Entretien : «LA MAURITANIE est la Mauritanie. Elle est ce que Dieu en a fait, fière aujourd’hui de ses valeurs » dit Me Diop (Deuxième Partie)

Amadou_Demba_Diop_2_5Adama Diop, avocat de profession, actuellement en France et doyen du barreau mauritanien en exercice à ce jour, s’est prêté volontiers aux questions posées suivantes dans cet entretien (seconde partie).
Ressortissant de la commune de Mbagne, cet ancien député et membre du conseil constitutionnel livre sa lecture sur « l’impopularité » de l’opposition et son boycott de l’avant-dialogue ainsi que des voies qui lui s’offrent pour imposer l’alternance politique et le climat de paix inédit prévalent dans le pays,
Question : Le peuple adhère-t-il au discours des opposants ?
ADD : Le peuple dont l’opposition prétend être confisqué de son pouvoir et de la légitimité de ses dirigeants, a prouvé à deux reprises, par la voie des urnes, donc par recours démocratique, son profond attachement au Président de la République Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, comme l’illustrent clairement les bains de foule dont il a fait l’objet dans les wilayas de l’intérieur du pays, déjà visitées au cours des derniers mois.
Du Nord, à l’Est, de l’Ouest au Sud, l’euphorie populaire était au rendez-vous des visites présidentielles, traduisant une parfaite entente entre les populations et leur dirigeant, dont l’arrivée au pouvoir a mis progressivement le pays sur les rails du développement économique et social, de l’unité nationale, de justice sociale, de la paix, de la réconciliation, du pardon, de la sécurité et de la liberté.
On ne connaît la même mobilisation des mauritaniens pour les opposants, dont les activités sont concentrées à Nouakchott, ameutant plus de curieux que des militants convaincus.
Question : L’opposition radicale a boycotté de nouveau l’offre de dialogue politique faite par le pouvoir ?
ADD : Ce sont des personnalités en perte de vitesse et érodées par l’usure politique, toujours passionnées par le pouvoir qui se sont absentées à la rencontre consultative élargie préliminaire à un dialogue national inclusif.
Des opposants sans base populaire, sans représentativité ni au parlement, ni dans les conseils municipaux, sinon, faiblement présents dans les fonctions éligibles pour se prévaloir d’une popularité réelle et contraignante pour un pouvoir confortablement élu et largement soutenu par une forte majorité présidentielle.
Y-a-il un seul citoyens qui a manifesté aux côtés de ses opposants ou de ce forum pour fustiger la volonté de dialoguer entre mauritaniens animés d’une bonne foi, mobilisés pour l’intérêt général, rien l’intérêt du peuple ?
Non, vous convenez sans nul doute avec moi si vous êtes un observateur indépendant, s’exprimant selon les réalités politiques du terrain, loin de toute accointance à gauche ou à droite.
Je crois qu’une opposition qui se prévale de popularité, de capacité de prendre le pouvoir et de prouver sa légitimité démocratique à travers des élections libres et transparentes, ne doit pas avoir peur de son adversaire politique et ne doit pas fuir comme la peste ce qu’elle qualifie de « majorité fictive » selon ses convictions.
Le dialogue n’est pas celui de la majorité ou de l’opposition. C’est l’intérêt des mauritaniens toutes catégories confondues. C’est donc un objectif commun qui doit être encouragé par ces deux pôles politiques, lesquels doivent se parler, s’ouvrir, afin de pouvoir surmonter leurs divergences, qui sont pour moi, insignifiantes comparées à leurs points de vue communs.
Ceci m’amène à dire qu’on s’oppose rien que pour s’opposer, acceptant d’être enfermé, otage de faux préjugés ; ce qui constitue malheureusement une insulte à l’intelligence du peuple, tout le peuple.
Question : La Mauritanie est-elle un pays de paix ?
ADD : Il faut reconnaitre qu’il est plus difficile de gérer la paix, que d’arrêter la guerre. La paix que notre pays vit enfin, au témoignage de la communauté internationale depuis 2009 et des citoyens eux-mêmes jusqu’à ce jour, a favorisé l’éclosion des libertés, des partis politiques, des journaux et des chaînes TV jouissant depuis quelques années d’un espace audiovisuel inédit ainsi que d’une dépénalisation du délit de presse.
Il y a aussi des syndicats à toutes les échelles de la pyramide sociale, défendant les intérêts des employés, manifestant et apportant leurs contributions aux négociations sociales avec le gouvernement.
L’ère démocratique réelle a permis à tous les acteurs politiques, médiatiques, socioéconomiques et professionnels à trouver chacun la place qui sied, afin de s’auto entretenir en vue de conduire la Mauritanie vers l’optimum de développement, d’unité et de cohésion.
Question : L’opposition ne voit que des revers et des contreperformances pour l’actuel pouvoir ?
ADD : les réalisations faites par le Président Mohamed Ould Abdel Aziz, que nous avons évoqués dans une précédente interview, ne peuvent être occultées, car ce sont des acquis palpables, présents devant nos yeux, vécus par les citoyens dont on peut citer à titre indicatif les hôpitaux modernes dotés de scanners et d’IRM ainsi que les écoles qui enregistrent en cette année de l’enseignement 2015 un véritable assainissement, avec la fermeture de dizaines d’écoles et collèges privés favorisant le chaos pédagogique.
Autant reconnaitre pour nos opposants pragmatiques et sincères qu’on ne peut nier ou minimiser ses importantes réalisations ou détourner d’elles par des critiques souvent gratuites et subjectives, ne rentrant pas dans le cadre d’un apport constructif et positif au renforcement de l’Etat Nation et à la consolidation de la démocratie. Le mieux pour les mauritaniens est de préserver ces acquis grandioses et de pas permettre aux aveugles de couper la branche sur laquelle on est assis.

Question : L’opposition a-t-elle des chances de prendre le pouvoir ?

ADD : Bien sûr. C’est au peuple que revient la décision finale. Mais pour cela, elle doit cesser de boycotter, de s’enfermer, de pleurnicher, de prendre à contre-courant le jeu démocratique. Elle peut prendre la décision de descendre sur le terrain pour interroger le peuple sur sa participation ou pas au dialogue, ou recueillir son avis sur le bien fondé de la rencontre consultative élargie préliminaire à un dialogue national inclusif.
Après, on pourra mieux comprendre les motifs d’un boycott, à la lumière de cette consultation des mauritaniens. Mais boycotter, parce qu’on est sûr de perdre d’avance ou de se faire trop humilier au cours d’une consultation électorale, c’est tout simplement un jeu antidémocratique.

Propos recueillis par Md O Md Lemine

Source : Md O Md Lemine

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