Entretien avec Houssein Dieng Ambassadeur de « Oser Afrique » en Mauritanie

Dieng

A l’occasion de la Journée Internationale de la Jeunesse célébrée ce 12 août, notre site s’est entretenu avec Houssein Dieng, Ambassadeur de « Oser Afrique » en Mauritanie. Un collectif dont l’objectif est la promotion du leadership des jeunes du continent.

Rimweb: Quelles sont les enjeux de la mise en place d’une telle initiative dénommée Oser Afrique?

Houssein Dieng : Tout d’abord, OSER est une initiative de la jeunesse africaine par la jeunesse africaine et pour la jeunesse africaine. L’enjeu de la mise en place du collectif Oser l’Afrique Mauritanie est de taille car la jeunesse mauritanienne entend jouer sa partition dans les grands rendez-vous du monde. Mieux sous l’égide de la présidence mauritanienne de l’UA,  Oser l’Afrique Mauritanie qui a commencé à s’étendre à travers des coordinations dans les moughatas du pays (Rosso et Nouadhibou) tient à apporter sa contribution dans l’œuvre nationale et Africaine de construction à travers les différents chantiers mis en branle. Les valeurs de cette organisation panafricaine qui œuvre loin de tout cadre politique sont : Innover, Incarner Rayonner. Se regrouper en un mot O.S.E.R. Nous sommes la plus grande force de L’ AFRIQUE, notre continent a besoin de nous, ensemble nous bâtissons l’avenir et ensemble nous pouvons.

Rimweb: Quelle est la finalité de votre action ?

HD : La finalité recherchée est de former une « communauté » de jeunes africains déterminés à bâtir une Afrique prospère et qui peut jouer son rôle dans le concert des Nations en parlant d’une seule voix et préserver des intérêts communs.

Rimweb: comment se concrétisent vos actions sur le terrain?

H.D : Nos actions se concrétisent sur le terrain par le carnet de la Jeunesse Pour l’Afrique, les clusters qui sont des projets élaborés par les jeunes au profit des jeunes, la Plateforme Virtuelle, le Prix OSER L’AFRIQUE pour le Leadership et l’Innovation, les Plaidoyers OSER L’AFRIQUE auprès des autorités et des partenaires au développement e le Forum de la Jeunesse Pour l’Afrique « African Youth Summit ».

Rimweb : concrètement à quoi sert le collectif Oser l’Afrique- Mauritanie?

HD : Le collectif OSER l’Afrique –Mauritanie a des objectifs qui se résument ainsi :

Connecter, c’est à dire créer un espace permanant d’échanges entre la jeunesse africaine (jeunes de la diaspora et jeunes du continent), la jeunesse du monde et divers acteurs politiques, économiques et culturels ; Outiller: développer les capacités de leadership et d’innovation de la jeunesse africaine ; Influencer: assurer auprès des gouvernements, organisations et institutions mondiales la prise en compte des intérêts de la jeunesse africaine dans la définition des politiques de développements  économiques et sociales.

Rimweb: Quels sont les problèmes réels de la jeunesse mauritanienne selon vous?

HD : Les problèmes réels de la jeunesse mauritanienne comme toute celle de l’Afrique se résument essentiellement à :

L’Éducation et formation 

La Professionnalisation 

L’auto-emploi, l’entrepreneuriat

L’adaptabilité des formations par rapport aux besoins du marché,

Ce sont ces maux qui gangrènent actuellement notre jeunesse et qui la poussent à s’adonner à la migration illégale, à intégrer les réseaux mafieux et à être recrutée par les mouvements jihadistes, etc.

Rimweb: Quelle solution proposez-vous pour changer la donne?

HD : L’Éducation et formation : Être un jeune actif commence par la mise à profit de toutes les chances de son côté à travers une éducation de qualité et une formation pointue et adaptée (y compris une formation continue). Notre émancipation en tant que jeune ne peut s’envisager sans une base de connaissances authentiques et en phase avec notre environnement immédiat. Il devient donc urgent de repenser l’offre de formation et l’éducation en Afrique pour répondre notamment à deux objectifs essentiels.

Créer un état d’esprit orienté vers la prise d’initiatives : aujourd’hui, la jeunesse appelle de ses vœux un parcours scolaire et académique vecteur de créativité, élargissant ainsi le champ des possibles pour ouvrir la voie à de formidables aventures professionnelles ou entrepreneuriales comme celles qu’on a pu voir récemment en Asie ou aux États-Unis.

La Professionnalisation : Aussi, éducation et formation ne font pas tout. De bons élèves ne font pas automatiquement de bons salariés ou de bons entrepreneurs. Là encore, et pour faciliter l’entrée des jeunes dans le monde du travail et leur permettre de sauter le pas avec succès, il faudra collégialement apporter des solutions concrètes à deux impératifs : créer de véritables filières d’apprentissage et plus généralement encourager les acteurs privés à s’impliquer dans la politique d’éducation et de formation ; faciliter la rencontre entre l’offre d’emplois et la demande : cela doit passer par une application claire des lois en faveur de l’emploi des jeunes ou encore en poussant les entreprises du secteur privé à publier leurs offres d’emploi et multiplier les forums de recrutement tout en combattant la discrimination sous toutes ses formes.

L’auto-emploi, l’entrepreneuriat : Enfin, l’emploi n’implique pas seulement le salariat. L’auto-emploi est d’ailleurs, de manière volontaire ou non, et ce au vu du dynamisme du secteur informel en Afrique, le quotidien de nombreux jeunes du continent. Il y a de la place pour tout le monde et la jeunesse fourmille d’idées, il y a donc des opportunités à saisir. Ces jeunes entrepreneurs ont une préoccupation et un besoin : placer l’innovation au cœur de leur démarche entrepreneuriale, la jeunesse crée au quotidien. Plus elle entreprend pour satisfaire ses besoins, plus elle crée de la valeur ajoutée. Ainsi, les jeunes doivent être écoutés sur l’ensemble des projets qui les interpellent pour se voir impliqué d’amont en aval.

Mais aussi bénéficier de structures d’accompagnement nécessaires au décollage pérenne de tout projet entrepreneurial : tous les intervenants doivent jouer leur rôle. Les jeunes entrepreneurs doivent s’organiser en groupements ou en fédérations afin d’augmenter leurs chances de réussite.

Les entreprises du secteur privé doivent, pour se maintenir dans la course de l’innovation, investir dans la jeunesse. À travers des incubateurs et du tutorat, les responsables du secteur privé pourraient avoir un impact considérable, y compris sur leurs propres entreprises. Enfin, les pouvoirs publics doivent prendre un ensemble de mesures visant à favoriser l’entrepreneuriat (assainissement du climat des affaires pour permettre aux entrepreneurs de lever des fonds ou encore investissements dans des infrastructures).

Nous l’avons vu, de nombreuses initiatives restent à mettre en œuvre. L’Afrique est le continent de l’avenir. Mais, seule une jeunesse responsable, outillée et en confiance pourra être au rendez-vous de l’histoire. Concentrons donc nos efforts à investir et faire fructifier ce capital inestimable !

Rimweb: Comment comptez-vous célébrer la journée de la jeunesse prévue ce 12 aout?

HD : On va la célébrer avec douceur et on fera un communiqué pour rappeler l’événement mondial de la jeunesse. Une conférence sur le thème de la jeunesse est envisagée avec des personnes ressources qui pourront davantage évoquer, les problèmes, les sources d’emplois et les perspectives. Au moment opportun, nous tiendrons informer l’opinion nationale et internationale. Oser l’Afrique Mauritanie compte beaucoup sur les masses médias pour faire une large diffusion du mouvement qui concerne tous les jeunes de toutes les communautés.

Propos recueillis par Awa Seydou Traoré

 

 

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