Entre sénile et juvénile, la politique s’annule (entre vieux et jeune, la politique s’annule)

contributionL’exigence de renouvellement de la classe politique est forte chez l’électorat du pays. Cette demande sociale est exigée par la nouvelle donne ambiante qui mesure les hommes politiques selon une seule unité de mesure : le « nafore » ou rendement.

Il y a quelques années, la politique reposait sur la notoriété des notables locaux dont la base sociale capable de mobilisation clientéliste suffisait pour le recrutement de la troupe. Les loyautés familiales et les affinités primaires étaient fortement mises à contribution.

C’est l’époque où on battait campagne autour des thèmes de « l’authenticité » facilité par le financement des cérémonies de mariage, de semaines culturelles et sportives. Mais de telles stratégies ne sont plus soutenables aujourd’hui. Aucun notable n’aurait une base soumise encore moins obéissante aveuglement.

Celle-ci refuserait de se laisser contenir dans les frontières uniques de la parenté. Le traditionnel tricotage entre réussite politique et liens généalogiques est partiellement rompu. Il est remplacé par l’exaltation de la rentabilité.

Tout homme politique affublé du statut de « nafata » ruine par avance son parcours. Ce point de vue nourrit tous les raisonnements, justifie le zapping politique, alimente les pugilats. Le vent a donc tourné. L’électorat n’est plus spontané mais réfléchi.

Sa psychologie interagit avec ses besoins. Le nouveau mécanisme qui encadre la masse électorale majoritairement instruite (beaucoup de diplômes chômeurs) fait plus cas de sa promotion personnelle que de la réussite d’un cousin replié sur son ego. Les hommes politiques sont de plus en plus accueillis sur la base de leur capacité de résorption des déficiences locales.

C’est cette attraction qui conduit à l’attachement passionné à un homme politique, à la fidélité à un parti. Etre utile aux autres, à la collectivité et, par ricochet, à soi même, voilà le nouveau crédo ! La persistance de l’attachement à un espace politique est fonction de la productivité politique.

C’est elle et elle seule qui sécurise les actions d’un leader local ou national. Il faut toujours trouver à l’électorat des raisons de rouler pour le parti. Ce qui est visé ce sont donc des retombées des activités sur les acteurs sociaux qui ne se gavent plus de mythes. C’est dire que les recettes substantiellement visibles (projets agricoles, scolaires…) compatible avec le bien-être des populations constituent un investissement politique qui ouvre de grandes perspectives électorales.

Ainsi seulement l’identité du parti pénètre dans les « pores » des habitants qui le sécurisent en retour. La séduction des opportunités économiques est le meilleur meeting. Elle astreint néanmoins à des sacrifices et risques politiques. La cote de popularité d’un leader en dépend. Le courage n’est-ce pas la première vertu politique ?

L’arène de la politique est un espace de collision où on ne peut espérer subsister qu’en étant apte aux combats productifs pour de motifs élevés, altruistes. C’est un gage de réussite. L’électorat est roi.

Il a droit à des égards. Il faut faire deux fois plus d’attention à sa base qui devient de plus en plus gloutonne. Nous postulons que cette transformation sociale appelle de nouveau modes d’approche plus raffinés, une jeunesse qui a le sens de l’air du temps, à même de faire face à cette demande populaire. Un matériau nouveau redonne vie à l’élan de la politique.

Malheureusement, tous les partis sont victimes d’un phénomène de reproduction sociale qui voudrait que seuls les ainés dirigent les foyers : Ils ne permettent pas aux cadets d’accéder aux postes de responsabilité généralement corrélés à l’âge.

Le quota des jeunes diminue au fur et à mesure que l’on s’élève dans les hautes instances. Touchés par l’exclusion, les jeunes ne bénéficient ni de carrière ni d’avantages au service de leurs ambitions.

La hiérarchie fixe tout en se réservant les taches de commande. « L’éternel retour du même » achemine vers un modèle unique. Les partis vont dans le sens du préétabli allergique à la rotation, à la recomposition. Aucune mutation ne semble ébranler cette stabilité.

Les nouvelles candidatures aux postes électifs le confirment : L’UPR n’a choisi que des préretraités, des novae peu lumineuses. Personne ne se plait dans ce mode de fonctionnement un peu figé ; car même les étoiles se déplacent !

L’édifice immobile dans lequel s’abrite l’appareil politique se doit d’effectuer un mouvement. « Le nullitarisme » de sa routine ne va nulle part ! « Le Y en a marre » est ambiant dans les régions ! Il faudrait trouver une nouvelle dynamique qui ferait preuve d’ouverture sans quoi le « dégage » tunisien remuera les consciences.

Sy Alassane Adama
Philosphe

 

Source : mdmdlemine

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