Entretien exclusif avec… D.D., la domestique violée à Nouakchott

 FILLE VIOLEE

L’OBS – Tabassée, torturée et violée, D.D ne se promène presque plus seule à Nouakchott. Elle se plaint toujours de souffrances physiques : maux de tête et autres nausées. Ses yeux sont rouges et portent les stigmates de sa mésaventure «sexuelle». Accompagnée de «son» frère, Mohamed  Najir Thiam, la native de Kaolack rembobine, pour L’Obs, le film de son viol.

 

Que s’est-il réellement passé la nuit de lundi 19 au mardi 20 août 2013 ?

J’ai quitté la demeure de ma cousine aux environs de 23 heures pour me rendre à mon lieu de travail, à la Cité Place. Sortie de la maison, je me suis engouffrée dans un taxi après avoir convenu de lui payer la somme de 500 Ouguiyas (soit 1 000 FCfa) comme frais de transport. C’est ainsi que j’ai rappelé mon «frère» (Mohamed Najir Thiam) pour lui dire que je suis en train de rejoindre mon lieu de travail. Et il (Mohamed Najir) m’a dit avec insistance : «Ne raccroche surtout pas ton téléphone ! Nous allons continuer à parler jusqu’à ce que le chauffeur de taxi te dépose devant la maison de ton patron à la Cité Place.» Mais je lui ai demandé de raccrocher le téléphone, chose qu’il a accepté sans problème. Je ne pourrai pas identifier mes bourreaux. Ce dont je suis sûre, c’est qu’ils étaient au nombre de 4  et que j’ai été kidnappée, tabassée et violée.

 

Dans quel hôpital êtes-vous partie pour vous faire consulter ?

Accompagnée de «ma» cousine, je suis allée à la clinique Kissi, mais les infirmières nous ont laissé entendre qu’elles ne peuvent rien faire pour moi tant que je ne leur ai pas apporté une réquisition émanant d’une autorité de la police. Et c’est ainsi qu’une personne, présente dans les locaux de la clinique Kissi, nous a indiqué le siège d’une association de droits de l’Homme (Afcf) à quelques mètres de la clinique Kissi. Nous nous y sommes rendues. Nous avons été chaleureusement accueillies par les assistantes sociales, y compris la Coordinatrice du projet des domestiques mineures, Aminata Coura Ly.  Ensuite, les  assistantes sociales de l’Afcf sont parties avec le policier, qui est venu me déposer chez ma cousine, pour avoir une réquisition de la police afin que je puisse être enfin consultée.

Les policiers sont-ils partis sur les lieux du viol ?

Oui, nous sommes retournés sur les lieux où j’ai été violée. Nous nous sommes rendus sur place avec les éléments de la police et des assistantes sociales de l’Afcf. Les enquêteurs de la police de Dar Naïm n°3 ont vu sur les lieux des traces de combats et y ont trouvé un turban, une chaussure abandonnée et la perruque que je portais cette nuit-là.

PROPOS RECUEILLIS PAR MAMADY CAMARA

Aminetou Mint El Moctar Ely, présidente de l’Afcf

 

«D.D ne pouvait rien voir, car elle a reçu plusieurs coups de poing sur la figure»

«Après la consultation, le médecin lui a prescrit un repos de 21 jours, puis nous sommes reparties à la police pour les besoins de l’enquête. Après une série d’interrogatoires, D.D a fait comprendre aux policiers qu’elle ne peut identifier ni ses agresseurs-violeurs, ni la marque et le numéro d’immatriculation de la voiture. Autant donc vous dire qu’il ne serait pas facile de suivre son dossier tant que l’un des violeurs n’est pas arrêté. Mais je peux dire que les éléments du commissariat de police de Dar Naïm n°3 sont en train de rechercher les violeurs de D.D. Et ce n’est qu’après l’arrestation de l’un d’eux que le dossier pourra être instruit et envoyé devant le parquet de Nouakchott. Les assistantes de l’Afcf ont accompagné les enquêteurs de la police pour aller voir là où D.D a été violée. Ils ont constaté sur place un véritable champ de bataille et trouvé un turban, la perruque que la jeune femme portait et une chaussure abandonnée sur ces lieux. Puis, elle est retournée à l’hôpital pour des soins afin qu’elle ne contracte  pas une grossesse après son viol. Elle s’est défendue, mais ne pouvait rien faire contre quatre solides garçons. Regardez sa figure, elle ne pouvait rien voir, tellement, elle a reçu de coups. Ses yeux en portent encore les stigmates. Elle a été complément mise K.O. Le médecin lui a donné des cachets et, mardi prochain, elle ira faire des tests du Vih/Sida».

 

C.M

Source : ActuRim

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