également en contact avec Dah Ould Sidi Bouna, directeur des études et du développement, promu à la tête de la Société de production d’électricité et de gaz (SPEG), et non encore remplacé. Sidi Bouna était en charge des nouveaux projets miniers et supervisait à ce titre les activités de Xstrata à Askaf (minerai de fer), de Kinross à Tasiast (extension de la mine d’or), ainsi que les projets de phosphates de Bofal et de quartz des sociétés MMC et QIM,
Omniprésent – Les attributions d’Oumar Diagana s’étendent aussi au comité mixte de coordination du projet d’expansion de la mine d’or de Tasiast (dont Kinross est l’opérateur), dont il est membre, ainsi qu’au comité d’orientation de l’Ecole des mines de Mauritanie (EMiM) dirigée par Mohamed El Mokhtar Ould Sidi Moliamed. Enfin, Diagana est également membre de la commission nationale de l’Initiative pour la transparence des Industries extractives (ITIE) et est à ce titre en lien avec Sidy Ould Zein, un Idawati, directeur de l’ITIE et conseiller économique auprès du premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf.
Ancien de l’Office mauritanien de recherche géologique (OMRG) piloté par Sidaty EI-Hachemy, Oumar Diagana est administrateur au conseil d’administration de la Société mauritanienne des hydrocarbures (SMH). Il a obtenu son diplôme en Côte d’ivoire et été formé en France, en Tunisie et à l’université de pétrole de Pékin.
Yahya Hamoudi
Le Nancy boy du ministère
Diplômé de l’Ecole des mines de Nancy, Yahya Hamoudi, le directeur de la police minière, fait partie du réseau des anciens de la faculté française qu’a réactivé Taleb Ould Abdivall dès sa nomination en tant que ministre.
A la tête de la direction de la police minière, mise en place en 2009, Yahya Hamoudi supervise les opérations de contrôle et d’inspection de l’activité minière, de la carrière à l’exploitation. Ses attributions se sont élargies à la faveur de la restructuration du ministère des mines et de l’industrie en ministère du pétrole, de l’énergie et des mines (MPEM) en 2011, à l’époque où Taleb Ould Abdivall a été nommé. Depuis cotte période, ses fonctions comprennent aussi la supervision de la dimension environnementale de l’activité minière, en plus de la gestion des explosifs et de la politique de “mauritanisation” mise en oeuvre par les autorités dans le secteur minier. Hamoudi chapeaute une vingtaine de brigades en cours de déploiement sur l’ensemble du territoire.
Bonne connaissance du cadastre – Ancien directeur des mines et de la géologie au ministère des mines de 2010 à 2011, Hamoudi connaît en outre très bien le cadastre, pour y avoir travaillé pendant dix ans, de 1999 à 2009, successivement en tant que consultant (notamment pour le projet PRISM), puis comme directeur de l’unité, avant d’être nommé directeur du cadastre. De janvier 2009 è avril 2010, il avait déjà exercé les fonctions de directeur de la police des mines. Membre de la tribu des Oulad Ebeyri, Hamoudi est réputé intègre au sein du ministère des mines.
Zakaria Thiam
• Juriste en chef
Ce spécialise de l’arbitrage – il prépare une thèse sur “l’efficacité de l’arbitrage au regard de l’exécution des sentences arbitrales” -, chapeaute depuis juillet 2011 le service juridique du ministère du pétrole, de l’énergie et des mines en tant que conseiller juridique. A ce titre, il travaille étroitement avec les trois juristes recrutés en 2012 au sein du département, à savoir Sidi Mohamed Ould Ghassem, chargé de l’énergie, Dah Ould Kharoumbara (pétrole) et Ahmed Salem Ould Bab Ahmed (mines).
Dah Ould Sidi Bouna, le directeur des études et du développement, faisait également partie de ses interlocuteurs réguliers, avant sa nomination à la tête de la Société de production d’électricité et de gaz en janvier 2013. Bouna avait participé, en 2012, à la modification du code d’investissement pour mettre en place d’une “convention d’établissement type” afin de stabiliser le régime fiscal.
Spécialiste du commerce international – Avocat depuis 1991, promu magistrat en 2006, Zakaria Thiam a présidé le tribunal de commerce de Nouakchott de 2008 à 2010, avant d’être nommé coordinateur national du projet de renforcement et de réhabilitation du secteur de la justice financé par l’Union européenne. Zacharia Tiam est enseignant à l’université de Nouakchott en droit des affaires en qualité d’assistant. Il a exercé en tant que conseiller spécialiste de droit des affaires et du commerce international auprès d’opérateurs privés.
Mohamed Abdellahi OuId Oudaâ
Le puissant patron de la SNIM
Etat dans l’Etat, la Société nationale Industrielle et minière (SNIM), dirigée par Mohamed Abdellahi Ould Oudaâ, est officiellement placée sous la tutelle du ministère du pétrole, de l’énergie et des mines, né de la restructuration de 2011. Mais, dans les faits, elle jouit d’une très grande autonomie. Ancien ministre des mines et de l’industrie qui a permuté son poste avec Taleb Ould Abdivall début 2011, Mohamed Abdellahi Ould Oudaâ, administrateur directeur général de la SNIM, a fixé des objectifs ambitieux pour la société nationale : atteindre une production de 40 millions de tonnes de fer par an à l’horizon 2020. Pour ce faire, il s’appuie sur son puissant directeur général chargé du développement, Yahya Ould Mohamed Beiba, un Idawali (comme le ministre des mines) diplômé de l’Ecole polytechnique de Montréal et qui a effectué l’ensemble de sa carrière à la SNIM. Il peut aussi compter sur Ahmed Ould Mohamed Ahmed, son conseiller chargé de la stratégie. Autre membre clé de son équipe son responsable commercial, Khalifa Ould Beyah, chargé des contrats d’enlèvement, est basé à Paris.
Incursion dans le privé – Ministre de l’industrie et des mines par deux fois entre 2008 et 2011, Mohamed Abdellahi Ould Oudaâ a longtemps été un élément important du parti du Rassemblement des forces démocratiques d’Ahmed Ould Daddah, le demi-frère de Mokhtar Ould Daddah, premier président de la Mauritanie. Ould Oudaâ est en outre un parent de Sidi Mohamed Quld Cheikh Abdallahi, le chef d’Etat renversé par le coup d’Etai de Moharned Ould Abdel Aziz en 2008.
Ingénieur d’Etat en électromécanique de l’Ecole nationale de l’industrie minérale de Rabat (Maroc), Ould Oudaâ a été cadre à la SNIM de 1991 à 2002, avant d’intégrer la Mauritanienne d’entreposage des produits pétroliers (MEPP), comme responsable du département technique. En janvier 2003, il s’est engagé dans le secteur privé et a monté une entreprise de travaux publics, qui e réalisé des projets aussi bien en Mauritanie qu’à l’étranger dans l’hydraulique (forages AEP), l’assainissement et l’électricité. A cette époque, il s’est notamment rapproché du groupe AON d’Abdallahi OuId Noueigued. Cet homme d’affaires a un temps détenu le projet de phosphates de Bofal avant que la SNIM n’en reprenne le contrôle au début des années 2010 et établisse un nouvel accord de partenariat avec, cette fois, l’indien Archean Group.
A peu d’exceptions près, l’ensemble des grands groupes familiaux mauritaniens comme AON, MAOA, Azizi, ASML, etc. ont pris pied dans le très lucratif secteur minier, ou sont en passe de le faire à l’instar des Ghadda, riche clan qui vient d’acquérir une importante flotte de camions de transport de minerai MAN. Les “services miniers’ sont ciblés en priorité par ces grands holdings multisectoriels, quoiqu’ils s’impliquent aussi parfois directement dans l’acquisition de licences d’exploration le plus souvent pour passer des accords de partenariat avec des groupes étrangers. Dans leur majorité, ces grands conglomérats locaux s’appuient sur leur appartenance à la tribu du président Abdel Aziz ou sur leurs relations de cousinage avec le chef de l’Etat.
Ahmed Baba OuId Azizi
Le patron des patrons
Holding local de premier plan, le groupe Azizi d’Ahmed Baba Ould Azizi s’est allié avec la junior française OSEAD SAS, filiale de Truffle Capital, pour établir OSEAD Mauritanie. Objectif: mener des travaux de recherche dans l’uranium sur huit blocs. Le groupe Azizi explore aussi du minerai de fer via sa filiale MACOBA.
Touche-à-tout – Ahmed Baba Ould Azizi appartient aux Oulad Bousbah, la même tribu que le président Mohamed Ould Abdel Aziz, dont il est un des cousins. Il préside la Fédération nationale du patronat mauritanien et est en outre consul d’Italie à Nouakchott. Tout comme la majorité des groupes en vue du pays, Azizi touche à quasiment tous les secteurs économiques en Mauritanie (Société d’exploitation de granite et de marbre, UPS, etc.). Comparativement aux autres grandes entreprises familiales mauritaniennes comme Noueygueid, Bouamatou, Ghadde ou Weddadi, Azizi détient un nombre particulièrement important de permis de recherche.
Abderrahmane OuId Chouaib
Le douanier reconverti
Ancien patron des douanes mauritaniennes, Abderrahmane Ould Chouaib fait partie des hommes d’affaires influents qui ont réussi leur reconversion dans le business minier. Aconnage Consignation Transit (ACT), le groupe mauritanien qu’il a fondé et dont il est le directeur général et l’actionnaire de référence, travaille en effet avec les grands groupes miniers présents dans le pays Kinross, MCM et Tamagot Bumi. Spécialiste de la logistique, ancien de la société Votra, Ould Chouaib maintient des contacts étroits avec l’administration en général et le ministère des mines en particulier. Il est leader dans le transport maritime et terrestre aux miniers et dans le dédouanement.
lsmael Hassana
• Sésame chez Kinross
Ancien General Manage, de 2006 à juin 2011, de Mauritania Petroleum Logistics (MPL), une société de sous-traitance dans les mines, lsmael Hassana est devenu l’un des acteurs mauritaniens clés du secteur lorsqu’il a été nommé conseiller spécial auprès du directeur général en charge des relations avec le gouvernement de Tasiast Mauritania. A ce titre, il s’est considérablement rapproché du président Abdel Aziz. Le poste qu’exerce lsmael Hassana au sein de la filiale de Kinross depuis mi-2011 lui octroie une influence considérable, notamment dans pour les contrats de sous-traitance de l’exploitation du métal jaune. Depuis son arrivée chez Kinross, MPL a raflé de nombreux contrats, dont certains aux dépends de la Sogeco, sous-traitant historique de Tasiast, filiale du groupe Abeidna dans laquelle Bolloré Africa logistique a acquis
51%.
L’autre compagnie de forage très active à Tasiasi aux côtés de Drill Corp. est Premiere Drllling.
Or, cette entité appartient au groupe Azima du businessman Lemrabott Ould Tangi, qui est le principal actionnaire de MPL. Rappelons que le gérant de MPL, fin 2012, est Moulaye Ould Boukhrais, fils de l’ancien chef d’état major du président Taya.
Business en famille – lsmael Hassana est d’autant plus incontournable qu’il est également responsable du recrutement des Mauritaniens au sein de l’équipe du canadien Hatch, chargé par Kinross de s’occuper de l’embauche du personnel. Dans ses fonctions, il s’appuie en outre sur les puissants réseaux de son père, Hassana Ould Ahmed Lebeid. Cousin du président Abdel Aziz, ce dernier est aussi un proche du général Mohamed OuId Hadi, directeur général de la DGSN jusqu’à fin 2011. Hassena Ould Ahmed Lebeid est surtout le patron de la Mauritano-chinoise de pêche (MCP), importante société de pêche basée dans la ville portuaire de Nouadhibou, ce qui l’amène à s’intéresser de plus en plus au secteur minier. Le patriarche voit en effet des opportunités dans les travaux d’aménagement qui vont être nécessaires dans le port dans le cadre des projets de Xstrata, en partenarial avec la SNIM, et pour accompagner le programme d’expansion de Tasiast.
Lemrabott OuId Tangi
Un foreur minier très connecté
Patriarche de la famille Ould Tangi appartenant à une fraction des Rgueibat (tribu présente en Mauritanie, au Sahara occidental et au Maroc), et proche de la famille Mouknass (tribu El Ga’aa, fraction des Rgueibat), Lemrabott Ould Tangi est impliqué depuis quelques années dans les mines via Azima. Spécialisé dans la logistique depuis trente ans, ce groupe est prestataire de Kinross, via sa société de forage, Premiere Drilling. Avec Drill Corp., Premiere Drilling est la seule entité à forer sur la mine d’or de Tasiast. Premiere Drilling est détenue en association avec Ahmed Mouknass, fils du l’ex-ministre des affaires étrangères Hamdi Ould Mouknass (1968- 1978) à l’époque du premier président de la Mauritanie Mokhtar Ould Daddah, et frère de l’ancienne ministre des affaires étrangères du président Abdel Aziz, Naha Mlnt Mouknass, connue pour sa proximité avec le régime libyen de Mouammar Kadhafi et débarquée à l’époque de la crise dans la Jamahiriya.
Des proches dans les affaires – Le cousin de Lemrabott Ould Tangi, Houmeya Ould Tangi, représente en outre les sociétés d’exploration Earthstone Group, MineraIs Mauritanla Sarl et Sonko Lowental (partenaire de Charter Pacific Corp. Ltd) en Mauritanie. Houmeya est marié à Fatima Fall, la sœur de la businesswoman Khady Fall, cousine du président Abdel Aziz. Par le biais de sa société Négoce international, Khady Fall sécurise ponctuellement des permis d’exploration (elle en disposait de trois début 2013) qu’elle revend ensuite. Consule d’Ukraine en Mauritanie, Khady FalI est par ailleurs une intime de la femme de l’ex-président Sidi Mohamad Ould Cheikh Abdallahi.
Abderrahmane OuId Mohamed dit “Tetama”
L’ancien associé d’Ould Abdivall
Abderrahmane Ould Mohamed dit “Tetarna” est le patron de Drill Corp. Sahara, la plus importante société mauritanienne de forages qui a travaillé par le passé pour la SNIM, Kinross, Xstrata, Gryphon Minerais et Forte Energy, Il dispose d’une flotte de foreuses composée d’une vingtaine d’unités (une moitié dédiée au “Rig Control” et l’autre au carottage). Drill Corp. compte parmi ses soutiens le groupe d’investissement Advanced Finance lnvestment Group (AFIG, 11e Maurice), qui a injecté 8 millions de dollars dans la société de forage, dont 4 millions $ dans son capital. Longtemps en charge du forage sur la mine de Tasiast opérée par Kinross, Drill Corp. n’était plus active sur le site début 2013.
Ex-associé du ministre des mines – Tetama est très connecté dans les réseaux miniers à Nouakchott. Il compte parmi ses anciennes relations d’affaires le ministre des mines Taleb Ould Abdivall, qui a été son associé à l’époque où ce dernier travaillait dans le privé avant de mettre fin à la collaboration et de prendre ses distances avec la société. En avril 2012, Drill Corp. Sahara a été poursuivie par Mohamed El Mamoune Ould Dide pour abus de confiance, faux et usage de faux, fraude et escroquerie. Ould Dide est l’associé de Tetama au sein de la société Relmex, actionnaire de Drill Corp. il lui reproche d’avoir vendu un permis d’exploration de Reimex dans son dos au profit de la société australienne Gryphon Minerais (lire l’article du 19 avril 2012 sur Noorinfo, ici).
Abdel Ghoudouss Abeidna
L’encombrant activiste politique
Groupe familial mauritanien actif dans l’industrie minière, Abeidna paraît pâtir de l’appartenance de l’un de ses héritiers à l’opposition politique dans le pays. Rien ne va plus en effet depuis qu’Abdel Ghoudouss Abeidna, l’un des trois fils du patriarche lsmaii Abeidna, est entré en politique. Abdel Ghoudouss Abeidna préside l’Union nationale pour l’alternance démocratique (UNAD), membre de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) anti-Abdel Aziz. Ses fonctions de conseiller spécial auprès de son père, président de la Sogeco, semblent en effet nuire à cette société de transport auprès des compagnies minières. Ainsi, jusqu’en juillet 2011, celle-ci acheminait près de 300 containers par mois pour le compte de Kinross (Canada), l’opérateur de la mine d’or de Tasiast. La Sogeco louait aussi à la société canadienne trois grues. Mais, depuis cette époque, et sous l’impulsion du tout-puissant Melainine Ould Towmy (lire ci-dessus), représentant de l’Etat auprès de Kinross (réputé proche d’Abdel Aziz), les activités de la Sogeco se sont réduites à peau de chagrin sur le site minier. En parallèle, la société de transit et de consignation aux miniers Transac du groupe Azizi d’Ahmed Baba Ould Azizi, cousin du président, est montée en puissante à Tasiast, tout comme une autre société de sous-traitance, MPL, du businessman montant Ismail Hassana (lire ci-dessus). En guise de contre-attaque, et pour se renforcer, la Sogeco a fait rentrer dans son capital dès fin 2011, à hauteur de 51%, le groupe français Bolloré, ultra présent dans le transport en Afrique de l’Ouest.
Connections internationales – Le groupe Abeidna connait aussi des difficultés depuis 2012 au niveau de sa société d’exploration minière Rubis International Ltd. Partenaire en joint-venture depuis 2007 du Bumi Resources Group (filiale du groupe indonésien Bakrie & Brothers) au sein de la compagnie française Bumi Holding SAS, Rubis a saisi la justice française contre Bumi en 2012 En cause, l’octroi par le ministère des mines d’un permis d’exploitation à Tamagot Bumi SA, une société contrôlée à 100% par Bumi, à la suite d’une découverte commerciale de minerai de fer effectuée sur le site d’Otoy détenu par la joint-venture Bumi Holdings SAS, et évinçant donc de fait Rubis International.
Via sa famille, Abdel Ghoudouss Abeidna est très connecté en Mauritanie et à l’étranger. Son frère Sid Ahmed, directeur général de la Sogeco, est consul britannique à Nouakchott. Khaled, son autre frère, est consul de la Corée du Sud dans la capitale mauritanienne. Il est par ailleurs directeur général des assurances Atlantic Londongate, qui font partie du groupe Abeidna, au même titre qu’Atlantic Motors, etc.
Mohamed Abdallahi OuId Abdallahi
• Un businessman moins en cour
Puissant homme d’affaires à l’époque du président Ould Taya, dont il était un proche, Mohamed Abdallahi Ould Abdallahi, patron du groupe MAOA, a pris pied dans les mines è la fin des années 2000, par le biais de sa société Agrineq. A l’origine, cette compagnie était surtout spécialisée dans la distribution d’eau et d’électricité, le partenaire d’Agrineq est TransAfrika, la junior du Sud- Africain Loucas Pouroulis. Somaso, la joint-venture dans laquelle TransAfrika est majoritaire à hauteur de 70% (30% Agrineq), contrôle quatre permis dans l’or, le fer (projet Kaouat) et l’uranium. Le groupe MAOA est également actionnaire de MKT (pêche), Air Mauritanie, et de plusieurs autres sociétés.
Ahmed Saleck Mohamed Lemme
Le bailleur de fonds d’Abdel Aziz
• Ahmed Saleck Mohamed Lemme, dit le “Sahraoui”, originaire de Laâyoune au Sahara occidental, patron du groupe tentaculaire ASML, s’est positionné dans les mines à la fin des années 2000. Sa filiale Mauritanienne de construction et d’équipements SA (MCE SA), qui œuvre à l’origine dans la logistique et les forages, a établi en octobre 2009 une joint-venture à parts égales, nommée Tayssir Resources SAS, avec la société australienne Minerai Deposits Ltd (MDL), qui s’est désengagée depuis. Tayssir contrôle cieux permis d’exploration aurifère, Aimou et Dune De Louted, respectivement au nord et au sud de la mine d’or de Tasiast de Kinross. La joint-venture est également titulaire d’un permis pour les sables minéraux à Lemcid sur la côte, et dans le fer, à GueI Lehdej, au sud de Zouerate, la “capitale” mauritanienne du fer où opère la Société nationale Industrielle et minière (SNIM).
Un cimentier influent – MCE a en outre également participé à la construction du site minier des Mines de cuivre de Mauritanie (MCM, filiale de First Quantum Minerais Ltd) à Akjoujt. Fin 2012, MCE a décroché le contrat de construction du nouvel aéroport international de Nouakchott.
Ahmed Saleck Mohamed Lemme gère également via son groupe ASML la plus importante compagnie de ciment du pays, Ciment de Mauritanie, client des compagnies minières. L’homme d’affaires a réalisé la majeure partie de sa fortune au sud du Maroc. Il s’est installé en Mauritanie à l’époque du président Mokhtar Ould Daddah. Il a aidé le pays lors de la guerre contre le Poilsario en 1979 et a obtenu, par un vote au parlement, pour service rendu, une exonération exceptionnelle d’impôts. Il fait partie des businessmen mauritaniens qui ont financé la campagne électorale d’Abdel Aziz à l’instar de Mohamed Ould Bouamatou. Les groupes AON et MAOA sont des actionnaires de longue date d’ASML.
Source : ould Keig

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