Est-ce là le sommet de vos ambitions et la fin de nos espoirs monsieur le président?

contribution - plume

Bouddah ould al Bousseyri a servi le peuple, contre la dépravation. Il n’a couté ni villa ni voiture, ni avion a la Mauritanie. Mohameden ould sid Brahim a joué un rôle non négligeable contre une certaine gabegie morale. Yacine ould Nana a galvanisé les nerfs des mauritaniens pendant la guerre du Sahara avec sa fameuse chanson, reprise par toutes les bouches « Tqawwi yal-jalal Ketayeb mouritan. »

Je me souviens vaguement de votre honorable personne, je crois, monsieur le président à la Médina « R« . vous étiez très réservé. Si je ne me trompe. Je crois que j’ai gravé votre image, comme celle de beaucoup d’enfants de cette époque, dans ma mémoire.

Vous êtes donc un mauritanien a qui le destin a accordé un certain rôle. Pensez vous que la lutte contre les « fuites de sous« , à elle seule, suffit comme effort pour redresser ce pays?

Contrairement à nous tous, vous ne pourriez pas dire a Dieu « Je ne pouvais pas. », car c’est Lui qui vous a accordé le pouvoir. Une fois a Nouadhibou, l’un de ces moments ou j’ai décelé en vous l’image d’un vrai patriote, prêt a tout pour son pays, vous disiez et je vous cite  » C’est comme si « ils », vous parliez de l’opposition, n’ont pas une âme, qui puisse sentir les souffrances de leur peuple. » Fin de citation.

Aujourd’hui je reformule cette question avant de vous l’adresser « Ne pouvez vous voir, sentir palper, comptabiliser la déchéance morale dans laquelle nage vos pauvres citoyens, obligés a s’aplatir pour vous plaire? » n’est ce pas la forme de répression la plus sournoise?

La démagogie qui s’installe, n’est qu’une continuation du travail déjà entamé par vos prédécesseurs. Je scrute tous vos déplacements, toutes vos interventions, toutes vos décisions, pour pouvoir vous placer dans la case encore vide de ceux qui, sincèrement, honnêtement et pour l’amour de Dieu, veulent changer, pour ne pas dire sauver ce pays. Je recense toujours un capital de stabilité perché sur une énormité de facteurs instables.

Que vous le veuillez ou non, monsieur le président de tout ce qui se trame par vous, autour de vous et en votre nom, ou non, vous êtes le premier responsable, le premier suspect, le premier a rendre compte devant Votre Dieu.

Regardez l’étau infaillible du « faire semblant » qui vous encercle. Est-il logique, voire moral ou humainement concevable, qu’il n’y ait aucun fonctionnaire contre votre respectable régime?

Les fonctions de président c’est aussi la lutte contre « La gabegie morale » d’ailleurs la défection de cette gabegie là, est la source qui alimente toutes les autres formes de gabegies. Vos fonctions, les rôles avec lequel Allah vous a honoré, sont très nombreux et très diversifiés : la justice, l’égalité, la dignité, la sécurité, mais avant tout la MORALE.

Sauvez quelque monnaie ne résout aucun problème. D’ailleurs nos pères avaient coutume d’aller une année ou deux, commercer au Sénégal, en Gambie en Cote d’ivoire ou ailleurs et revenir distribuer le travail d’une vie en deux ou trois jours a tous ceux qui les entourent. Cette boulimie qui embrase notre peuple aujourd’hui, est signe d’un changement infect et sale, qui risque d’effacer à jamais la valeur et la raison d’être de ce peuple.

Quelque part on se joue de votre bonne foi, ou quelque part vous semblez ignorer en toute conscience que vous suivez au centimètre prés, le chemin suivi par le président Maaouiya ould Sid Ahmed Taya. Il n’était pas mauvais. Il était très réservé, « occidentalisé » disaient certain.

Il insultait les tribus, qu’il appelait « Qweybilat« . Et contrairement à ce que beaucoup essayent de faire croire aujourd’hui, il n’a été que « mauvaifié« , à la hâte pour porter le chapeau des crimes de ceux qui se coulent et se lovent toujours autour des gens du pouvoir, pour les « utiliser » puis les « recycler » avant de passer au suivant.

Ce sont toujours les mêmes manigances de ceux qui se sentent « en haut » et qui veulent obliger le peuple à se sentir « en bas« .

Utiliser le trésor de l’état pour corrompre quelques élites, qui a leur tour corrompent leurs tribus, qui votent pour un guide, gardant le doigt sur leur gâchette pour le vilipender dès qu’un nouveau émerge. Voila l’équation simplifiée.

Monsieur le président on ne presse pas indéfiniment le ressort du peuple. Il risque de sauter au visage de celui qui croit le maitriser. Dieu nous garde des changements dans la douleur et dans les catastrophes.

Chez nous le citoyen n’a pas de valeur réelle. On l’utilise pour les urnes puis on verse les « urnes » sur son crane. Cette opération s’est répétée et se répète à nos jours. Or la somme des valeurs des citoyens, constitue le capital dignité du pays. Calculez monsieur le président.

N’est ce pas une contradiction flagrante entre être « président des pauvres » et observer en dilettante la pauvreté morale, mère de toutes les pauvreté, ronger le visage du peuple?

Nous ne regardons jamais les résultats, mais le processus. Qu’il soit efficace ou non, l’essentiel est que, ce qui était, reste comme il était. Après « Dieu pardonnera »… Qui assure qu’Il pardonnera?

Nous disons toujours comme justificatif que « Les actes suivent l’intention ». « Innemaa al a’malou binniyati. » Mais si les actes sont toujours pervers, comment doit on qualifier les intentions?

Si les résultats sont indéfiniment médiocres, ceci ne peut vouloir dire qu’une chose: l’action a été toujours maladroite et malhonnête. Il faut nécessairement changer le processus pour espérer récolter un résultat meilleur…donner la chance à une nouvelle probabilité.

Nous n’avons même pas pu être redressés par la religion islamique que nous revendiquons au détriment du monde entier. Dans ce domaine nous sommes toujours les meilleurs. Les seuls dignes de peupler le Paradis. Nous crions contre le tribalisme, cancer de tous les cancers et pire mal d’entre tous les maux. Mais nous continuons sous la table a travailler des pieds et des coudes pour que cette tumeur maligne continue a ronger notre tissu interne. Avec une fierté malsaine et malhonnête.

Nous combattons le racisme par le racisme et la haine par la haine. Et nous sommes bien. »O! vous qui avez cru, pourquoi dites vous le contraire de ce que vous faites? C’est une grande abomination auprès d’Allah que vous dites ce que vous ne faites pas. » Coran. Ou bien nous essayons de « Tromper Dieu et ceux qui ont cru. » Ou bien nous avons mal, très mal compris le livre d’Allah.

Je respecte individuellement et collectivement, tous ceux qui gravitent autour de vous avec ces « Moubadarattes » « spontanées » et « sincères« , mais je vous conseillerais en personne, qui ne vous demande rien, d’écouter les gens dont les paroles sont plutôt « amères« . Comme disent les maures: « écoutez ceux qui vous font pleurer, plutôt que ceux qui vous font rire.

Un Ahmed ould Cheikh, un Cheikh Tidjane, un Ahmed Bezeyd ould Beyrouk etc. vous disent la vérité sur le seul moyen qu’ils ont : Le site de Cridem. Et moi aussi. Pourtant nous n’avons rien contre votre personne. Ce sont ces vents contraire qui vous aiderons a décoller. Ils ne vous coutent rien, parce qu’ils vous libèrent par leurs langues de la peine d’une courtoisie envers leurs personnes. Profitez de ces conseillers qui ne cherchent ni nominations, ni faveur sur le dos des autres.

Monsieur le président dans quelques années au plus, vous ne serez plus qu’une tranche d’une histoire de l’Histoire de ce pays. Qu’Allah vous accorde très longue vie. Comme nous tous, vous serez conjugué au passé.

Qu’aimeriez vous qu’on raconte de l’épisode ou vous étiez locataire de cette présidence? Ce lieu, qui il faut le dire fait saliver tous les ambitieux de ce pays? Méditez sur cette question. Elle vous édifiera.

Le Tout puissant vous a accordé la faveur et la possibilité de rentrer dans l’histoire. Vous avez une chance de vous enregistrer dans la case du Bien, du Vrai, du Noble, du Pur, du Juste, du Véridique, du Clair et du Limpide. Pourquoi acceptez vous qu’une quelconque force vous draine vers une autre direction? Combien de présidents ont occupé le siège qui est le votre aujourd’hui?

Leurs épisodes ne sont plus qu’un petit paragraphe dans la bouche des hommes. En bien ou en mal. Beaucoup ont été plutôt en mal qu’en bien. Ils ont raté leur occasion. Les gens que j’ai cité plus haut, n’étaient pas des hommes d’état. C’était de simple citoyens, mais qui ont laissé quelque chose d’honorable, d’eternel pour ce pays.

J’ai côtoyé pendant la guerre du Sahara beaucoup de grands hommes. Des officiers, de grands cadres. Celui dont je me souvient le plus, est un « griot » Yacine ould Nana. Rares sont ceux qui parlent de lui aujourd’hui. Je ne le connaissais pas aussi. Il est mort dans l’incognito, comme un passager clandestin, comme un étranger éphémère sur la barque mauritanienne. Nous ne sommes tous que des éphémérides monsieur le président.

Cependant, un jour a coté de la radio Mauritanie, a la sortie du lycée nationale, j’ai écouté cet homme, très jeune à l’époque chanter pour les troupes du pays martelés par les obus du Polisario « Tqawwi yal-jalal Ketayeb mouritan. » » (chanson oubliée, elle aussi.) Dans sa voix religieusement concentrée. Dans la conviction des ondes de sa prière, dans la ferveur de sa supplication à Allah, j’ai senti la sincérité d’un mauritanien fier de l’être, confiant dans son être et résolu a tout sacrifier pour le rester.

Image dérisoire, d’un frêle adolescent qui chante son pays, face aux fracas des bombes, par la simple arme de sa voix. Il était terrorisé, peut être, mais fier et digne. Cet image vous aidera peut être a comprendre ce que je veux dire. Bouddha ould Bousseyri, n’était pas un général, ni un président, mais en 1989, il a eu le courage de regarder toute la Mauritanie en face et de dire « Vous avez tort. Vous êtes sur le mauvais chemin« .

Aimez, monsieur le président, c’est aussi avoir le courage et la détermination de faire des opérations chirurgicales, même douloureuses, pour que le corps social recouvre sa noblesse, sa foi et sa santé.

Je vous avoue que si vos ambitions sont a la limite ballotées par ces « moubadarates » éternelles , nos espoirs sont finis. Malheureusement. Nous sommes très fiers de vos initiatives de paix au Mali. C’est une très noble démarche. Mais chez nous, nous avons un proverbe populaire qui dit : « Avant d’engraisser les moustiques d’Aleg, nourrissez d’abord vos propres moustiques. »

Dieu vous guide et vous aide.

Mohamed Hanefi.
Koweït
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